Voyage de Zero - 2010

Cap-Vert

15 jours.  Je serai resté 15 jours à Palmeira , principal mouillage de SAL, ile du Cap-Vert. Et 6 ans se sont écoulés depuis le passage de Matins Bleus en 2004. Souvenirs, souvenirs.
Depuis mon dernier billet la famille AZEMAR a d’abord rejoint le bord, accompagnée de leurs amis les Doste puis les Crozat. En leurs compagnies nous avons visité Lanzarote, Fuenteventura, Gran Canaria, Tenerife et enfin La Gomera. La navigation entre les îles a été plutôt cool. Un vent raisonnable qui a épargné les estomacs des équipages. Définitivement, Tenerife est la plus belle île. La plus grande, la plus diversifiée. Le Teide, la plus haute montagne de l’Espagne la domine a plus de 3800 m.

TenerifeTenerife1Tenerife2Tenerife3Tenerife4
Marche_de_Tenerife

A la Gomera, j’ai retrouvé Fredoya, en transit depuis le Groenland et en route pour les Antilles. J’en ai profité pour alléger le bateau de qques kilos en leur livrant tout le matériel transporté pour eux depuis Mortagne sur Gironde : un groupe électrogène, des fusils de chasse, une hélice, de l’accastillage … J’ai ainsi été content de retrouver la famille Jougla même si  Fred, le papa-capitaine-constructeur  était en France pour se faire opérer du dos. Jerome un ami de la famille avait rejoint le bord pour la traversée vers les Antilles. A ce jour, Fred a du rejoindre son bateau et sa famille. J’espère que nos routes se recroiseront bientôt.

La_Gomera_ColomLa_Gomera

Puis ce fut l’équipage de choc pour la traversée des canaries vers le cap vert. Avant le départ en navigation, pour les 2 premiers jours de leur présence a la Gomera : Jean Michel, Gilles et Andre,  les pauvres, n’ont pas été gâtés. Pluie, pluie, pluie, et pluie. Et dès que l’on montait  dans l’arrière pays pour voir un peu de haut si c’était mieux, c’était brouillard, brouillard et brouillard.
Bref, juste eu la possibilité de voir le puit ou C Colomb se ravitaillait en eau avant ses traversées vers les antilles. Voir la belle église du village et nous voila partie.
Au passage et pendant près de 60 milles, on a pu admirer le sommet enneigé du TEIDE.
Rare.
 
La traversée a durée 6 jours. Et on peu la diviser en 3 parties. Les 3 premiers jours ont été merveilleux. Du vent pile poile comme il le fallait. Et comme nous avions décidé de nous approcher de la cote africaine pour éviter de faire du près, nous avons abattu  580 milles en 3 jours. Les 2 jours suivant ce fut la petole, calmasse. Un peu de moteur de temps en temps, l’histoire de recharger les batteries. Et enfin, le dernier jour il a fallu accommoder avec un  vent mollasson au possible.
En approche de SAL, j’avais le souvenir d’une entrée pas simple, des cartes erronées, des épaves, des bateaux au mouillage pas éclairés. D’autant plus que mes cartes même électroniques n’étaient pas a jour. J’avais donc décidé de ralentir le bateau afin d’arriver avec le jour. Au petit matin, on entre dans le port, on jette l’ancre et on se repose.

SalSal1Sal2Sal3Sal4Sal5

Un solide petit dej plus tard, on débarque et je m’attend a tout. J’ai tout imaginé. Que s’est il passé depuis 2004 ? Déjà la jetée a été agrandie, rallongée. Il y a plus de place à  l’abri. Ca, c’est bien. Ensuite, rien ne semble avoir changé dans le village. Mêmes maisons, un peu délabrées, datant probablement de l’époque Portugaise, mêmes rues pavées, mêmes arbres. Même nonchalance. Mais 2 grandes différences pourtant. Des hordes de touristes arrivent en 4x4 pour voir le village de pécheurs de l’île. Ils descendent de leur voitures, clic clac, merci kodak et filent a la boutique de souvenirs montée pour l’occasion. Cela fait un peu visite de zoo, ou de réserve.
Autre nouveauté, le nombre de 4x4 dans l’île. Presque plus qu’aux Antilles françaises. 15 jours que je suis ici, et un  cargo arrive et débarque son chargement pratiquement tout les 2 jours. A chaque fois, quelques containers, et 3 ou 4 luxueux 4x4 flambants neufs.
Pour peu que le mouillage soit bon et agréable, j’aime bien rester longtemps sans naviguer. Je souffre lorsque pour des raisons de planning, je dois avancer en ne restant que qques jours voire qques heures au même endroit. J’aime rester longtemps pour m’imprégner de l’atmosphère, de l’ambiance, et c’est sous cette seule condition qu’on peut établir un contact autre que commercial avec la population locale. Comme Zidane, John, Paul qui vivent sur un voilier. En fait ils gardent le voilier d’européens rentrés aux pays. Ou comme Aguy, la vendeuse sénégalaise que l’on retrouve tout les matins sur le quai. Elle vend à la sauvette des colliers et autres babioles aux touristes. Elle nous guidera pour faire des courses, la lessive. Patricia, qui tient l’Internet café. Et puis, avec le temps,  on commence à nous reconnaître. On ne nous propose plus un aluguer (taxi collectif) à tous les coins de rues. Les chauffeurs  commencent à connaître nos habitudes. Et ils savent que nous savons comment fonctionne leur système de transport en commun. Ou on le prend, ou on descend, combien ça coûte..
C’est en discutant avec l’un d’eux que j’ai appris que ces gros 4x4 ( il y a même des hummers !!) appartiennent a qques riches cap verdiens qui profitent du tourisme . Dans l’immobilier ou en montant un petit business de day charter en bateau ou en 4x4.  Pour les autres, rien n’a changé ou presque.

Zidane

Aussi, on est content lors que l’on voit que rien n’a changé 6 ans après. Mais les locaux, peuvent il en dire autant ?  Peut être préférerait vivre dans des habitations plus modernes, avoir l’eau courante, trouver un supermarché un peu mieux approvisionné. Pouvoir s’acheter un moteur ou une barque neuve … Nous on est satisfait de cette situation, mais eux ? 
Nous en France on pousse de cris et on défile dans la rue si nos salaires n’augmentent pas. Si notre pouvoir d’achat est figé, bref, s’il n’y a pas de croissance. Alors, pourquoi se réjouir de l’immobilisme de ces pays qui ne rêvent que d’un peu plus de confort. Il y a de l’hypocrisie dans l’air ou de l’égoïsme.
Et pourtant, eux aussi souffre de la comparaison. Au sud de l’île, il s’est créé un immense complexe touristique. Une ville énorme, pas trop laide mais énorme. En discutant avec un cap verdien, je lui demande,
‘’C’est bien ça, ça va donner du travail a beaucoup de monde ici, et en plus il a dû falloir beaucoup de monde pour construire tout cela’’. Et bien, pas du tout, les cap verdiens, avec leur salaire de 450 euros par mois souffrent de la concurrence qu’ils jugent déloyal des sénégalais et des maliens qui ne demandent que 180 euros par mois. Des clandestins pour la plupart.
Ca me rappelle quelque chose ….
 
Mais quoi qu’il arrive, le peuple cap verdien est un peuple attachant. Plein de gentillesse, de dévouement, de sourires, sans agressivité, même commerciale, toujours prêt a rendre service. On ne peut que les aimer.  Et compatir à leur combat quotidien pour se nourrir. Pour le moment, la mer est encore reconnaissante, elle leur donne tout le poisson dont ils ont besoin. Le tourisme assure le complément.
 
Samedi 18 Décembre : c’est le soir, Gilles, Jean Michel et André sont rentrés en France, je suis seul sur ZERO depuis 3 jours et je savoure. Je savoure ces moments d’intenses symbioses avec lui.  Je le bichonne, l’inspecte, prend soin de lui. Mais, ce soir, je suis au bar des pécheurs à siroter une Strela, la bière locale, avec mes nouveaux amis ( Loïc, Dominique, Christian et tous leurs copains Cap Verdiens) il est 21 h00 , mon téléphone que j’avais, je ne sais pourquoi pris,  vibre  dans ma poche, un SMS:
‘’ On est a 1 heure de Palmeira, ou êtes vous ?, signé Fredoya
Merde, qu’est ce qu’il foutent la ? Ils voulaient traverser vers les Antilles direct, ils ont des pbs techniques ?
 
2 heures  après, d’un coup d’annexe, je suis à leur bord  et leur souhaite la bienvenue au Cap Vert. Fred est a bord. Heureux et en bonne forme malgré son opération qui ne date que d’ 1 mois.
En fait, ils partaient pour les Canaries, mais l’absence d’alizés les a contraints à faire escale au Cap Vert. Merci l’alizé. Tu m’as permis de revoir mes potes.
Le Dimanche c’est la fête a Palmeira, tout le village est dans la rue : brochettes sur la place centrale, danses endiablés au Capricorne, le bar local.
Mercredi 22 : je laisse le bateau a Christophe venu du diable vauvert ( Le Nepal) avec des amis . Il va s’occuper de ZERO jusqu’au 6 Février. Je le retrouverai à Dakar.
30° à Sal, -4° a Bruxelles ou je fais escale. Neige, le choc est rude.

 

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Bordeaux - Madère - Canaries

Y a pas a dire, avec des dessous propres, on glisse mieux.
Aidé de  Stephane en mousse averti, on a refait la sous marine de ZERO. Quelques kilos de crustacés retirés, quelques litres d’antifouling en plus et voila un coque propre. Douce comme une peau de bébé.
Nous serons donc restés un peu plus de 1 mois a Mortagne sur Gironde. Marc et Fanfan nous ont accueillis royalement. Ah ces crêpes …. !!!!!  Apres multiples essais, nous sommes revenus aux valeurs sures : la jambon fromage.
J’en ai profité pour rajouter un groupe électrogène qui sera bien utile en navigation dans les alizés et au mouillage en Afrique. Finir quelques aménagements, réviser le moteur (1000 heures !!), améliorer la fixation du tangon. ……
 
Mortagne_sur_gironde
On charge ZERO avec tout le toutim, y compris le matériel pour Fredoya que nous retrouverons aux Acores. Ils arrivent d’Islande et du Groenland, et descendent eux aussi au chaud. Et on décharge tout ce qui était nécessaire aux pays froids : ski, chaussures, polaires , chaussettes .
 
Nous sommes partis le dimanche 10 Octobre à 19h30, à l’ouverture  des portes de l’écluse. J’avais retardé de quelques jours le départ dans l’attente d’une fenêtre météo favorable. Rien ne sert de se faire branler dans le golfe de gascogne. On a un peu de marge.
Bingo, 48 heures pour faire Mortagne-La Corogne. Y a pas a dire, avec des dessous propres, on glisse mieux. Des belles glissades sous spi. Une belle moyenne. 7,5 nœuds sur 48 heures. 12 heures de plus, et nous sommes à Baiona. La ville du retour de C. Colomb après sa découverte des ameriques. Puis ce sera Peniche au Portugal pour retrouver les succulentes sardines grillées, de croiser plein de bateaux Français en partance pour le sud, c’est l’époque, et on repart pour la grande traversée vers Madère. 500 miles. La météo n’annonce pas beaucoup de vent. Et nous n‘en avons pas eu beaucoup.  Quasiment que du spi aussi ; mais avec moins de 10 nds de l’arrière, ce n’est pas la grande cavalcade. Le temps passe en pêchant, dormant, lisant. 1 belle coryphène de 4kg et de 95 cm nous fera 4 repas. Stéphane soucieux de son confort aux toilettes a imaginé un nouveau siége : la baille a mouillage , un seau en dessous.

les_toilettes_de_stephane

Le rythme des quarts s’est mis en place tout comme les estomacs. Sandra et Stéphane en début de nuit, Gilles au milieu et moi a la fin. A ce sujet, je vous dois une anecdote.
Stéphane est globalement inquiet la nuit. Surtout a cause des cargos. J’ai tenté de le rassurer, nos moyens électroniques aidant, et vu la météo, il y a peu de risques de collision. Mais tout de même, il a respecté les consignes en me réveillant en cas de doute. Et il l’a fait a chacun de ses quarts.
-Philippe, excuse, mais y’a un bateau je comprends pas bien. Tu peux venir voir
- J’arrive
Je sors sur le pont, pas bien réveillé, m’approche des filières pour me soulager, jette un œil alentour pour constater que le fameux cargo est encore a 10 miles, ou qu’il est déjà passé , bref, rien d’inquiétant. Mais comme je le dis à Stéphane, je préfère que tu me réveilles pour rien que le contraire.
Et puis est arrivé la dernière nuit de la traversée. Même topo,
-         Philippe, tu peux venir voir …
-
         J’arrive
Je sors, vais au bastingage, pisse un coup au passage, j’en profite au passage pour constater que l’eau s’est réchauffée  ( ahahaha), regarde autour et vois un cargo que j’estime a environ 1 miles derrière nous. Pas loin donc. C’est d’ailleurs confirmé par l’AIS. Et je vois alternativement son feu vert et son feu rouge. Pas bon signe. Ah, la, oui, va falloir faire quelque chose, sinon, il va y avoir des copeaux d’aluminium.  Il est pile dans l’axe et marche  a 15 nœuds.  Je prend 30 degré et constate qu’il en prend lui aussi 20 !!!
Je me demande un instant si je ne vais pas le voir mettre une chaloupe à l’eau pour venir nous arraisonner. Des Pirates ? Non, un pirate ne mettrait pas son AIS en route. Mais inquiétant quand même. Je reste quelques temps et vois qu’il fini par nous dépasser.
Je reste encore  et discute avec Stéphane, traumatisé par cet épisode. Il est persuadé que le bateau a sciemment modifié sa route pour venir sur nous. MADEIRENSE 3. Le cargo FOU.
4 jours après, il en parlait encore. Je ne sais pas ce qu’il s’est passé.
Madère : Gilles nous a quitté, mon frère nous a rejoint avec sa famille. Au programme, visite de l’île, balade a pied, shopping ( oups)…
A ce propos, Madère est une île extraordinaire pour les balade a pied.

Porto_santo

Le Nord de l’île est très humide, le sud un peu moins. Pour acheminer l’eau du nord au sud, les habitants ont  construit des canaux ( lévadas) qui sillonnent la montagne, parfois les transpercent. Un chemin longe le canal, la pente est douce, les paysages superbes. Le passage dans les tunnels parfois long de plusieurs centaines de mètres a donné lieu à de belles parties de rigolade.  Nous en avons remonté 2 jusqu'aux chutes. Des balades de 3 à 4 heures a chaque fois.

levadaslevadas2Levadas3

 Nous avions pris nos quartiers a Quinta Do Lorde , une marina moderne , sorte de ‘’domaines des dieux’’ a l’est de l’île, le Port de Funchal, la capitale,  étant quasiment toujours plein et son mouillage inconfortable.

marche_de_funchal 

Les Chatelain Junior parti, Olivier, Stephanie, Marie, Hervé et Hélène nous ont rejoint. Visite express de l’île en voiture, balade, et c’est le départ pour Gracioza aux Canaries.
Fichtre. 25 a 35 noeuds pendant 36 heures, au bon plein.  Musclé. Tout le monde a été malade, (même moi), sauf Hervé qui a très certainement de l’eau de mer qui coule dans les veines. Mais grâce a cela aussi, la traversée a été courte. Nous ne sommes resté que 24 heures à Gracioza, juste le temps de récupérer, même pas le temps de visiter. Un vent violent d’est a rendu le mouillage intenable.  Décidemment, cette île se refuse a moi.  Déjà en 2004, avec Matins Bleus, j’avais du quitter les lieux pour les mêmes raisons.
On part pour Marina Rubicon, au sud de Lanzarote. Une trentaine de miles avec 45 nœuds au près  Trinquette enroulé, 3 ris dans la GV. Ca mouille. Mais à l’abri de l’île, la mer était maniable. Nous voici donc dans une marina moderne, probablement la dernière avant longtemps. Douche chaude, eau a volonté, électricité a gogo, magasins chics, supermarché..  Tout ce qu’il faut pour les touristes anglos saxons en goguette.

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LanzaroteLanzarote2

Maman et ma tante nous ont rejoint pour 1 semaine. Zéro s’est transformé en hôtel flottant. Et heureusement que nous n’avons pas navigué. !!!!  Fred, Fredo, vous comprendrez pourquoi je n’ai pas pu bouger : ma tante assise dans le cockpit me demande en désignant les winchs :
-         Philippe , ça sert a quoi ces bonbonnes de gaz ?
 
Mais le pire est à venir.
 
Voila 5 jours qu’elles vivent sur le bateau et ma tante :
-         Philippe, tu ne rigoles pas, mais dis moi, ou est l’avant et ou est l’arrière du bateau !?
 
ZERO en est tout retourné, lui qui revient du  Spitzberg et qui va aller en Patagonie. Il aura tout vu.
 

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Retour vers le Sud

Quelques moments forts durant cette période :
 1 -Un record de vitesse pour ZERO, réalisé juste après Alesund en Norvège. 12,7 Nœuds avec 35 nœuds de vent arrière. Sous trinquette, génois partiellement déroulé et 2 ris dans la grand voile. A suivre
2 – Un passage proche de Bergen sous la pluie alors que le reste de la descente de La Norvège s’est fait sous le soleil. Normal.
3 – Toujours en Norvège : une collision avec une île évitée de justesse. Passablement endormi par une nuit de veille, je n’ai pas été assez vigilant. Jean Jacques, depuis la cuisine a vu les arbres défiler de très très près. Heureusement que les fonds tombent vite. J’ai été abusé par un violent courant qui nous propulsait à 8 nœuds. Nous voyant arriver, les crabes ont eu le temps de mettre  leurs casques.
4 – Quelques mouillages toujours aussi paradisiaques en Norvège. Je pense à l’un d’entre eux, au pied d’une montagne, on se serait cru aux Marquises
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5 – 15 énormes crabes dormeurs achetés pour 15 euros a un pécheur local.
6 – les crumbels préparés par Manu, Myriam et Nathan
7 – les crepes de  Jean Jacques, les poissons préparés par Nordin
.
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8 – Une tempête en Hollande qui nous oblige à faire une pause sur la route du retour. On en profite pour entrer dans les polders.  Mémorable : la navigation à la voile dans 3 mètres d’eau et dans des chenaux  large de 100 mètres. Sortie de piste interdite sous peine d’échouage. A 9 nœuds, à la barre de ZERO, c’était un peu comme un slalom géant sur une piste de ski. Zig-zag, entre les bouées. Réglage, croisement de bateau, dépassement …  chaud devant. Ça passe ;  A ce moment là,  Myriam était a la table a carte, jonglant avec les ordinateurs, GPS, sondeurs, cartographie, elle nous guidait au milieu des hauts fonds et à travers les bouées. Manu et Nathan aux winchs ( héhé, ils sont jeunes) et moi a la barre. Ils en gardent, j’en suis sur, un souvenir intense et ému.
 
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9 – toujours en hollande. Une halte a Harlingen . Guidé à la VHF par le maître du port, ZERO entre dans un canal dans le centre du centre ville. C’est malin, impossible de faire demi tour. Le lendemain matin, marche arrière sur plus de 900 mètres.  Chaud derrière.

HARLINGEN

10 – Toujours la tempête en Hollande. On laisse ZERO à La Haye et on va visiter Amsterdam en train. Chaud aussi. Mais pas pour les même raisons.

AMSTERDAM

11– Une entrée de nuit dans le port de Dunkerque. beurk.
12 – La traversée de la manche, On coupe en diagonale , 2 fois le rail des cargos. Et comme ça soufflait fort, on allait aussi vite que certains. Entre 9 et 11 nœuds.
13 – Nouveau record : Dunkerque- Cherbourg en 22 Heure, à plus de 8 nœuds de moyenne.
14 – Un dernier record : 11 nœuds sous spi. Un peu l’impression de conduire un camion dans la descente de Choulans . A fond la caisse.  Poussez vous les mouettes
15 – Une mouette, on a péché une , elle a trouvé appétissante notre ligne de traîne.
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16 – le départ de Cherbourg a 4 heures du matin. Vent contre courant, le passage du raz Blanchard a été fatal a l’estomac de Stéphane. C’est vrai, on a été secoué. Avec Stephane, on a longtemps cherché une image pour décrire les vagues. On a trouvé : aiguisées comme des lames de couteau. Je n’avais jamais vu l’avant du bateau entrer dans les vagues jusqu’au mat. C’est fait.
17 – une première pour le novice que je suis : la navigation en Manche, en se creusant la tete avec les horaires de marées, les courants, la direction du vent, un vrai casse tête.
18 – les descentes sous spi de Landerneau au Conquet, mer plate, soleil.
19 – le passage du raz de sein et de la pointe du raz, avec les mêmes vagues qu’au raz blanchard.
20 – la descente sous spi dont toute une  nuit entre Benodet et Royan.
21 – les couchés de soleil de l’atlantique
22 – l’entrée dans la gironde avec ses déferlantes impressionnantes et inquiétantes.

Entree_de_Gironde

23 – le passage a Mortagne sur Gironde. Pour la première fois, on pose ZERO sur la vase. Faute de place dans le port, de l’autre coté de l’écluse, on amarre ZERO a un ponton qui assèche à marée basse.

Mortagne_sur_Gironde

24 – Les crêpes de Marc et Fanfan. Un bonheur que de les déguster après les heures de travail.
25 – le Carénage à Port Médoc. Tout un poème. Ce port, relativement récent est isolé de tout. Avis aux propriétaires de bateau en mal de place de port, il en reste à Port Médoc. Mais n’oubliez pas de tout prévoir. Nourriture, matériel de bricolage, équipements….  Il n’y a rien.

Port_Medoc

Un seul Schipchandler mais peu équipé. En revanche matériel de levage parfait et personnel pro. Heureusement que nous avions les vélos. Pose de l’antifouling réalisé : au grand damne de Stéphane, ZERO a viré sa cuti. Ses dessous sont passés du plus beau bleu ciel à un rose bonbon très féminin !!! Et de s’apercevoir que la coque était vraiment très sale, nous faisant perdre probablement 1 nœuds.
Voila, sinon, dans les autres nouvelles, Pascal est venu de Grenoble pour terminer quelques aménagements de détails. Il est reparti avec le pouce dans la boite a gant. Ce pouce est entré en contact avec ce qu’on appelle sa defonceuse ( on ne rigole pas). Juste 4 heures d’urgence ; J’ai aussi installé un groupe électrogène, finalisé la pose du tangon, mis ZERO en configuration chaud et soleil, débarqué tout le matériel du froid ( ski, os de baleines, bois de rennes, polaires,  …..)
Maintenant vive les cocotiers.

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Spitzberg

La terre est ronde, nous, on est presque tout en haut . Et en fait, elle n’est pas si grande que cela. J’ai croisé sur le port de Tromsø, mes amies Annette et Guylaine, venues faire une croisière de 15 jours dans les îles Lofoten avec leur association de voile. Tromsø étant la grande ville du Nord de la Norvège, port d’avitaillement, nous avions de grandes chances de nous y croiser. Lorsqu’elles ont reconnu ZERO, j’étais en haut du mat, en train de changer le capteur de l’anémomètre. Difficile de discuter avec elles depuis 23 mètres de haut !!! Par politesse, j’aurais pu redescendre, mais je n’avais pas fini mon travail et j’ai eu pitié de mes équipiers qui avaient avec peine, monté mon presque quintal jusque là.

Mais au bout d’une heure, travail fini, je suis redescendu pour aller boire l’apéritif sur leur bateau amarré non loin.
C’est à Tromsø que nous avons fait les pleins, 600 litres d’eau, 1000 litres de fuel, bonjour l’addition, et de nourriture : 20 kg de beurre, 24 de farine, 10 de sucre, 15 de patates, 90 kg (pas d’erreur) de riz, 20 kg de pâtes (Angélo est a bord !!!), 8 dz d’œufs, … plus plus plus tout le reste.
La ligne de flottaison de ZERO en a pris un bon coup. Mais nous devons absolument être autonome pendant 1 mois. Il n’y a rien au Spitzberg. Très certainement une épicerie, mais de toute façon vu les prix pratiqués en Norvège, on n’ose imaginer ce qu’ils doivent être a Longyerbean, capitale de l’île (2 000 hab) car il faut rajouter le prix du transport depuis le continent.

Apres cet épisode, petite navigation de 1 h30 pour aller échouer ZERO sur sa plage préférée ; Histoire de lui retirer tous les coquillages collés a la coque. Il n’a plus d’antifouling depuis longtemps, et devra attendre septembre et la France pour recevoir une couche protectrice neuve. D’ici la, heureusement aidé par les froides températures de l’eau, il va falloir faire avec. Beachant autant que possible et nécessaire. Nous l’avions fait il y a 2 mois, mais rapidement, ces sales bestioles se sont amourachées de notre coque. Si nous ne les avions pas ôté de la, nous aurions au moins perdu 1 nœud. Donc 12 heures de plage et vers 21 heure, à marée haute, retour à la baille et départ : cap au nord. Encore 8 heures de navigation entre les îles et nous voila hors de l’abri des montagnes. ZERO retrouve la houle et les vagues qu’il avait perdues depuis presque 1 an. Soit, depuis que nous sommes arrivé en Norvège, en Août 2009 et que nous naviguons entre les îles, à l’abri et sur une mer plate.

Mercredi 7 Juillet La première nuit a été agréable. Enfin, façon de parler, parce que, pour mémoire, il n’y a pas de nuit ici. La navigation a plutôt ressemblée à une traversée Hyères Calvi. Pétole, calmasse, moteur, soleil. Seule la température diffère un peu. Quoique pas froide, environ 15 degrés dehors, nous ne quittons quand même pas nos polaires. Autres données : 22° à l’intérieur du bateau, et l’eau à 10°.
Autre différence, il n’y a pas beaucoup de bateau dans les parages. Pour ne pas dire aucun.

Jeudi 8 Juillet au matin: toujours en mer. L’île aux ours est devant à quelques heures de mer. Le soleil nous a quitté. Le brouillard l’a remplacé. Le vent l’a accompagné. La mer est toujours calmée. Avec ZERO, un banc de dauphin s’est amusé. Et à 2°, la température de l’eau a baissé.

Dans l’après midi, le vent qui nous avait gentiment propulsé pendant une dizaine d’heures, s’en est allé. Nouvelle calmasse. On réveille super Nanni (Diesel) qui venait à peine de se refroidir. Son ronron reprend de plus belle.
Parmi les nouveaux arrivants, Pascal a du mal à s’amariner, malgré la mer somme toute assez calme, il est barbouillé et reste allongé. Il sort de sa grotte de temps en temps pour constater que le mal est toujours là. Pierre s’entraîne à la confection du pain.

Le soir, on arrive à l’île aux ours, petite île déserte de 20 kms sur 10 entre la Norvège et le Spitzberg. Toute pelée, sombre, lugubre, dans le brouillard. Brrrr. Pas gaie. D’autant qu’on a mouillé au pied d’une ancienne mine de charbon désaffectée et je dirai même, maintenant délabrée. Sinistre. Il y a, parait-il, une base météo polonaise quelque-part sur la cote nord. J’espère pour eux qu’ils ont une bonne dose de vodka. J’imagine l’hiver ici …..Faut vraiment être en rupture avec la société pour venir se perdre dans ces coins.

Vendredi 9 juillet : la température de l’eau a bien chutée. 5 °. Nous croisons maintenant plein de bateau de pêche. A l’écran, un véritable champ de mine. Leurs mouvements suivis à l’AIS* montrent un étrange ballet. 3 par 3, ils naviguent, semblant ratisser un endroit, puis se rassemblent et se mettent à faire des ronds dans l’eau. Comme nous venons de croiser une grande quantité de baleines, nous en soupçonnons la chasse. Possible, car elle est autorisée en Norvège et nous sommes en pleine saison. Avec la disparition du soleil, la température à l’intérieur est descendue à 14°.

Samedi 10 juillet : du vent, nous permettant de bien avancer. Sinon, RAS, la température de l’eau est maintenant à 3°. S’agit pas de tomber !! On a perdu le courant du gulf stream pour récupérer un courant froid venant du Nord Est.

Dimanche 11 juillet : le vent est retombé. Un Grib* récupéré avec l’iridium nous en prévoit pour l’après midi, mais nous serons peut être déjà arrivé. Nouvelle flottille de pêche. Même ballet.

16 h00 : depuis 10 h00, ce matin, nous logeons la cote ouest du spitzberg. Elle est à environ 4 milles sur notre droite. Et alors, c’est beau ?
Ben, on n’en sait rien, car on est depuis ce matin dans une purée de pois terrible. A ne pas voir sa main. Navigation au radar, et au GPS. Le nez sur l’écran radar, on imagine ce qu’on pense être des bancs de glaçons. On les évite soigneusement, sans être certain de ne pas avoir contourné une averse.  L’eau est maintenant à 1°C !!!!!! Dehors, il fait 5 et dans le bateau (sans chauffage) : 15 !!.

17 h00 : on se rapproche de la cote. Et soudain, dans le brouillard, on aperçoit des brisants, puis un rocher à 200 mètres. On se rapproche encore. On se guide avec le GPS et le radar. On enroule la pointe et le génois, et on pénètre dans une sorte de lagon. Comme par enchantement, le brouillard se lève, ce qui permet de découvrir au loin, 3 énormes glaciers qui se jettent dans la mer.

Magique. Nous sommes par 77° 04N 14°55E

17 h15 : la pioche est dans l’eau et le brouillard se referme sur nous !!!! Mise en route du chauffage, la température monte rapidement à 23°.

lundi 12 juillet : réveil un peu tardif suite a un dîner bien copieux qui fêtait notre arrivée ici : confit de canard, pomme de terre sautées. Et vin rouge (1 verre chacun).
Donc, réveil vers 8 h30 pour certain, vers 11 h00 pour d’autres. De toute façon, il n’y a rien à faire, le brouillard nous enveloppe toujours.
Enfin, vers 14 H00 ; le vent tombe, s’inverse et la visibilité revient. Puis le soleil aussi.
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On relève l’ancre et sans vent, au moteur, nous nous rapprochons des glaciers aperçus la veille. Des glaçons s’en détachent et nous zigzaguons afin de ménager la coque et l’hélice de ZERO. On navigue dans une zone non répertoriée sur la carte. Elle date de 1960 et là ou nous sommes maintenant, il y avait à cette époque le glacier. Il a au moins reculé de 600 mètres, a tel point, que notre trace sur l’ordinateur nous place sur la terre ! On avance lentement, un oeil sur le sondeur, l’autre sur la mer. Le soir, on s’éloigne un peu et on va dans un mouillage isolé.
Je suis réveillé au milieu de la nuit par un choc sourd. Je saute comme un ressort de ma couchette. Pendant que je traverse le carré et m’apprête à sortir, j’imagine que l’ancre a décroché et que nous sommes sur les cailloux. Pourtant il ne semble pas y avoir de vent fort. Bon. Je reconnecte mes neurones et commence à imaginer la manœuvre de déséchouage. Arrivé sur le pont, à poil (merde ça caille) je m’attend à voir, en levant la tête, à 20 mètres au dessus de moi les hautes collines de l’île qui étaient sous notre vent au couché. Mais je constate que nous sommes toujours au même endroit mais pas dans la même direction. ZERO n’a pas bougé, seul le vent a tourné. Alors, je ne comprends pas. C’était quoi ce choc ? J’ai rêvé ? D’ailleurs, les autres ne semblent pas bouger en bas comme en témoigne les ronflements qu’on pourrait imaginer venant d’un moteur proche ou d’un ours en phase d’hibernation. J’écarquille les yeux, regarde dans l’eau et je comprends. Le vent qui a tourné, rabat maintenant sur nous tous les glaçons échappés du glacier. Il y en a partout, des petits et des gros. Pas encore de la taille d’iceberg, mais suffisant pour abîmer nos safrans. J’en vois un assez gros juste derrière nous, c’est lui le coupable. Sûrement plusieurs tonnes. 2 heures du matin, plein jour. Que dois je faire ? Les autres semblent dormir encore ou font comme si. Je reste encore un moment, pour observer le déplacement des glaçons, la réaction de la coque, pour finalement conclure que les safrans, même en cas de chocs devraient résister, ou du moins échapper aux chocs. Le bateau tirera un peu plus sur son ancre, c’est tout. Je les regarde et vérifie de visu la règle : 1/7 hors de l’eau, 6/7 immergé. Et bien, c’est impressionnant. Le reste de la nuit s’est déroulée en pointillé

Le soir, Pascal, Pierre et Angelo aperçoivent ce qu’ils pensent être un ours. A 500 mètres sur une crête, juste le temps de l’apercevoir et il disparaît.

Mardi 13 juillet

Navigation, on change de mouillage.

Mercredi 14 Juillet
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On est maintenant dans un nouveau mouillage dans la baie de la Calypso. Non loin d’une base scientifique polonaise. ZERO est mouillé au pied d’un glacier. Nous passons la journée à diverses activités :

- Débarquement, nous foulons la terre que nous avons quittée depuis 8 jours. Ca fait du bien.

- Leçon de tir à la carabine, en effet, le gouverneur du Spitzberg oblige les visiteurs à s’équiper d’un fusil. Permis de chasse obligatoire pour se protéger des ours. Angelo et Pascal nous expliquent le maniement du pétard, capable de tuer à 5000 m. une véritable arme de guerre. A terre, elle ne doit pas nous quitter. Nous l’avons louée a Tromsø.
- Balade jusqu'à la base scientifique. Bien qu’habitée (du linge sèche à un fil), nous ne croisons personne. Peut être sont ils en promenade … Croisé des reines. Ramassé leurs bois.
- Longue marche de 3 heures
- Séchage du bateau sous un grand soleil
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Jeudi 15 Juillet
Nouveau mouillage, encore au pied d’un glacier. Nos 1 er phoques.

Vendredi 16 Juillet
Depuis quelques jours nous sommes totalement décalés. L’absence de nuit nous perturbe. Petit déjeuner a 11h, lunch vers 16 h, et dîner vers 23 h…. En ce matin du 16 juillet, j’émerge tout de même vers 8h30, le dernier se lève vers 10h30. 11 h30 départ vers Longyerbean, je suis a la barre. Un peu las de l’attente, je n’étudie pas bien la carte, enroule un peu trop une pointe, me guide au sondeur. Et puis d’un coup, paf, planté. J’avais longé un petit iceberg, j’imagine un moment être posé sur lui. Pas du tout, on est sur le gravier …. Le sondeur n’est pas fiable dans cette eau trouble. Alors que nous sommes posé sur le fond, il indique encore 7 mètres !!!! Mais sur la carte, nous sommes bien sur un haut fond.
Plusieurs tentatives n’y feront rien, tirer une drisse avec l’annexe, marche arrière a fond… Ne reste plus qu’à attendre que la marée remonte. 2 heures après, on est libéré. Cap sur Longyerbyen. A fond la caisse, entre 9 et 12 nœuds. Un bon vent enfin là, de ¾ arrière.



Grib : fichier météo que l’on peut intégrer sur la cartographie.
AIS : sorte de donnée que les gros bateaux envoient en permanence. Nom, position, vitesse …. Nous les recouperons sur la cartographie, et pouvons les suivre a l’écran. Sécurité.

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La cuisine a bord La cuisine a bord.

La cuisine a bord.

Voila un sujet intéressant et passionnant pour les français que nous sommes. Que, et comment mangeons nous a bord. ?

Tout d’abord, nos équipements. Nous possédons 2 réchauds sur cardans qui permettent de cuisiner alors que le bateau est gîté. Un four, mais utilisable à plat uniquement. Notre batterie de cuisine est complète, 2 poêles, 3 casseroles, 1 fait-tout, et la cocotte minute qui est pratiquement la plus utilisée. 2 éviers bacs, eau chaude et froide sous pression, eau de mer et eau froide par une pompe a pied. Les pompes a pieds sont bien utiles car elles permettent d’économiser l’eau et l’énergie. L’apport d’eau de mer permet aussi d’économiser l’eau potable. Nos 2 réservoirs d’eau douce contiennent 600 litres en tout, ce qui, si l’on est raisonnable nous permet de tenir plus de 1 mois.
Une poubelle sous l’évier qui ne sert que pour les choses non biodégradable qui, elles, sont jetées à la mer. Pas d’autre tri sélectif a bord ….
La vaisselle est faite à l’eau de mer et rincée à l’eau douce. Le frigo n’est pas en route en ce moment, tout ce qui doit être conservé au froid se trouve, dans des bacs dans la soute, ou il fait en moyenne 6 ° à 10°, soit la température de la mer.
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Sinon, pour manger, tout dépend de notre situation.

En mer, en navigation,
* le midi, on grignote. Saucisson, pâté, tomates, sild, (hareng sucré), Kaviar mix (sorte de tarama en tube), parfois les restes de la veille, fromage, fruit. Le tout est mis dans une caissette en plastique et amené dans le cockpit avec couverts et parfois des bols.
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* Le soir, soupes chinoises et même chose que le midi. Eventuellement des plats rapides (purée mousline, boite de conserve). Il est rare que nous nous fassions un vrai repas cuisiné en mer.

* A longueur de journée en mer, on boit du thé. Le café donne le mal de mer, on évite.

* La nuit : on a en permanence à disposition des fruits secs, des bonbons, smarties, mars et autre confiseries pour les gens de quart.

Le soir, au mouillage ou au port, on a plus de temps et de possibilité et, on peut laisser libre court à notre imagination. Les soutes du bord recèlent de réserves importantes gérées à l’aide d’un fichier excel. On y trouve pratiquement tout : de la purée en flocons à l’huile d’olive, vinaigre, pâté, conserves diverses et variées, farine, ….. Environ 300 kgs de nourriture a l’avant. Ce sont les grosses réserves. Comme c’est moi qui gère ce stock, je ne dévoilerai pas quelques trésors (du vin ? du confit de canard ?). Tout ceci est agrémenté de produits frais trouvés en Norvège. Des fruits et légumes, vendu au prix de l’or, des saucisses du genre francfort, des cotes de porcs, du poulet ….
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Parmi les plats concoctés à bord le soir, on a pu savourer des crumbles ( Myriam), des tartes aux pommes ( Manu et Nathan), une potée au chou ( Bruno), de la brandade de morue ( moi), un curry de poulet ( Christophe) , et meme un gate&au au chocolat ( Catherine)……
Quand on a le temps, on fait du pain.
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Et évidemment, les fruits de notre pèche et de notre cueillette. Des moules, et depuis notre retour mi mars, nous avons à plusieurs reprises posé le filet avec des résultats plus ou moins glorieux. 2 fois pas grand-chose, et 2 fois entre 6 et 8 kg de poissons. Surtout des sardines, énormes, environ 300 gr chacune. Celles-ci ne seraient sûrement pas entrées dans une boite de conserve. Des lieux noirs, des harengs, Des morues en pagaille , mais péchées a la ligne. Et 1 gros dormeur. J’ai aussi hâte que la température remonte pour aller à la cueillette au champignon. J’ai encore en mémoire la période de septembre ou en 2 heures on ramassait 5 kilos de girolles.
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Compte tenu des restrictions en Norvège, nous avons instauré une taxe de bienvenu a bord. Chaque nouvelle personne embarquée a bord doit amener de France, soit 3 litres de vin, soit 1 litre d’alcool. Cela nous permet de gérer un stock assez faible, compte tenu de notre consommation, qui, de fait se trouve être raisonnable. ……

Parlons de la cuisine norvégienne. Pas terrible. Pour tout vous dire, quand on va au supermarché du coin, on ne sait pas quoi prendre. Rien de très alléchant. Beaucoup de produit manufacturé. Beaucoup de surgelés. Honnêtement, seul les harengs préparés avec différentes sauces plutôt sucrés, et le mix ont trouvé grâce à nos palais. Parait il, on en trouve chez IKEA en France. Les fruits et légumes sont insipides et ont du être cultivés sous des serres à Oslo. La viande et le poisson est souvent préparé haché, en boulettes, souvent sans goût … … a croire que seul les protéines des aliments intéressent les norvégiens.
Oublions les restaurants, le seul steak frite est à 30 euros.

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Tromsø - Fet Nat

Ce billet là sera essentiellement visuel. Vous comprendrez pourquoi.

Lundi 17 Mai 2010. Jour férié en Norvège pour cause de fête nationale : leur 14 juillet à eux depuis la déclaration de l’indépendance du pays vis-à-vis de la Suède en 1814.

Ce jour, la, est exceptionnelle. A double titre car outre la fête commémorative, c’est aussi l’arrivée des beaux jours, la fin de l’hiver, et même le début du soleil de minuit à Tromsoe.

Les rues se remplissent à partir de 9h00 du matin. D’habitude si tranquille, la ville est investit par ses habitants qui descendent dans les rues, se retrouvent, s’embrassent, discutent, se promènent. La Storgatta, la rue principale ressemble alors aux Champs Elysées un soir de 12 Juillet 1998. La fête commence réellement vers 11h00 avec les défilés des écoles de la ville. De la maternelle jusqu’au bac, les enfants défilent, parfois accompagnés de leur parents derrière le drapeau de leur classe. Puis viennent les fanfares et dans l’après midi, ce sont les étudiants qui célèbrent la presque fin de l’année scolaire. Enfin en soirée, les associations de la ville : depuis les pompiers locaux, jusqu’au club de judo, en passant par la SNCM locale, et les clubs de danse. A ce propos, Catherine et André, qui nous avaient gratifiés d’une première avec un somptueux rock dans le cockpit de Zéro lors d’une soirée un peu trop festive n’auraient pas dépareillé au milieu des danseurs de rue.

En tout cas, quel contraste avec note défilé (militaire) a nous. Joyeux et festif, il est réservé aux enfants qui avalent a longueur de journée des barbes à papa et des saucisses.

Avec le retour du soleil, c’est une petite re naissance après un long et dur hiver.

Ce jour là, aucune tenue vestimentaire n’est anecdotique. Et on distingue 3 grandes catégories : Les tenues traditionnelles, portées par les petits et les grands, les hommes et les femmes, les jeunes et les moins jeunes. On voit aussi, bien sur, les tenues du dimanche : robe longue, costar cravate et enfin, la 3 eme catégorie, la plus …., la plus ….. Comment dire, …. enfin, la possibilité pour eux (elles) de ressortir les tenues estivales. Et la, c’est chaud…… Bref, comme le dirait Hervé, on se demande a quoi elles pensent le matin en s’habillant. !!!!! Certes la Norvège est le pays des Troll, mais il y a aussi de jolie Norvégienne, et quelques beaux spécimens de vikings pour les dames.

En tout cas, tous portent les couleurs de la Norvège. Que ce soit sous forme de cocarde, de drapeau ou de cravate… le drapeau national est omni présent sur les tenues vestimentaires.






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Tromsø

Mon dernier billet semble avoir provoqué quelques réactions et inquiétudes parmi les destinataires. Je rassure tout le monde, tout s’est bien terminé. Le coup de vent est passé et depuis le vent s’est grandement assagit. Depuis cette date, qu’avons nous fait ?

Tout d’abord nous avons retrouvé nos amis Fred, Fredo et leur fille Coralie. Apres avoir passé l’hiver amarré a un ponton, non loin de Tromso, ils préparent maintenant Fredoya a une navigation qui les emmènera début Juillet en Islande puis au Groenland, avant un retour dans les mers chaudes des canaries, du cap vert et des antilles. Nos routes se croiseront peut être encore.
Nous y avons à cette occasion ‘’beaché’’. C'est-à-dire que nous avons volontairement échoué ZERO sur la plage : Ignorant le vieux dicton marin qui dit que ‘’ quand les mouettes ont pieds, il est tant de virer, ‘’. La marée descendante nous a alors permis de nettoyer sa coque pleine de saleté, de vérifier les anodes, l’hélice…..
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A ce sujet, si un jour, on m’avait dit que je ferai un carenage, beaché sur une plage de Norvège, sous la neige, bien sur, je ne l’aurai pas cru. Les Fredoya nous avaient indiqué la position exacte ou ils avaient l’habitude de le faire. Dans l’alignement d’un bout de bois et de 2 arbres. Le moment donné, en tenant compte de la marée, cap est mis droit sur la plage, visant un piquet planté dans le sol. Malheureusement, nous nous sommes trompé de bout de bois, la neige ayant recouvert le bon. Le sol n’avait pas été préparé, c'est-à-dire débarrassé de ses plus gros cailloux, ZERO et ses habitants ont alors passé quelques heures avec une gîte prononcée. La mer remontante nous a libérée vers 3 h00 du matin de cette position plutôt inconfortable et quelque peu scabreuse.

Puis quelques jours passés a Tromso. Ville étudiante, tout de même très nord et donc bien fraîche. Nous y avons retrouvé la tradition scandinave qui veut que les vendredis et samedis soirs soient consacrés à des beuveries incroyables. Passés 22 h00, les rues se remplissent de groupes de jeunes et de moins jeunes, totalement ivres. Ils passent ainsi de bars en bars, n’y restant que quelques minutes, le temps de boire, je ne sais quel alcool enivrant.
Drôle de réveil en perspective. Et effectivement, les dimanches matins, les rues sont désertes.
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Depuis maintenant quelques temps, il n’y a plus a proprement parlé de nuit. Le soleil se couche, vers 23 h00, et se lève vers 2 heures, mais la nuit ne vient jamais, laissant la place à un crépuscule puis à une aube permettant largement de voir clair. La météo est agréable. Le mauvais temps fait exception, laissant place à un beau et grand soleil quasi permanent. Les températures s’élèvent également. Pas loin de 15°. D’ailleurs, la verdure commence à faire son apparition.

Lors des 2 semaines suivantes, nous avons mouillé dans 2 types de lieux bien différents. De larges baies relativement habitées (en tout cas suffisamment pour y pirater une liaison wifi), aux pieds de grandes montagnes enneigées qui permettent la pratique du ski de randonnée. Ainsi Dom et Christophe ont pu gravir quelques montagnes locales. Tout ceci au détour de larges fjords.
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La seconde semaine nous a vu rechercher les mouillages bien plus isolés, au milieu d’un cafouillis d’îles désertes, coupés du monde, sans wifi ni connexion téléphone. Enfin seul dirait on …
Nous sommes en ce moment à la position exacte 70°05 38 N et 018°55 12 E. Abrité de la mer et du vent par plein de petits îlots. Lors d’une balade, et alors que la neige fond maintenant rapidement, nous y avons croisé nos premiers rennes. Les lieux sont déserts. Juste 3 maisons inoccupées pour le moment. Pas de route, l’accès est uniquement maritime. Tranquillité et sérénité.
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Nous commençons à bien connaître les lieux. Certaines îles sont peuplées de colonies d’oiseaux. D’autres de rennes. Ici, il y a des moules, là des morues faciles a pêcher … Nous attendons avec impatience nos premiers élans.
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D’ailleurs, ce soir repas de moules et Demain, morues.


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Lofoten

Depuis quelques jours nous sommes dans un environnement étonnant. Nous nous y attendions, mais la surprise est tout de même réelle. Nous sommes aux Lofoten, lieux mythiques. Mais revenons en arrière :
Nous avons quitté Bodoe ou nous avons débarqué les furieux de la montagne, et récupéré Damien, notre ami médecin, Français et marié a Ina, Norvégienne. Ils habitent Bergen depuis 20 ans. Nous les avions rencontré en Septembre et avions gardé contact. Damien est passionné de montagne et de randonnée et n’a pas pu résister à l’appel des Lofoten. Le volcan islandais ayant quelque peu perturbé notre planning, il a fallu improviser un nouvel itinéraire. Au gré de nos navigations, nous avons ainsi retrouvé tout à fait par hasard, IMRAM, l’ancien bateau de Peter, l’architecte de ZERO, un intégral 43. Aux mains d’une famille de Chambéry, nous les avons retrouvé à Bodoe en vacances pour Paques. Nous y avons aussi croisé Marc, un français, navigateur solitaire sur son bateau partiellement ‘’ home made’’, un Mercator 105 . Marc (http://volumondu.over-blog.com ) a passé tout l’hiver entre Tromso et les Lofoten. Nuit polaire et froid au programme : Chapeau.

Bodoe n’est pas très beau. Village de 20 000 habitants, il me fait penser à ces villes de l’ex union soviétique, grise, pas très gaie, aux larges avenues un peu terreuses, de la neige sur les bords. Rappel : la ville a été rasée par l’aviation allemande durant la guerre de 45. Seuls véritables intérêts, la possibilité de faire un avitaillement complet et la présence du musée de l’air.
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Apres Bodoe, ce fut, la petite traversée de 40 miles pour les Lofoten. Il est difficile de raconter les Lofoten, il faut les voir ; c’est un peu les alpes dans la mer. Blottis au pied des montagnes entièrement enneigées, des petits ports de pêche aux maisons chatoyantes, protégés comme toujours pas des îles a foison.
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Nous sommes en ce moment dans cette région. L’occasion de faire de nouvelles randonnées a ski mais aussi de visiter une usine de traitement de poisson : salage et séchage.
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L’ambiance est toute particulière : Pleine de sérénité et de calme. La nature est sauvage, la mer difficile. En apparence, les gens sont rudes, comme leurs îles, mais une fois le contact établis, ils s’avèrent être très accueillants, ouverts et disponibles. L’autre jour, alors que ZERO se balançait tranquillement sur son ancre, et alors, que nous débarquions de l’annexe, ski, sac a dos, chaussures de randonnées au pied, nous avons croisé un vieux monsieur Norvégien. Damien a rapidement établit le contact et 5 minutes après le monsieur se proposait de nous déposer avec sa voiture aux pieds de la montagne, nous épargnant une longue marche d’approche. Le soir, au retour de la balade, il nous attendait pour nous inviter à partager chez lui des gaufres et du thé. Nous sommes repartis 3 heures plus tard avec sous le bras une morue séchée et une énorme truite de mer qu’il avait péchée peu de temps auparavant.
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Ici la pêche est impressionnante. Je ne vais pas parler des innombrables coquilles Saint-Jacques vides que nous voyons sur les plages. Elles prouvent que quelques mètres plus loin, mais par 10 mètres d’eau, il doit y en avoir de succulentes. Mais qui voudra plonger pour aller les ramasser, avec cette eau à 5°C ? Non, je veux parler des morues. Comme le dirait mon copain Didier, les morues sont aux Lofoten, ce que la blanquette est à Limoux. La pêche ici : Trop facile ; On jette le fil, il arrive au fond, on remonte de 20 cm. On attend 5 secondes maximum et hop une touche, on remonte une morue de 1,2 kgs environ. On recommence et en 10 minutes, c’est 5 a 6 morues que nous préparons en brandade, au four ou a la poele .
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Pour la 3 eme fois depuis notre départ de Bergen le 15 mars, Zero a fait l’objet d’un article dans le journal local. Certes, il ne se passe probablement pas grand-chose dans ces contrés et ZERO est un bateau atypique, alors, nous répondons avec plaisir aux journalistes venus nous interviewer.
Nous sommes en ce moment au mouillage, bien abrité, nous laissons passer un vilain coup de vent qui combiné avec la température de 2 degré rendrait la navigation vraiment pénible. Nous pensons pouvoir rejoindre en 2 jours Tromsoe ou se trouve le bateau de nos amis Fredoya.
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Je reprends ce message alors que 3 jours viennent de passer. Nous avons effectivement attendu que le vilain coup de vent passe. Puis nous avons repris la mer avec une météo annonçant 25 nœuds. De bonnes conditions qui devaient nous permettre de naviguer rapidement. Apres être sortie en mer, le vent est monté a 35 nœuds. Sous 3 ris et trinquette partiellement enroulée, je me suis retrouvé à la barre avec un vent montant jusqu'à 50 nœuds. Ambiance … A ce moment, alors que la rafale couchait le bateau, je me suis demandé jusqu’ou cela allait monter. J’ai senti et vu le vent arriver, j’avais anticipé, changeant le cap en conséquence, mais je ne savais pas jusqu’où la rafale allait monter. Christophe, alors a l’intérieur, s’est précipité dehors et a vu ma mine réjouit. Le bateau a bien répondu, a accéléré dans la rafale. A ce moment, la mer était blanche. Le sourire aux lèvres, je n’ai pu voir que l’anémomètre monter, monter, monter, oubliant le regarder le speedo. Probablement 13 à 15 nœuds. On ne sait pas. Apres cette épisode mi amusant, mi angoissant, on a mit le clignotant a gauche et posé la pioche dans une crique abritée. Que l’on pensait !! Déjà difficile de se réchauffer, pardi, 2 degré dehors, de la neige qui vous cingle le visage. Le chauffage peinait à faire monter la température à des niveaux acceptables. Puis la nuit difficile, avec des rafales encore a 40 nœuds. Dans ces cas la, au fond de sa couette, on prie pour que l’ancre tienne le coup. Les oreilles tendues, on surveille le moindre bruit inhabituel qui trahirait un décrochage de l’ancre. Tiens, ce clapotis, je ne l’entendais pas tout a l’heure. Tiens, on ne penche plus, tiens, ce truc la ne grince plus. Et pourquoi le vent semble moins fort ? Et on se maudit de ne pas savoir ce que veulent dire ces cy, 2 lettres sur la carte qui nous renseigneraient sur la nature du fond sur lequel repose l’ancre. Pas du sable, repéré par un S (sand), pas de la vase ( M : mud), pas des rochers ( R)… Que peuvent bien dire ce cy ? Le lendemain, on découvre qu’il s’agit de Clay, de l’argile. Impeccable. Le vent peut souffler fort, l’ancre sera bien accrochée. En réalité seul les rochers sont inquiétants, soit l’ancre glisse dessus, soit elle se coince. Mais elle risque aussi de se coincer définitivement. Et on l’aime bien notre ancre. Alors, voici 2 jours que nous sommes la, sans rien voir ou presque, dans une alternance de brouillard, et de giboulées de neige qui bouchent la vue. Pour sortir dehors, c’est habits de cosmonautes obligés.
Dehors, ça brasse. Qu’ils sont loin ces 10 jours de grand ciel bleu !!! Vivement demain.



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3 premières

Depuis quelques jours, nous réalisons de première en première.

La première première : envoie du spi. Notre principale acquisition de cet hiver. Un beau spi asymétrique. Avec son tangon de 7 mètres associé. Nous avons profité d’un petit vent arrière de 10 nœuds, d’une mer calme et de l’eau à courir devant pour envoyer le pépin. Comme nous ne possédons pas encore tout l’accastillage nécessaire a son envoi, nous avons un peu ‘’bricolé’’. Il manque en effet, quelques poulies, remplacées par les taquets d’amarrages. Manque également une écoute, remplacée par 2 bouts mis bout à bout. Mais, avec si peu de vent, ça a marché. Envoi de la chaussette, déroulement de la chaussette et hop, 190 M² en l’air. Avec 8 nœuds de vent, nous étions à 6 nœuds sur le fond. Pas mal. Séquence passion.
6 - sous spi (1) [800x600]6 - sous spi (7) [800x600]6 - sous spi (10) [800x600]
La deuxième première : passage du cercle polaire. Mais, pour tout vous dire, on n’a pas tout compris. Nous étions à ce moment au milieu des îles longeant la cote, sous spi encore, et mer plate. J’avais lu dans un livre que le cercle polaire était par 66°34 N. Au bout d’un cap, on devine une sculpture représentant une mappe monde. On lit le guide marine du coin et on voit qu’il s’agit du passage du cercle polaire. Mais nous étions par 66° 33 N. Donc un peu tôt. Admettons ; Quelques milles plus loin, au passage du cap suivant : nouvelle mappe monde par 66°35N. Alors, on ne comprend plus. Peut être que le cercle polaire est bien par 66° 34N mais est épais de 2 milles ? Ce n’est pas une simple ligne virtuelle ? .et au fait, c’est quoi le cercle polaire ? Ne serait ce pas la limite de la journée ou de la nuit permanente ? Quelqu’un peut nous dire ? Séquence émotion
le cercle polaire
La troisième première : j’explique : Comme nous avons 2 copains, guides de hautes montagnes a bord, venus faire du ski de randonnée en Norvège, on avait repéré sur les cartes un bon compromis entre les besoins des montagnards et les exigences du marin. Depuis 10 jours, nous cherchons la perle : de la neige assez bas pour éviter de marcher pendant des kilomètres avant de chausser. Nous avions ainsi remarqué que la neige était plus présente loin des cotes, donc on avait des chances d’en trouver en s’enfonçant dans les fjords, loin de la mer ouverte. Il fallait aussi des montagnes avec au minimum 1 000 mètres de denivellés, sinon, c’est pas drôle. Et puis l’autre impératif, c’était le lieu de mouillage. Comme déjà dit, en Norvège, il est difficile de trouver des mouillages avec peu d’eau (entre 5 et 18 mètres). Enfin, a force de lire, cartes, topo guide, guide de navigation, et autre revue spécialisée, on avait trouvé au fond d’un fjord, au pied d’une montagne un coin pour poser la pioche et débarquer les furieux. On s’engage, mais en arrivant au fond du fjord, impossible d’aller plus loin. Le pack. Enfin, j’exagère, de la glace. On a mieux compris pourquoi, en entrant dans le fjord, on avait vu quelques mouettes marcher sur l’eau. En fait, elles étaient sur des glaçons. Tout cela pour dire que nous avons fait goûter la glace a ZERO. Et sa belle coque en aluminium a un peu grincée au contact des glaçons. Séquence frisson.
le packles premiers glacons

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Hjørundfjord

Samedi 27 Mars.
Apres une journée de navigation tranquille au moteur et dans la brume, nous arrivons a Saebo , un petit village au fond d’un fjord par 62.20 N et 6.47 W , connu pour ses lieux de randonnée. Nous arrivons en milieu d’après midi ; on s’amarre à un ponton de bois et il règne aussitôt sur le bateau une activité intense. Les montagnes enneigés autour provoquent des fourmis sous les pieds des 3 jeunes venus faire du ski en Norvège. Ils ont de la TNT dans les jambes et rapidement, les skis sont sortis de la soute. Eux aussi s’ébrouent et semblent réclamer leur dose d’altitude.

Les peaux de phoques sont préparées, les arvas (appareil de recherche des victimes d’avalanches) sont contrôlés. Bref, me voila pris d’une angoisse naissante. Je vais devoir y passer mais mon état de forme et mes 95 kgs me laissent inquiet. Je vais devoir les suivre, enfin essayer. D’autant que dans son élan, Nathan remet en état les carres de mes ski, plutôt rouillés après 3 ans d’inactivité. J’ai pourtant tout essayé. Nathan, encore, découvre ses ski ‘’ fusillés’’, une carre enfoncée. . Trop heureux, je lui propose les miens.

- «  non, non, ils vont bien tenir encore quelques jours ». Mince, Raté.
La météo pour le lendemain n’est pas très engageante : pluie. Le soir, barbecue de sardines ( 300gr chacune ) sur le ponton. Voila une ambiance portugaise par 4 degré de température.

Dimanche 28 Mars
Je suis heureux, j’ai le bon prétexte pour ne pas y aller : Il pleut. Nathan, Manu et Myriam se lancent seuls dans une petite randonnée de remise en route. 3 heures plus tard, les voila revenu, en pleine forme après 500 mètres de dénivelés. La météo pour demain est meilleure. Les cartes et autres topoguides parlent, une vallée est repérée. Facile et safe parait il. Bon, on verra bien.

Lundi 29 Mars
Réveil de bonne heure. 7 heure (avec le changement d’heure). J’ouvre un œil, il neige. Super, voilà à nouveau une bonne excuse. Mais la neige ne semble pas freiner leurs ardeurs. Tout le monde s’agite dans le bateau, christophe a décidé d’y aller aussi. Devant l’insistance et la gentillesse de tous, je me sens obligé. Il y a 10 cm de neige sur le bateau. Tout est blanc autour de nous, sauf la mer et les dérives oranges de ZERO. C’est beau, mais le temps est bouché. Puis vient le moment incroyable : Lunettes, gant de ski, chaussures de ski au pied, on enjambe les filières du bateau. Gaffe de pas tomber, l’eau est froide, 5 °, et chaussé de chaussure de ski, je ne donne pas cher de la peau du plongeur.

10 minutes de taxi plus loin et 30 euros de moins en poche, on est au départ de la piste. Sympa les jeunes, ils m’ont attendus. Certes le début était facile, pente légère mais permanente sur 500 mètres de dénivelé en tout. Mais j’ai tout de même abandonné après 1 heure 30 de montée, au bord de l’apoplexie.
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Eux, continuent, et je les attends près d’un chalet, trempé, et épuisé, trop heureux de pouvoir souffler un peu.
Le cœur à 180, la montée a été belle, à travers le brouillard. Il m’a fallu un moment pour réaliser qu’il s’agissait de la buée sur mes lunettes. En transpiration, avec le froid, la buée est permanente sur mes lunettes. Enfin, la redescente en 15 minutes m’a laissé les cuisses en feu.
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Va falloir que je m’entraîne sévère.

Demain, a priori, grand soleil, mais il y a vraiment trop de bricolage a faire sur le bateau …..

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Back in Bergen

BIB, Back in Bergen

Nous partîmes plein d’entrain un samedi 13 Mars à midi de Lyon. Apres, 50 heures de route quasiment non stop, nous retrouvons ZERO dans sa petite marina.

La route fut longue et fatigante. En voiture pour cause de gros volume à emmener a bord, nous sommes montés avec 2 véhicules, 1 camping car et un van Volkswagen. Pensez donc : 1 spi de 190 m², 1 parapente, 4 paires de ski, autant de chaussures de ski, 20 litres de peinture pour le carénage, des pièces de rechanges, et …. et …. 1 tangon de 7 mètres pour le spi.
Expédition donc. La traversée de l’Allemagne fut sans intérêt, celle du Danemark et de la suède invisible pour cause de nuit. Seule la remontée de Oslo a Bergen a été belle et intéressante. Nous avons ainsi pu découvrir l’intérieur du pays.

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ZERO donc, nous attendait sagement, recouvert de 10 cm de neige. Moment émouvant. Rapidement, nous avons entrepris les premiers travaux afin de le rendre vivable. Ranger la nourriture qui était sous l’air chaud du chauffage pour en éviter le gel, idem pour les produits chimiques. Remettre en place les matelas…… dormir.
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Le lendemain, on attaque la longue liste des travaux techniques : électricité, chauffage, moteur, gréement, l’annexe, plein d’eau, purge des circuits …. 4 jours plein à 4. Juste l’opportunité de rendre visite à un ami Français, marié a une Norvégienne et vivant à Bergen depuis 20 ans. L’occasion aussi de déguster un saumon fumé, des harengs, et de l’aquavit.

Coté météo : du neuf. Nous vivons en ce moment le changement de climat, le passage de l’hiver à l’automne. Seule la température a changé en s’élevant de 5 à 6 degrés, la neige s’est transformée en pluie. Et c’est reparti comme en septembre. Pluie incessante mais maintenant glaciale. Le moral reste bon, car nous allons vers les beaux jours. Je pense que je vais me faire sponsoriser par la ville de Bergen : je m’explique. Aux dires des gens du cru, depuis mon départ de Bergen fin septembre, la ville n’a quasiment pas connu de pluie. A tel point, que les habitants commençaient à devoir se rationner. Je reviens, la pluie aussi.
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Aujourd’hui samedi, le bateau est quasiment prêt. Aucune mauvaise surprise, je suis content de ma préparation à l’hivernage. L’hiver a pourtant été dur mais sec. Le thermomètre que j’avais laissé a indiqué une température minimum de -25°C à l’extérieur et de +2 a l’intérieur du bateau.
Nous avons retrouvé nos repères et attendons pour demain l’arrivée d’amis venus faire du ski de randonnée dans les montagnes de Norvège. Angelo et son épouse, ainsi que Jean Jacques rentrent en France avec les véhicules. Nous serons bientôt 5 à bord. Je pense que compte tenu de mon état de forme et celle des furieux qui arrivent, je vais rester à bord en attendant que les fadas s’escagassent sur les pentes neigeuses du coin.

Lundi, en route pour le nord, 120 milles pour arrivée a Alesund, prochaine station de ski pour ZERO.
JJ et moi avons posé le filet ce soir, attendons demain pour connaître le résultat.
Ce matin, 1 hareng et une sardine : maigre butin.




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