Cap-Vert
15
jours. Je serai resté 15 jours à Palmeira ,
principal mouillage de SAL, ile du Cap-Vert. Et 6 ans
se sont écoulés depuis le passage de Matins Bleus en
2004. Souvenirs, souvenirs.
Depuis mon dernier billet la famille AZEMAR a d’abord
rejoint le bord, accompagnée de leurs amis les Doste
puis les Crozat. En leurs compagnies nous avons
visité Lanzarote, Fuenteventura, Gran Canaria,
Tenerife et enfin La Gomera. La navigation entre les
îles a été plutôt cool. Un vent raisonnable qui a
épargné les estomacs des équipages. Définitivement,
Tenerife est la plus belle île. La plus grande, la
plus diversifiée. Le Teide, la plus haute montagne de
l’Espagne la domine a plus de 3800 m.






A
la Gomera, j’ai retrouvé Fredoya, en transit depuis
le Groenland et en route pour les Antilles. J’en ai
profité pour alléger le bateau de qques kilos en leur
livrant tout le matériel transporté pour eux depuis
Mortagne sur Gironde : un groupe électrogène,
des fusils de chasse, une hélice, de l’accastillage …
J’ai ainsi été content de retrouver la famille Jougla
même si Fred, le
papa-capitaine-constructeur était en France
pour se faire opérer du dos. Jerome un ami de la
famille avait rejoint le bord pour la traversée vers
les Antilles. A ce jour, Fred a du rejoindre son
bateau et sa famille. J’espère que nos routes se
recroiseront bientôt.


Puis
ce fut l’équipage de choc pour la traversée des
canaries vers le cap vert. Avant le départ en
navigation, pour les 2 premiers jours de leur
présence a la Gomera : Jean Michel, Gilles et
Andre, les pauvres, n’ont pas été gâtés. Pluie,
pluie, pluie, et pluie. Et dès que l’on montait
dans l’arrière pays pour voir un peu de haut si
c’était mieux, c’était brouillard, brouillard et
brouillard.
Bref, juste eu la possibilité de voir le puit ou C
Colomb se ravitaillait en eau avant ses traversées
vers les antilles. Voir la belle église du village et
nous voila partie.
Au passage et pendant près de 60 milles, on a pu
admirer le sommet enneigé du TEIDE.
Rare.
La traversée a durée 6 jours. Et on peu la diviser en
3 parties. Les 3 premiers jours ont été merveilleux.
Du vent pile poile comme il le fallait. Et comme nous
avions décidé de nous approcher de la cote africaine
pour éviter de faire du près, nous avons abattu
580 milles en 3 jours. Les 2 jours suivant ce fut la
petole, calmasse. Un peu de moteur de temps en temps,
l’histoire de recharger les batteries. Et enfin, le
dernier jour il a fallu accommoder avec un vent
mollasson au possible.
En approche de SAL, j’avais le souvenir d’une entrée
pas simple, des cartes erronées, des épaves, des
bateaux au mouillage pas éclairés. D’autant plus que
mes cartes même électroniques n’étaient pas a jour.
J’avais donc décidé de ralentir le bateau afin
d’arriver avec le jour. Au petit matin, on entre dans
le port, on jette l’ancre et on se repose.






Un
solide petit dej plus tard, on débarque et je
m’attend a tout. J’ai tout imaginé. Que s’est il
passé depuis 2004 ? Déjà la jetée a été
agrandie, rallongée. Il y a plus de place à
l’abri. Ca, c’est bien. Ensuite, rien ne semble avoir
changé dans le village. Mêmes maisons, un peu
délabrées, datant probablement de l’époque
Portugaise, mêmes rues pavées, mêmes arbres. Même
nonchalance. Mais 2 grandes différences pourtant. Des
hordes de touristes arrivent en 4x4 pour voir le
village de pécheurs de l’île. Ils descendent de leur
voitures, clic clac, merci kodak et filent a la
boutique de souvenirs montée pour l’occasion. Cela
fait un peu visite de zoo, ou de réserve.
Autre nouveauté, le nombre de 4x4 dans l’île. Presque
plus qu’aux Antilles françaises. 15 jours que je suis
ici, et un cargo arrive et débarque son
chargement pratiquement tout les 2 jours. A chaque
fois, quelques containers, et 3 ou 4 luxueux 4x4
flambants neufs.
Pour peu que le mouillage soit bon et agréable,
j’aime bien rester longtemps sans naviguer. Je
souffre lorsque pour des raisons de planning, je dois
avancer en ne restant que qques jours voire qques
heures au même endroit. J’aime rester longtemps pour
m’imprégner de l’atmosphère, de l’ambiance, et c’est
sous cette seule condition qu’on peut établir un
contact autre que commercial avec la population
locale. Comme Zidane, John, Paul qui vivent sur un
voilier. En fait ils gardent le voilier d’européens
rentrés aux pays. Ou comme Aguy, la vendeuse
sénégalaise que l’on retrouve tout les matins sur le
quai. Elle vend à la sauvette des colliers et autres
babioles aux touristes. Elle nous guidera pour faire
des courses, la lessive. Patricia, qui tient
l’Internet café. Et puis, avec le temps, on
commence à nous reconnaître. On ne nous propose plus
un aluguer (taxi collectif) à tous les coins de rues.
Les chauffeurs commencent à connaître nos
habitudes. Et ils savent que nous savons comment
fonctionne leur système de transport en commun. Ou on
le prend, ou on descend, combien ça coûte..
C’est en discutant avec l’un d’eux que j’ai appris
que ces gros 4x4 ( il y a même des hummers !!)
appartiennent a qques riches cap verdiens qui
profitent du tourisme . Dans l’immobilier ou en
montant un petit business de day charter en bateau ou
en 4x4. Pour les autres, rien n’a changé ou
presque.

Aussi,
on est content lors que l’on voit que rien n’a changé
6 ans après. Mais les locaux, peuvent il en dire
autant ? Peut être préférerait vivre dans
des habitations plus modernes, avoir l’eau courante,
trouver un supermarché un peu mieux approvisionné.
Pouvoir s’acheter un moteur ou une barque neuve …
Nous on est satisfait de cette situation, mais
eux ?
Nous en France on pousse de cris et on défile dans la
rue si nos salaires n’augmentent pas. Si notre
pouvoir d’achat est figé, bref, s’il n’y a pas de
croissance. Alors, pourquoi se réjouir de
l’immobilisme de ces pays qui ne rêvent que d’un peu
plus de confort. Il y a de l’hypocrisie dans l’air ou
de l’égoïsme.
Et pourtant, eux aussi souffre de la comparaison. Au
sud de l’île, il s’est créé un immense complexe
touristique. Une ville énorme, pas trop laide mais
énorme. En discutant avec un cap verdien, je lui
demande,
‘’C’est bien ça, ça va donner du travail a beaucoup
de monde ici, et en plus il a dû falloir beaucoup de
monde pour construire tout cela’’. Et bien, pas du
tout, les cap verdiens, avec leur salaire de 450
euros par mois souffrent de la concurrence qu’ils
jugent déloyal des sénégalais et des maliens qui ne
demandent que 180 euros par mois. Des clandestins
pour la plupart.
Ca me rappelle quelque chose ….
Mais quoi qu’il arrive, le peuple cap verdien est un
peuple attachant. Plein de gentillesse, de
dévouement, de sourires, sans agressivité, même
commerciale, toujours prêt a rendre service. On ne
peut que les aimer. Et compatir à leur combat
quotidien pour se nourrir. Pour le moment, la mer est
encore reconnaissante, elle leur donne tout le
poisson dont ils ont besoin. Le tourisme assure le
complément.
Samedi 18 Décembre : c’est le soir, Gilles, Jean
Michel et André sont rentrés en France, je suis seul
sur ZERO depuis 3 jours et je savoure. Je savoure ces
moments d’intenses symbioses avec lui. Je le
bichonne, l’inspecte, prend soin de lui. Mais, ce
soir, je suis au bar des pécheurs à siroter une
Strela, la bière locale, avec mes nouveaux amis (
Loïc, Dominique, Christian et tous leurs copains Cap
Verdiens) il est 21 h00 , mon téléphone que j’avais,
je ne sais pourquoi pris, vibre dans ma
poche, un SMS:
‘’ On est a 1 heure de Palmeira, ou êtes vous ?,
signé Fredoya
Merde, qu’est ce qu’il foutent la ? Ils
voulaient traverser vers les Antilles direct, ils ont
des pbs techniques ?
2 heures après, d’un coup d’annexe, je suis à
leur bord et leur souhaite la bienvenue au Cap
Vert. Fred est a bord. Heureux et en bonne forme
malgré son opération qui ne date que d’ 1 mois.
En fait, ils partaient pour les Canaries, mais
l’absence d’alizés les a contraints à faire escale au
Cap Vert. Merci l’alizé. Tu m’as permis de revoir mes
potes.
Le Dimanche c’est la fête a Palmeira, tout le village
est dans la rue : brochettes sur la place
centrale, danses endiablés au Capricorne, le bar
local.
Mercredi 22 : je laisse le bateau a Christophe
venu du diable vauvert ( Le Nepal) avec des amis . Il
va s’occuper de ZERO jusqu’au 6 Février. Je le
retrouverai à Dakar.
30° à Sal, -4° a Bruxelles ou je fais escale. Neige,
le choc est rude.
Bordeaux - Madère - Canaries
Y
a pas a dire, avec des dessous propres, on glisse
mieux.
Aidé de Stephane en mousse averti, on a refait
la sous marine de ZERO. Quelques kilos de crustacés
retirés, quelques litres d’antifouling en plus et
voila un coque propre. Douce comme une peau de bébé.
Nous serons donc restés un peu plus de 1 mois a
Mortagne sur Gironde. Marc et Fanfan nous ont
accueillis royalement. Ah ces crêpes …. !!!!!
Apres multiples essais, nous sommes revenus aux
valeurs sures : la jambon fromage.
J’en ai profité pour rajouter un groupe électrogène
qui sera bien utile en navigation dans les alizés et
au mouillage en Afrique. Finir quelques aménagements,
réviser le moteur (1000 heures !!), améliorer la
fixation du tangon. ……

On charge ZERO avec tout le toutim, y compris le
matériel pour Fredoya que nous retrouverons aux
Acores. Ils arrivent d’Islande et du Groenland, et
descendent eux aussi au chaud. Et on décharge tout ce
qui était nécessaire aux pays froids : ski,
chaussures, polaires , chaussettes .
Nous sommes partis le dimanche 10 Octobre à 19h30, à
l’ouverture des portes de l’écluse. J’avais
retardé de quelques jours le départ dans l’attente
d’une fenêtre météo favorable. Rien ne sert de se
faire branler dans le golfe de gascogne. On a un peu
de marge.
Bingo, 48 heures pour faire Mortagne-La Corogne. Y a
pas a dire, avec des dessous propres, on glisse
mieux. Des belles glissades sous spi. Une belle
moyenne. 7,5 nœuds sur 48 heures. 12 heures de plus,
et nous sommes à Baiona. La ville du retour de C.
Colomb après sa découverte des ameriques. Puis ce
sera Peniche au Portugal pour retrouver les
succulentes sardines grillées, de croiser plein de
bateaux Français en partance pour le sud, c’est
l’époque, et on repart pour la grande traversée vers
Madère. 500 miles. La météo n’annonce pas beaucoup de
vent. Et nous n‘en avons pas eu beaucoup.
Quasiment que du spi aussi ; mais avec moins de
10 nds de l’arrière, ce n’est pas la grande
cavalcade. Le temps passe en pêchant, dormant,
lisant. 1 belle coryphène de 4kg et de 95 cm nous
fera 4 repas. Stéphane soucieux de son confort aux
toilettes a imaginé un nouveau siége : la baille
a mouillage , un seau en dessous.

Le
rythme des quarts s’est mis en place tout comme les
estomacs. Sandra et Stéphane en début de nuit, Gilles
au milieu et moi a la fin. A ce sujet, je vous dois
une anecdote.
Stéphane est globalement inquiet la nuit. Surtout a
cause des cargos. J’ai tenté de le rassurer, nos
moyens électroniques aidant, et vu la météo, il y a
peu de risques de collision. Mais tout de même, il a
respecté les consignes en me réveillant en cas de
doute. Et il l’a fait a chacun de ses quarts.
-Philippe, excuse, mais y’a un bateau je comprends
pas bien. Tu peux venir voir
- J’arrive
Je sors sur le pont, pas bien réveillé, m’approche
des filières pour me soulager, jette un œil alentour
pour constater que le fameux cargo est encore a 10
miles, ou qu’il est déjà passé , bref, rien
d’inquiétant. Mais comme je le dis à Stéphane, je
préfère que tu me réveilles pour rien que le
contraire.
Et puis est arrivé la dernière nuit de la traversée.
Même topo,
-
Philippe,
tu peux venir voir …
-
J’arrive
Je
sors, vais au bastingage, pisse un coup au passage,
j’en profite au passage pour constater que l’eau
s’est réchauffée ( ahahaha), regarde autour et
vois un cargo que j’estime a environ 1 miles derrière
nous. Pas loin donc. C’est d’ailleurs confirmé par
l’AIS. Et je vois alternativement son feu vert et son
feu rouge. Pas bon signe. Ah, la, oui, va falloir
faire quelque chose, sinon, il va y avoir des copeaux
d’aluminium. Il est pile dans l’axe et
marche a 15 nœuds. Je prend 30 degré et
constate qu’il en prend lui aussi 20 !!!
Je me demande un instant si je ne vais pas le voir
mettre une chaloupe à l’eau pour venir nous
arraisonner. Des Pirates ? Non, un pirate ne
mettrait pas son AIS en route. Mais inquiétant quand
même. Je reste quelques temps et vois qu’il fini par
nous dépasser.
Je reste encore et discute avec Stéphane,
traumatisé par cet épisode. Il est persuadé que le
bateau a sciemment modifié sa route pour venir sur
nous. MADEIRENSE 3. Le cargo FOU.
4 jours après, il en parlait encore. Je ne sais pas
ce qu’il s’est passé.
Madère : Gilles nous a quitté, mon frère nous a
rejoint avec sa famille. Au programme, visite de
l’île, balade a pied, shopping ( oups)…
A ce propos, Madère est une île extraordinaire pour
les balade a pied.

Le
Nord de l’île est très humide, le sud un peu moins.
Pour acheminer l’eau du nord au sud, les habitants
ont construit des canaux ( lévadas) qui
sillonnent la montagne, parfois les transpercent. Un
chemin longe le canal, la pente est douce, les
paysages superbes. Le passage dans les tunnels
parfois long de plusieurs centaines de mètres a donné
lieu à de belles parties de rigolade. Nous en
avons remonté 2 jusqu'aux chutes. Des balades de 3 à
4 heures a chaque fois.



Nous
avions pris nos quartiers a Quinta Do Lorde , une
marina moderne , sorte de ‘’domaines des dieux’’ a
l’est de l’île, le Port de Funchal, la capitale,
étant quasiment toujours plein et son mouillage
inconfortable.
Les
Chatelain Junior parti, Olivier, Stephanie, Marie,
Hervé et Hélène nous ont rejoint. Visite express de
l’île en voiture, balade, et c’est le départ pour
Gracioza aux Canaries.
Fichtre. 25 a 35 noeuds pendant 36 heures, au bon
plein. Musclé. Tout le monde a été malade,
(même moi), sauf Hervé qui a très certainement de
l’eau de mer qui coule dans les veines. Mais grâce a
cela aussi, la traversée a été courte. Nous ne sommes
resté que 24 heures à Gracioza, juste le temps de
récupérer, même pas le temps de visiter. Un vent
violent d’est a rendu le mouillage intenable.
Décidemment, cette île se refuse a moi. Déjà en
2004, avec Matins Bleus, j’avais du quitter les lieux
pour les mêmes raisons.
On part pour Marina Rubicon, au sud de Lanzarote. Une
trentaine de miles avec 45 nœuds au près
Trinquette enroulé, 3 ris dans la GV. Ca mouille.
Mais à l’abri de l’île, la mer était maniable. Nous
voici donc dans une marina moderne, probablement la
dernière avant longtemps. Douche chaude, eau a
volonté, électricité a gogo, magasins chics,
supermarché.. Tout ce qu’il faut pour les
touristes anglos saxons en goguette.




Maman
et ma tante nous ont rejoint pour 1 semaine. Zéro
s’est transformé en hôtel flottant. Et heureusement
que nous n’avons pas navigué. !!!! Fred,
Fredo, vous comprendrez pourquoi je n’ai pas pu
bouger : ma tante assise dans le cockpit me
demande en désignant les winchs :
-
Philippe
, ça sert a quoi ces bonbonnes de gaz ?
Mais le pire est à venir.
Voila 5 jours qu’elles vivent sur le bateau et ma
tante :
-
Philippe,
tu ne rigoles pas, mais dis moi, ou est l’avant et ou
est l’arrière du bateau !?
ZERO en est tout retourné, lui qui revient du
Spitzberg et qui va aller en Patagonie. Il aura tout
vu.
Retour vers le Sud
Quelques
moments forts durant cette période :
1 -Un record de vitesse pour ZERO, réalisé
juste après Alesund en Norvège. 12,7 Nœuds avec 35
nœuds de vent arrière. Sous trinquette, génois
partiellement déroulé et 2 ris dans la grand voile. A
suivre
2 – Un passage proche de Bergen sous la pluie alors
que le reste de la descente de La Norvège s’est fait
sous le soleil. Normal.
3 – Toujours en Norvège : une collision avec une
île évitée de justesse. Passablement endormi par une
nuit de veille, je n’ai pas été assez vigilant. Jean
Jacques, depuis la cuisine a vu les arbres défiler de
très très près. Heureusement que les fonds tombent
vite. J’ai été abusé par un violent courant qui nous
propulsait à 8 nœuds. Nous voyant arriver, les crabes
ont eu le temps de mettre leurs casques.
4 – Quelques mouillages toujours aussi paradisiaques
en Norvège. Je pense à l’un d’entre eux, au pied
d’une montagne, on se serait cru aux Marquises
.
5 – 15 énormes crabes dormeurs achetés pour 15 euros
a un pécheur local.
6 – les crumbels préparés par Manu, Myriam et Nathan
7 – les crepes de Jean Jacques, les poissons
préparés par Nordin
.
8 – Une tempête en Hollande qui nous oblige à faire
une pause sur la route du retour. On en profite pour
entrer dans les polders. Mémorable : la
navigation à la voile dans 3 mètres d’eau et dans des
chenaux large de 100 mètres. Sortie de piste
interdite sous peine d’échouage. A 9 nœuds, à la
barre de ZERO, c’était un peu comme un slalom géant
sur une piste de ski. Zig-zag, entre les bouées.
Réglage, croisement de bateau, dépassement …
chaud devant. Ça passe ; A ce moment là,
Myriam était a la table a carte, jonglant avec
les ordinateurs, GPS, sondeurs, cartographie, elle
nous guidait au milieu des hauts fonds et à travers
les bouées. Manu et Nathan aux winchs ( héhé, ils
sont jeunes) et moi a la barre. Ils en gardent, j’en
suis sur, un souvenir intense et ému.





9 – toujours en hollande. Une halte a Harlingen .
Guidé à la VHF par le maître du port, ZERO entre dans
un canal dans le centre du centre ville. C’est malin,
impossible de faire demi tour. Le lendemain matin,
marche arrière sur plus de 900 mètres. Chaud
derrière.

10
– Toujours la tempête en Hollande. On laisse ZERO à
La Haye et on va visiter Amsterdam en train. Chaud
aussi. Mais pas pour les même raisons.

11–
Une entrée de nuit dans le port de Dunkerque. beurk.
12 – La traversée de la manche, On coupe en diagonale
, 2 fois le rail des cargos. Et comme ça soufflait
fort, on allait aussi vite que certains. Entre 9 et
11 nœuds.
13 – Nouveau record : Dunkerque- Cherbourg en 22
Heure, à plus de 8 nœuds de moyenne.
14 – Un dernier record : 11 nœuds sous spi. Un
peu l’impression de conduire un camion dans la
descente de Choulans . A fond la caisse.
Poussez vous les mouettes
15 – Une mouette, on a péché une , elle a trouvé
appétissante notre ligne de traîne.

16 – le départ de Cherbourg a 4 heures du matin. Vent
contre courant, le passage du raz Blanchard a été
fatal a l’estomac de Stéphane. C’est vrai, on a été
secoué. Avec Stephane, on a longtemps cherché une
image pour décrire les vagues. On a trouvé :
aiguisées comme des lames de couteau. Je n’avais
jamais vu l’avant du bateau entrer dans les vagues
jusqu’au mat. C’est fait.
17 – une première pour le novice que je suis :
la navigation en Manche, en se creusant la tete avec
les horaires de marées, les courants, la direction du
vent, un vrai casse tête.
18 – les descentes sous spi de Landerneau au Conquet,
mer plate, soleil.
19 – le passage du raz de sein et de la pointe du
raz, avec les mêmes vagues qu’au raz blanchard.
20 – la descente sous spi dont toute une nuit
entre Benodet et Royan.
21 – les couchés de soleil de l’atlantique
22 – l’entrée dans la gironde avec ses déferlantes
impressionnantes et inquiétantes.

23
– le passage a Mortagne sur Gironde. Pour la première
fois, on pose ZERO sur la vase. Faute de place dans
le port, de l’autre coté de l’écluse, on amarre ZERO
a un ponton qui assèche à marée basse.

24
– Les crêpes de Marc et Fanfan. Un bonheur que de les
déguster après les heures de travail.
25 – le Carénage à Port Médoc. Tout un poème. Ce
port, relativement récent est isolé de tout. Avis aux
propriétaires de bateau en mal de place de port, il
en reste à Port Médoc. Mais n’oubliez pas de tout
prévoir. Nourriture, matériel de bricolage,
équipements…. Il n’y a rien.

Un
seul Schipchandler mais peu équipé. En revanche
matériel de levage parfait et personnel pro.
Heureusement que nous avions les vélos. Pose de
l’antifouling réalisé : au grand damne de
Stéphane, ZERO a viré sa cuti. Ses dessous sont
passés du plus beau bleu ciel à un rose bonbon très
féminin !!! Et de s’apercevoir que la coque
était vraiment très sale, nous faisant perdre
probablement 1 nœuds.
Voila, sinon, dans les autres nouvelles, Pascal est
venu de Grenoble pour terminer quelques aménagements
de détails. Il est reparti avec le pouce dans la
boite a gant. Ce pouce est entré en contact avec ce
qu’on appelle sa defonceuse ( on ne rigole pas).
Juste 4 heures d’urgence ; J’ai aussi installé
un groupe électrogène, finalisé la pose du tangon,
mis ZERO en configuration chaud et soleil, débarqué
tout le matériel du froid ( ski, os de baleines, bois
de rennes, polaires, …..)
Maintenant vive les cocotiers.
Spitzberg
La terre est ronde,
nous, on est presque tout en haut . Et en fait, elle
n’est pas si grande que cela. J’ai croisé sur le port
de Tromsø, mes amies Annette et Guylaine, venues
faire une croisière de 15 jours dans les îles Lofoten
avec leur association de voile. Tromsø étant la
grande ville du Nord de la Norvège, port
d’avitaillement, nous avions de grandes chances de
nous y croiser. Lorsqu’elles ont reconnu ZERO,
j’étais en haut du mat, en train de changer le
capteur de l’anémomètre. Difficile de discuter avec
elles depuis 23 mètres de haut !!! Par
politesse, j’aurais pu redescendre, mais je n’avais
pas fini mon travail et j’ai eu pitié de mes
équipiers qui avaient avec peine, monté mon presque
quintal jusque là.
Mais au bout d’une heure,
travail fini, je suis redescendu pour aller boire
l’apéritif sur leur bateau amarré non loin.
C’est à Tromsø que nous avons fait les pleins, 600
litres d’eau, 1000 litres de fuel, bonjour
l’addition, et de nourriture : 20 kg de beurre,
24 de farine, 10 de sucre, 15 de patates, 90 kg (pas
d’erreur) de riz, 20 kg de pâtes (Angélo est a
bord !!!), 8 dz d’œufs, … plus plus plus tout le
reste.
La ligne de flottaison de ZERO en a pris un bon coup.
Mais nous devons absolument être autonome pendant 1
mois. Il n’y a rien au Spitzberg. Très certainement
une épicerie, mais de toute façon vu les prix
pratiqués en Norvège, on n’ose imaginer ce qu’ils
doivent être a Longyerbean, capitale de l’île (2 000
hab) car il faut rajouter le prix du transport depuis
le continent.
Apres cet épisode, petite navigation de 1 h30 pour
aller échouer ZERO sur sa plage préférée ;
Histoire de lui retirer tous les coquillages collés a
la coque. Il n’a plus d’antifouling depuis longtemps,
et devra attendre septembre et la France pour
recevoir une couche protectrice neuve. D’ici la,
heureusement aidé par les froides températures de
l’eau, il va falloir faire avec. Beachant autant que
possible et nécessaire. Nous l’avions fait il y a 2
mois, mais rapidement, ces sales bestioles se sont
amourachées de notre coque. Si nous ne les avions pas
ôté de la, nous aurions au moins perdu 1 nœud. Donc
12 heures de plage et vers 21 heure, à marée haute,
retour à la baille et départ : cap au nord.
Encore 8 heures de navigation entre les îles et nous
voila hors de l’abri des montagnes. ZERO retrouve la
houle et les vagues qu’il avait perdues depuis
presque 1 an. Soit, depuis que nous sommes arrivé en
Norvège, en Août 2009 et que nous naviguons entre les
îles, à l’abri et sur une mer plate.
Mercredi 7 Juillet La première nuit
a été agréable. Enfin, façon de parler, parce que,
pour mémoire, il n’y a pas de nuit ici. La navigation
a plutôt ressemblée à une traversée Hyères Calvi.
Pétole, calmasse, moteur, soleil. Seule la
température diffère un peu. Quoique pas froide,
environ 15 degrés dehors, nous ne quittons quand même
pas nos polaires. Autres données : 22° à
l’intérieur du bateau, et l’eau à 10°.
Autre différence, il n’y a pas beaucoup de bateau
dans les parages. Pour ne pas dire aucun.
Jeudi 8 Juillet au matin:
toujours en mer. L’île aux ours est devant à quelques
heures de mer. Le soleil nous a quitté. Le brouillard
l’a remplacé. Le vent l’a accompagné. La mer est
toujours calmée. Avec ZERO, un banc de dauphin s’est
amusé. Et à 2°, la température de l’eau a baissé.
Dans l’après midi, le vent qui nous avait gentiment
propulsé pendant une dizaine d’heures, s’en est allé.
Nouvelle calmasse. On réveille super Nanni (Diesel)
qui venait à peine de se refroidir. Son ronron
reprend de plus belle.
Parmi les nouveaux arrivants, Pascal a du mal à
s’amariner, malgré la mer somme toute assez calme, il
est barbouillé et reste allongé. Il sort de sa grotte
de temps en temps pour constater que le mal est
toujours là. Pierre s’entraîne à la confection du
pain.
Le soir, on arrive à l’île aux ours, petite île
déserte de 20 kms sur 10 entre la Norvège et le
Spitzberg. Toute pelée, sombre, lugubre, dans le
brouillard. Brrrr. Pas gaie. D’autant qu’on a mouillé
au pied d’une ancienne mine de charbon désaffectée et
je dirai même, maintenant délabrée. Sinistre. Il y a,
parait-il, une base météo polonaise quelque-part sur
la cote nord. J’espère pour eux qu’ils ont une bonne
dose de vodka. J’imagine l’hiver ici …..Faut vraiment
être en rupture avec la société pour venir se perdre
dans ces coins.
Vendredi 9 juillet : la
température de l’eau a bien chutée. 5 °. Nous
croisons maintenant plein de bateau de pêche. A
l’écran, un véritable champ de mine. Leurs mouvements
suivis à l’AIS* montrent un étrange ballet. 3 par 3,
ils naviguent, semblant ratisser un endroit, puis se
rassemblent et se mettent à faire des ronds dans
l’eau. Comme nous venons de croiser une grande
quantité de baleines, nous en soupçonnons la chasse.
Possible, car elle est autorisée en Norvège et nous
sommes en pleine saison. Avec la disparition du
soleil, la température à l’intérieur est descendue à
14°.
Samedi 10 juillet : du vent,
nous permettant de bien avancer. Sinon, RAS, la
température de l’eau est maintenant à 3°. S’agit pas
de tomber !! On a perdu le courant du gulf
stream pour récupérer un courant froid venant du Nord
Est.
Dimanche 11 juillet : le vent
est retombé. Un Grib* récupéré avec l’iridium nous en
prévoit pour l’après midi, mais nous serons peut être
déjà arrivé. Nouvelle flottille de pêche. Même
ballet.
16 h00 : depuis 10 h00, ce matin, nous logeons
la cote ouest du spitzberg. Elle est à environ 4
milles sur notre droite. Et alors, c’est beau ?
Ben, on n’en sait rien, car on est depuis ce matin
dans une purée de pois terrible. A ne pas voir sa
main. Navigation au radar, et au GPS. Le nez sur
l’écran radar, on imagine ce qu’on pense être des
bancs de glaçons. On les évite soigneusement, sans
être certain de ne pas avoir contourné une averse.
L’eau est maintenant à 1°C !!!!!! Dehors,
il fait 5 et dans le bateau (sans chauffage) :
15 !!.
17 h00 : on se rapproche de la cote. Et soudain,
dans le brouillard, on aperçoit des brisants, puis un
rocher à 200 mètres. On se rapproche encore. On se
guide avec le GPS et le radar. On enroule la pointe
et le génois, et on pénètre dans une sorte de lagon.
Comme par enchantement, le brouillard se lève, ce qui
permet de découvrir au loin, 3 énormes glaciers qui
se jettent dans la mer.
Magique. Nous sommes par 77° 04N 14°55E
17 h15 : la pioche est dans l’eau et le
brouillard se referme sur nous !!!! Mise en
route du chauffage, la température monte rapidement à
23°.
lundi 12 juillet : réveil un
peu tardif suite a un dîner bien copieux qui fêtait
notre arrivée ici : confit de canard, pomme de
terre sautées. Et vin rouge (1 verre chacun).
Donc, réveil vers 8 h30 pour certain, vers 11 h00
pour d’autres. De toute façon, il n’y a rien à faire,
le brouillard nous enveloppe toujours.
Enfin, vers 14 H00 ; le vent tombe, s’inverse et
la visibilité revient. Puis le soleil aussi.
On relève l’ancre et sans vent, au moteur, nous nous
rapprochons des glaciers aperçus la veille. Des
glaçons s’en détachent et nous zigzaguons afin de
ménager la coque et l’hélice de ZERO. On navigue dans
une zone non répertoriée sur la carte. Elle date de
1960 et là ou nous sommes maintenant, il y avait à
cette époque le glacier. Il a au moins reculé de 600
mètres, a tel point, que notre trace sur l’ordinateur
nous place sur la terre ! On avance lentement,
un oeil sur le sondeur, l’autre sur la mer. Le soir,
on s’éloigne un peu et on va dans un mouillage isolé.
Je suis réveillé au milieu de la nuit par un choc
sourd. Je saute comme un ressort de ma couchette.
Pendant que je traverse le carré et m’apprête à
sortir, j’imagine que l’ancre a décroché et que nous
sommes sur les cailloux. Pourtant il ne semble pas y
avoir de vent fort. Bon. Je reconnecte mes neurones
et commence à imaginer la manœuvre de déséchouage.
Arrivé sur le pont, à poil (merde ça caille) je
m’attend à voir, en levant la tête, à 20 mètres au
dessus de moi les hautes collines de l’île qui
étaient sous notre vent au couché. Mais je constate
que nous sommes toujours au même endroit mais pas
dans la même direction. ZERO n’a pas bougé, seul le
vent a tourné. Alors, je ne comprends pas. C’était
quoi ce choc ? J’ai rêvé ? D’ailleurs, les
autres ne semblent pas bouger en bas comme en
témoigne les ronflements qu’on pourrait imaginer
venant d’un moteur proche ou d’un ours en phase
d’hibernation. J’écarquille les yeux, regarde dans
l’eau et je comprends. Le vent qui a tourné, rabat
maintenant sur nous tous les glaçons échappés du
glacier. Il y en a partout, des petits et des gros.
Pas encore de la taille d’iceberg, mais suffisant
pour abîmer nos safrans. J’en vois un assez gros
juste derrière nous, c’est lui le coupable. Sûrement
plusieurs tonnes. 2 heures du matin, plein jour. Que
dois je faire ? Les autres semblent dormir
encore ou font comme si. Je reste encore un moment,
pour observer le déplacement des glaçons, la réaction
de la coque, pour finalement conclure que les
safrans, même en cas de chocs devraient résister, ou
du moins échapper aux chocs. Le bateau tirera un peu
plus sur son ancre, c’est tout. Je les regarde et
vérifie de visu la règle : 1/7 hors de l’eau,
6/7 immergé. Et bien, c’est impressionnant. Le reste
de la nuit s’est déroulée en pointillé
Le soir, Pascal, Pierre et Angelo aperçoivent ce
qu’ils pensent être un ours. A 500 mètres sur une
crête, juste le temps de l’apercevoir et il
disparaît.
Mardi 13 juillet
Navigation, on change de mouillage.
Mercredi 14 Juillet

On est maintenant dans un nouveau mouillage dans la
baie de la Calypso. Non loin d’une base scientifique
polonaise. ZERO est mouillé au pied d’un glacier.
Nous passons la journée à diverses activités :
- Débarquement, nous
foulons la terre que nous avons quittée depuis 8
jours. Ca fait du bien.
- Leçon de tir à la
carabine, en effet, le gouverneur du Spitzberg oblige
les visiteurs à s’équiper d’un fusil. Permis de
chasse obligatoire pour se protéger des ours. Angelo
et Pascal nous expliquent le maniement du pétard,
capable de tuer à 5000 m. une véritable arme de
guerre. A terre, elle ne doit pas nous quitter. Nous
l’avons louée a Tromsø.
- Balade jusqu'à la base scientifique. Bien
qu’habitée (du linge sèche à un fil), nous ne
croisons personne. Peut être sont ils en promenade …
Croisé des reines. Ramassé leurs bois.
- Longue marche de 3 heures
- Séchage du bateau sous un grand soleil
Jeudi 15
Juillet
Nouveau mouillage, encore au pied d’un glacier. Nos 1
er phoques.
Vendredi 16 Juillet
Depuis quelques jours nous sommes totalement décalés.
L’absence de nuit nous perturbe. Petit déjeuner a
11h, lunch vers 16 h, et dîner vers 23 h…. En ce
matin du 16 juillet, j’émerge tout de même vers 8h30,
le dernier se lève vers 10h30. 11 h30 départ vers
Longyerbean, je suis a la barre. Un peu las de
l’attente, je n’étudie pas bien la carte, enroule un
peu trop une pointe, me guide au sondeur. Et puis
d’un coup, paf, planté. J’avais longé un petit
iceberg, j’imagine un moment être posé sur lui. Pas
du tout, on est sur le gravier …. Le sondeur n’est
pas fiable dans cette eau trouble. Alors que nous
sommes posé sur le fond, il indique encore 7
mètres !!!! Mais sur la carte, nous sommes bien
sur un haut fond.
Plusieurs tentatives n’y feront rien, tirer une
drisse avec l’annexe, marche arrière a fond… Ne reste
plus qu’à attendre que la marée remonte. 2 heures
après, on est libéré. Cap sur Longyerbyen. A fond la
caisse, entre 9 et 12 nœuds. Un bon vent enfin là, de
¾ arrière.
Grib :
fichier météo que l’on peut intégrer sur la
cartographie.
AIS : sorte de donnée que les gros bateaux
envoient en permanence. Nom, position, vitesse ….
Nous les recouperons sur la cartographie, et pouvons
les suivre a l’écran. Sécurité.

La cuisine a bord La cuisine a bord.
La cuisine a
bord.
Voila un sujet
intéressant et passionnant pour les français que nous
sommes. Que, et comment mangeons nous a bord. ?
Tout d’abord, nos équipements. Nous possédons 2
réchauds sur cardans qui permettent de cuisiner alors
que le bateau est gîté. Un four, mais utilisable à
plat uniquement. Notre batterie de cuisine est
complète, 2 poêles, 3 casseroles, 1 fait-tout, et la
cocotte minute qui est pratiquement la plus utilisée.
2 éviers bacs, eau chaude et froide sous pression,
eau de mer et eau froide par une pompe a pied. Les
pompes a pieds sont bien utiles car elles permettent
d’économiser l’eau et l’énergie. L’apport d’eau de
mer permet aussi d’économiser l’eau potable. Nos 2
réservoirs d’eau douce contiennent 600 litres en
tout, ce qui, si l’on est raisonnable nous permet de
tenir plus de 1 mois.
Une poubelle sous l’évier qui ne sert que pour les
choses non biodégradable qui, elles, sont jetées à la
mer. Pas d’autre tri sélectif a bord ….
La vaisselle est faite à l’eau de mer et rincée à
l’eau douce. Le frigo n’est pas en route en ce
moment, tout ce qui doit être conservé au froid se
trouve, dans des bacs dans la soute, ou il fait en
moyenne 6 ° à 10°, soit la température de la mer.

Sinon, pour manger, tout dépend de notre situation.
En mer, en navigation,
* le midi, on grignote. Saucisson, pâté, tomates,
sild, (hareng sucré), Kaviar mix (sorte de tarama en
tube), parfois les restes de la veille, fromage,
fruit. Le tout est mis dans une caissette en
plastique et amené dans le cockpit avec couverts et
parfois des bols.
* Le soir, soupes chinoises et même chose que le
midi. Eventuellement des plats rapides (purée
mousline, boite de conserve). Il est rare que nous
nous fassions un vrai repas cuisiné en mer.
* A longueur de journée en mer, on boit du thé. Le
café donne le mal de mer, on évite.
* La nuit : on a en permanence à disposition des
fruits secs, des bonbons, smarties, mars et autre
confiseries pour les gens de quart.
Le soir, au mouillage ou au port, on a plus de temps
et de possibilité et, on peut laisser libre court à
notre imagination. Les soutes du bord recèlent de
réserves importantes gérées à l’aide d’un fichier
excel. On y trouve pratiquement tout : de la
purée en flocons à l’huile d’olive, vinaigre, pâté,
conserves diverses et variées, farine, ….. Environ
300 kgs de nourriture a l’avant. Ce sont les grosses
réserves. Comme c’est moi qui gère ce stock, je ne
dévoilerai pas quelques trésors (du vin ? du
confit de canard ?). Tout ceci est agrémenté de
produits frais trouvés en Norvège. Des fruits et
légumes, vendu au prix de l’or, des saucisses du
genre francfort, des cotes de porcs, du poulet ….

Parmi les plats concoctés à bord le soir, on a pu
savourer des crumbles ( Myriam), des tartes aux
pommes ( Manu et Nathan), une potée au chou ( Bruno),
de la brandade de morue ( moi), un curry de poulet (
Christophe) , et meme un gate&au au chocolat
( Catherine)……
Quand on a le temps, on fait du pain.

Et évidemment, les fruits de notre pèche et de notre
cueillette. Des moules, et depuis notre retour mi
mars, nous avons à plusieurs reprises posé le filet
avec des résultats plus ou moins glorieux. 2 fois pas
grand-chose, et 2 fois entre 6 et 8 kg de poissons.
Surtout des sardines, énormes, environ 300 gr
chacune. Celles-ci ne seraient sûrement pas entrées
dans une boite de conserve. Des lieux noirs, des
harengs, Des morues en pagaille , mais péchées a la
ligne. Et 1 gros dormeur. J’ai aussi hâte que la
température remonte pour aller à la cueillette au
champignon. J’ai encore en mémoire la période de
septembre ou en 2 heures on ramassait 5 kilos de
girolles.
Compte tenu des restrictions en Norvège, nous avons
instauré une taxe de bienvenu a bord. Chaque nouvelle
personne embarquée a bord doit amener de France, soit
3 litres de vin, soit 1 litre d’alcool. Cela nous
permet de gérer un stock assez faible, compte tenu de
notre consommation, qui, de fait se trouve être
raisonnable. ……
Parlons de la cuisine norvégienne. Pas terrible. Pour
tout vous dire, quand on va au supermarché du coin,
on ne sait pas quoi prendre. Rien de très alléchant.
Beaucoup de produit manufacturé. Beaucoup de
surgelés. Honnêtement, seul les harengs préparés avec
différentes sauces plutôt sucrés, et le mix ont
trouvé grâce à nos palais. Parait il, on en trouve
chez IKEA en France. Les fruits et légumes sont
insipides et ont du être cultivés sous des serres à
Oslo. La viande et le poisson est souvent préparé
haché, en boulettes, souvent sans goût … … a croire
que seul les protéines des aliments intéressent les
norvégiens.
Oublions les restaurants, le seul steak frite est à
30 euros.

Tromsø - Fet Nat
Ce billet là sera
essentiellement visuel. Vous comprendrez pourquoi.
Lundi 17 Mai 2010. Jour
férié en Norvège pour cause de fête nationale :
leur 14 juillet à eux depuis la déclaration de
l’indépendance du pays vis-à-vis de la Suède en 1814.
Ce jour, la, est exceptionnelle. A double titre car
outre la fête commémorative, c’est aussi l’arrivée
des beaux jours, la fin de l’hiver, et même le début
du soleil de minuit à Tromsoe.
Les rues se remplissent à partir de 9h00 du matin.
D’habitude si tranquille, la ville est investit par
ses habitants qui descendent dans les rues, se
retrouvent, s’embrassent, discutent, se promènent. La
Storgatta, la rue principale ressemble alors aux
Champs Elysées un soir de 12 Juillet 1998. La fête
commence réellement vers 11h00 avec les défilés des
écoles de la ville. De la maternelle jusqu’au bac,
les enfants défilent, parfois accompagnés de leur
parents derrière le drapeau de leur classe. Puis
viennent les fanfares et dans l’après midi, ce sont
les étudiants qui célèbrent la presque fin de l’année
scolaire. Enfin en soirée, les associations de la
ville : depuis les pompiers locaux, jusqu’au
club de judo, en passant par la SNCM locale, et les
clubs de danse. A ce propos, Catherine et André, qui
nous avaient gratifiés d’une première avec un
somptueux rock dans le cockpit de Zéro lors d’une
soirée un peu trop festive n’auraient pas dépareillé
au milieu des danseurs de rue.
En tout cas, quel contraste avec note défilé
(militaire) a nous. Joyeux et festif, il est réservé
aux enfants qui avalent a longueur de journée des
barbes à papa et des saucisses.
Avec le retour du soleil, c’est une petite re
naissance après un long et dur hiver.
Ce jour là, aucune tenue vestimentaire n’est
anecdotique. Et on distingue 3 grandes
catégories : Les tenues traditionnelles, portées
par les petits et les grands, les hommes et les
femmes, les jeunes et les moins jeunes. On voit
aussi, bien sur, les tenues du dimanche : robe
longue, costar cravate et enfin, la 3 eme catégorie,
la plus …., la plus ….. Comment dire, …. enfin, la
possibilité pour eux (elles) de ressortir les tenues
estivales. Et la, c’est chaud…… Bref, comme le dirait
Hervé, on se demande a quoi elles pensent le matin en
s’habillant. !!!!! Certes la Norvège est le pays
des Troll, mais il y a aussi de jolie Norvégienne, et
quelques beaux spécimens de vikings pour les dames.
En tout cas, tous portent les couleurs de la Norvège.
Que ce soit sous forme de cocarde, de drapeau ou de
cravate… le drapeau national est omni présent sur les
tenues vestimentaires.
Tromsø
Mon dernier billet
semble avoir provoqué quelques réactions et
inquiétudes parmi les destinataires. Je rassure tout
le monde, tout s’est bien terminé. Le coup de vent
est passé et depuis le vent s’est grandement assagit.
Depuis cette date, qu’avons nous fait ?
Tout d’abord nous avons
retrouvé nos amis Fred, Fredo et leur fille Coralie.
Apres avoir passé l’hiver amarré a un ponton, non
loin de Tromso, ils préparent maintenant Fredoya a
une navigation qui les emmènera début Juillet en
Islande puis au Groenland, avant un retour dans les
mers chaudes des canaries, du cap vert et des
antilles. Nos routes se croiseront peut être encore.
Nous y avons à cette occasion ‘’beaché’’.
C'est-à-dire que nous avons volontairement échoué
ZERO sur la plage : Ignorant le vieux dicton
marin qui dit que ‘’ quand les mouettes ont pieds, il
est tant de virer, ‘’. La marée descendante nous a
alors permis de nettoyer sa coque pleine de saleté,
de vérifier les anodes, l’hélice…..
![beachage et rando fredoya (8) [800x600]](ZERO_Phil_Tromso_01.jpg)
A ce sujet, si un jour, on m’avait dit que je ferai
un carenage, beaché sur une plage de Norvège, sous la
neige, bien sur, je ne l’aurai pas cru. Les Fredoya
nous avaient indiqué la position exacte ou ils
avaient l’habitude de le faire. Dans l’alignement
d’un bout de bois et de 2 arbres. Le moment donné, en
tenant compte de la marée, cap est mis droit sur la
plage, visant un piquet planté dans le sol.
Malheureusement, nous nous sommes trompé de bout de
bois, la neige ayant recouvert le bon. Le sol n’avait
pas été préparé, c'est-à-dire débarrassé de ses plus
gros cailloux, ZERO et ses habitants ont alors passé
quelques heures avec une gîte prononcée. La mer
remontante nous a libérée vers 3 h00 du matin de
cette position plutôt inconfortable et quelque peu
scabreuse.
Puis quelques jours passés a Tromso. Ville étudiante,
tout de même très nord et donc bien fraîche. Nous y
avons retrouvé la tradition scandinave qui veut que
les vendredis et samedis soirs soient consacrés à des
beuveries incroyables. Passés 22 h00, les rues se
remplissent de groupes de jeunes et de moins jeunes,
totalement ivres. Ils passent ainsi de bars en bars,
n’y restant que quelques minutes, le temps de boire,
je ne sais quel alcool enivrant.
Drôle de réveil en perspective. Et effectivement, les
dimanches matins, les rues sont désertes.
Depuis maintenant quelques temps, il n’y a plus a
proprement parlé de nuit. Le soleil se couche, vers
23 h00, et se lève vers 2 heures, mais la nuit ne
vient jamais, laissant la place à un crépuscule puis
à une aube permettant largement de voir clair. La
météo est agréable. Le mauvais temps fait exception,
laissant place à un beau et grand soleil quasi
permanent. Les températures s’élèvent également. Pas
loin de 15°. D’ailleurs, la verdure commence à faire
son apparition.
Lors des 2 semaines suivantes, nous avons mouillé
dans 2 types de lieux bien différents. De larges
baies relativement habitées (en tout cas suffisamment
pour y pirater une liaison wifi), aux pieds de
grandes montagnes enneigées qui permettent la
pratique du ski de randonnée. Ainsi Dom et Christophe
ont pu gravir quelques montagnes locales. Tout ceci
au détour de larges fjords.
La seconde semaine nous a vu rechercher les
mouillages bien plus isolés, au milieu d’un
cafouillis d’îles désertes, coupés du monde, sans
wifi ni connexion téléphone. Enfin seul dirait on …
Nous sommes en ce moment à la position exacte 70°05
38 N et 018°55 12 E. Abrité de la mer et du vent par
plein de petits îlots. Lors d’une balade, et alors
que la neige fond maintenant rapidement, nous y avons
croisé nos premiers rennes. Les lieux sont déserts.
Juste 3 maisons inoccupées pour le moment. Pas de
route, l’accès est uniquement maritime. Tranquillité
et sérénité.
Nous commençons à bien connaître les lieux. Certaines
îles sont peuplées de colonies d’oiseaux. D’autres de
rennes. Ici, il y a des moules, là des morues faciles
a pêcher … Nous attendons avec impatience nos
premiers élans.

D’ailleurs, ce soir repas de moules et Demain,
morues.
Lofoten
Depuis quelques jours
nous sommes dans un environnement étonnant. Nous nous
y attendions, mais la surprise est tout de même
réelle. Nous sommes aux Lofoten, lieux mythiques.
Mais revenons en arrière :
Nous avons quitté Bodoe ou nous avons débarqué les
furieux de la montagne, et récupéré Damien, notre ami
médecin, Français et marié a Ina, Norvégienne. Ils
habitent Bergen depuis 20 ans. Nous les avions
rencontré en Septembre et avions gardé contact.
Damien est passionné de montagne et de randonnée et
n’a pas pu résister à l’appel des Lofoten. Le volcan
islandais ayant quelque peu perturbé notre planning,
il a fallu improviser un nouvel itinéraire. Au gré de
nos navigations, nous avons ainsi retrouvé tout à
fait par hasard, IMRAM, l’ancien bateau de Peter,
l’architecte de ZERO, un intégral 43. Aux mains d’une
famille de Chambéry, nous les avons retrouvé à Bodoe
en vacances pour Paques. Nous y avons aussi croisé
Marc, un français, navigateur solitaire sur son
bateau partiellement ‘’ home made’’, un Mercator 105
. Marc (http://volumondu.over-blog.com
) a passé tout l’hiver entre Tromso et les Lofoten.
Nuit polaire et froid au programme : Chapeau.
Bodoe n’est pas très
beau. Village de 20 000 habitants, il me fait
penser à ces villes de l’ex union soviétique, grise,
pas très gaie, aux larges avenues un peu terreuses,
de la neige sur les bords. Rappel : la ville a
été rasée par l’aviation allemande durant la guerre
de 45. Seuls véritables intérêts, la possibilité de
faire un avitaillement complet et la présence du
musée de l’air.
Apres Bodoe, ce fut, la petite traversée de 40 miles
pour les Lofoten. Il est difficile de raconter les
Lofoten, il faut les voir ; c’est un peu les
alpes dans la mer. Blottis au pied des montagnes
entièrement enneigées, des petits ports de pêche aux
maisons chatoyantes, protégés comme toujours pas des
îles a foison.
Nous sommes en ce moment dans cette région.
L’occasion de faire de nouvelles randonnées a ski
mais aussi de visiter une usine de traitement de
poisson : salage et séchage.
![P1000498 [800x600]](ZERO_Phil_Lofoten_04.jpg)
L’ambiance est toute particulière : Pleine de
sérénité et de calme. La nature est sauvage, la mer
difficile. En apparence, les gens sont rudes, comme
leurs îles, mais une fois le contact établis, ils
s’avèrent être très accueillants, ouverts et
disponibles. L’autre jour, alors que ZERO se
balançait tranquillement sur son ancre, et alors, que
nous débarquions de l’annexe, ski, sac a dos,
chaussures de randonnées au pied, nous avons croisé
un vieux monsieur Norvégien. Damien a rapidement
établit le contact et 5 minutes après le monsieur se
proposait de nous déposer avec sa voiture aux pieds
de la montagne, nous épargnant une longue marche
d’approche. Le soir, au retour de la balade, il nous
attendait pour nous inviter à partager chez lui des
gaufres et du thé. Nous sommes repartis 3 heures plus
tard avec sous le bras une morue séchée et une énorme
truite de mer qu’il avait péchée peu de temps
auparavant.
Ici la pêche est impressionnante. Je ne vais pas
parler des innombrables coquilles Saint-Jacques vides
que nous voyons sur les plages. Elles prouvent que
quelques mètres plus loin, mais par 10 mètres d’eau,
il doit y en avoir de succulentes. Mais qui voudra
plonger pour aller les ramasser, avec cette eau à
5°C ? Non, je veux parler des morues. Comme le
dirait mon copain Didier, les morues sont aux
Lofoten, ce que la blanquette est à Limoux. La pêche
ici : Trop facile ; On jette le fil, il
arrive au fond, on remonte de 20 cm. On attend 5
secondes maximum et hop une touche, on remonte une
morue de 1,2 kgs environ. On recommence et en 10
minutes, c’est 5 a 6 morues que nous préparons en
brandade, au four ou a la poele .
![P1000523 [800x600]](ZERO_Phil_Lofoten_07.jpg)
Pour la 3 eme fois depuis notre départ de Bergen le
15 mars, Zero a fait l’objet d’un article dans le
journal local. Certes, il ne se passe probablement
pas grand-chose dans ces contrés et ZERO est un
bateau atypique, alors, nous répondons avec plaisir
aux journalistes venus nous interviewer.
Nous sommes en ce moment au mouillage, bien abrité,
nous laissons passer un vilain coup de vent qui
combiné avec la température de 2 degré rendrait la
navigation vraiment pénible. Nous pensons pouvoir
rejoindre en 2 jours Tromsoe ou se trouve le bateau
de nos amis Fredoya.
![P1000566 [800x600]](ZERO_Phil_Lofoten_09.jpg)
Je reprends ce message alors que 3 jours viennent de
passer. Nous avons effectivement attendu que le
vilain coup de vent passe. Puis nous avons repris la
mer avec une météo annonçant 25 nœuds. De bonnes
conditions qui devaient nous permettre de naviguer
rapidement. Apres être sortie en mer, le vent est
monté a 35 nœuds. Sous 3 ris et trinquette
partiellement enroulée, je me suis retrouvé à la
barre avec un vent montant jusqu'à 50 nœuds. Ambiance
… A ce moment, alors que la rafale couchait le
bateau, je me suis demandé jusqu’ou cela allait
monter. J’ai senti et vu le vent arriver, j’avais
anticipé, changeant le cap en conséquence, mais je ne
savais pas jusqu’où la rafale allait monter.
Christophe, alors a l’intérieur, s’est précipité
dehors et a vu ma mine réjouit. Le bateau a bien
répondu, a accéléré dans la rafale. A ce moment, la
mer était blanche. Le sourire aux lèvres, je n’ai pu
voir que l’anémomètre monter, monter, monter,
oubliant le regarder le speedo. Probablement 13 à 15
nœuds. On ne sait pas. Apres cette épisode mi
amusant, mi angoissant, on a mit le clignotant a
gauche et posé la pioche dans une crique abritée. Que
l’on pensait !! Déjà difficile de se réchauffer,
pardi, 2 degré dehors, de la neige qui vous cingle le
visage. Le chauffage peinait à faire monter la
température à des niveaux acceptables. Puis la nuit
difficile, avec des rafales encore a 40 nœuds. Dans
ces cas la, au fond de sa couette, on prie pour que
l’ancre tienne le coup. Les oreilles tendues, on
surveille le moindre bruit inhabituel qui trahirait
un décrochage de l’ancre. Tiens, ce clapotis, je ne
l’entendais pas tout a l’heure. Tiens, on ne penche
plus, tiens, ce truc la ne grince plus. Et pourquoi
le vent semble moins fort ? Et on se maudit de
ne pas savoir ce que veulent dire ces cy, 2 lettres
sur la carte qui nous renseigneraient sur la nature
du fond sur lequel repose l’ancre. Pas du sable,
repéré par un S (sand), pas de la vase ( M :
mud), pas des rochers ( R)… Que peuvent bien dire ce
cy ? Le lendemain, on découvre qu’il s’agit de
Clay, de l’argile. Impeccable. Le vent peut souffler
fort, l’ancre sera bien accrochée. En réalité seul
les rochers sont inquiétants, soit l’ancre glisse
dessus, soit elle se coince. Mais elle risque aussi
de se coincer définitivement. Et on l’aime bien notre
ancre. Alors, voici 2 jours que nous sommes la, sans
rien voir ou presque, dans une alternance de
brouillard, et de giboulées de neige qui bouchent la
vue. Pour sortir dehors, c’est habits de cosmonautes
obligés.
Dehors, ça brasse. Qu’ils sont loin ces 10 jours de
grand ciel bleu !!! Vivement demain.
3 premières
Depuis
quelques jours, nous réalisons de première en
première.
La
première première : envoie du spi. Notre
principale acquisition de cet hiver. Un beau spi
asymétrique. Avec son tangon de 7 mètres associé.
Nous avons profité d’un petit vent arrière de 10
nœuds, d’une mer calme et de l’eau à courir devant
pour envoyer le pépin. Comme nous ne possédons pas
encore tout l’accastillage nécessaire a son envoi,
nous avons un peu ‘’bricolé’’. Il manque en effet,
quelques poulies, remplacées par les taquets
d’amarrages. Manque également une écoute, remplacée
par 2 bouts mis bout à bout. Mais, avec si peu de
vent, ça a marché. Envoi de la chaussette,
déroulement de la chaussette et hop, 190 M² en l’air.
Avec 8 nœuds de vent, nous étions à 6 nœuds sur le
fond. Pas mal. Séquence passion.
![6 - sous spi (1) [800x600]](ZERO_Phil_Spi_01.jpg)
![6 - sous spi (7) [800x600]](ZERO_Phil_Spi_02.jpg)
![6 - sous spi (10) [800x600]](ZERO_Phil_Spi_03.jpg)
La
deuxième première : passage du cercle polaire.
Mais, pour tout vous dire, on n’a pas tout compris.
Nous étions à ce moment au milieu des îles longeant
la cote, sous spi encore, et mer plate. J’avais lu
dans un livre que le cercle polaire était par 66°34
N. Au bout d’un cap, on devine une sculpture
représentant une mappe monde. On lit le guide marine
du coin et on voit qu’il s’agit du passage du cercle
polaire. Mais nous étions par 66° 33 N. Donc un peu
tôt. Admettons ; Quelques milles plus loin, au
passage du cap suivant : nouvelle mappe monde
par 66°35N. Alors, on ne comprend plus. Peut être que
le cercle polaire est bien par 66° 34N mais est épais
de 2 milles ? Ce n’est pas une simple ligne
virtuelle ? .et au fait, c’est quoi le cercle
polaire ? Ne serait ce pas la limite de la
journée ou de la nuit permanente ? Quelqu’un
peut nous dire ? Séquence émotion

La
troisième première : j’explique : Comme
nous avons 2 copains, guides de hautes montagnes a
bord, venus faire du ski de randonnée en Norvège, on
avait repéré sur les cartes un bon compromis entre
les besoins des montagnards et les exigences du
marin. Depuis 10 jours, nous cherchons la
perle : de la neige assez bas pour éviter de
marcher pendant des kilomètres avant de chausser.
Nous avions ainsi remarqué que la neige était plus
présente loin des cotes, donc on avait des chances
d’en trouver en s’enfonçant dans les fjords, loin de
la mer ouverte. Il fallait aussi des montagnes avec
au minimum 1 000 mètres de denivellés, sinon, c’est
pas drôle. Et puis l’autre impératif, c’était le lieu
de mouillage. Comme déjà dit, en Norvège, il est
difficile de trouver des mouillages avec peu d’eau
(entre 5 et 18 mètres). Enfin, a force de lire,
cartes, topo guide, guide de navigation, et autre
revue spécialisée, on avait trouvé au fond d’un
fjord, au pied d’une montagne un coin pour poser la
pioche et débarquer les furieux. On s’engage, mais en
arrivant au fond du fjord, impossible d’aller plus
loin. Le pack. Enfin, j’exagère, de la glace. On a
mieux compris pourquoi, en entrant dans le fjord, on
avait vu quelques mouettes marcher sur l’eau. En
fait, elles étaient sur des glaçons. Tout cela pour
dire que nous avons fait goûter la glace a ZERO. Et
sa belle coque en aluminium a un peu grincée au
contact des glaçons. Séquence frisson.


Hjørundfjord
Samedi 27 Mars.
Apres une journée de navigation tranquille au moteur
et dans la brume, nous arrivons a Saebo , un
petit village au fond d’un fjord par 62.20 N et 6.47
W , connu pour ses lieux de randonnée. Nous arrivons
en milieu d’après midi ; on s’amarre à un ponton
de bois et il règne aussitôt sur le bateau une
activité intense. Les montagnes enneigés autour
provoquent des fourmis sous les pieds des 3 jeunes
venus faire du ski en Norvège. Ils ont de la TNT dans
les jambes et rapidement, les skis sont sortis de la
soute. Eux aussi s’ébrouent et semblent réclamer leur
dose d’altitude.
Les
peaux de phoques sont préparées, les arvas (appareil
de recherche des victimes d’avalanches) sont
contrôlés. Bref, me voila pris d’une angoisse
naissante. Je vais devoir y passer mais mon état de
forme et mes 95 kgs me laissent inquiet. Je vais
devoir les suivre, enfin essayer. D’autant que dans
son élan, Nathan remet en état les carres de mes ski,
plutôt rouillés après 3 ans d’inactivité. J’ai
pourtant tout essayé. Nathan, encore, découvre ses
ski ‘’ fusillés’’, une carre enfoncée. . Trop
heureux, je lui propose les miens.
-
« non, non, ils vont bien tenir encore quelques
jours ». Mince, Raté.
La
météo pour le lendemain n’est pas très
engageante : pluie. Le soir, barbecue de
sardines ( 300gr chacune ) sur le ponton. Voila une
ambiance portugaise par 4 degré de température.
Dimanche 28 Mars
Je
suis heureux, j’ai le bon prétexte pour ne pas y
aller : Il pleut. Nathan, Manu et Myriam se
lancent seuls dans une petite randonnée de remise en
route. 3 heures plus tard, les voila revenu, en
pleine forme après 500 mètres de dénivelés. La météo
pour demain est meilleure. Les cartes et autres
topoguides parlent, une vallée est repérée. Facile et
safe parait il. Bon, on verra bien.
Lundi
29 Mars
Réveil de bonne heure. 7 heure (avec le changement
d’heure). J’ouvre un œil, il neige. Super, voilà à
nouveau une bonne excuse. Mais la neige ne semble pas
freiner leurs ardeurs. Tout le monde s’agite dans le
bateau, christophe a décidé d’y aller aussi. Devant
l’insistance et la gentillesse de tous, je me sens
obligé. Il y a 10 cm de neige sur le bateau. Tout est
blanc autour de nous, sauf la mer et les dérives
oranges de ZERO. C’est beau, mais le temps est
bouché. Puis vient le moment incroyable :
Lunettes, gant de ski, chaussures de ski au pied, on
enjambe les filières du bateau. Gaffe de pas tomber,
l’eau est froide, 5 °, et chaussé de chaussure de
ski, je ne donne pas cher de la peau du plongeur.
10
minutes de taxi plus loin et 30 euros de moins en
poche, on est au départ de la piste. Sympa les
jeunes, ils m’ont attendus. Certes le début était
facile, pente légère mais permanente sur 500 mètres
de dénivelé en tout. Mais j’ai tout de même abandonné
après 1 heure 30 de montée, au bord de l’apoplexie.



Eux,
continuent, et je les attends près d’un chalet,
trempé, et épuisé, trop heureux de pouvoir souffler
un peu.
Le cœur à 180, la montée a été belle, à travers le
brouillard. Il m’a fallu un moment pour réaliser
qu’il s’agissait de la buée sur mes lunettes. En
transpiration, avec le froid, la buée est permanente
sur mes lunettes. Enfin, la redescente en 15 minutes
m’a laissé les cuisses en feu.


Va
falloir que je m’entraîne sévère.
Demain, a priori, grand soleil, mais il y a vraiment
trop de bricolage a faire sur le bateau
…..
Back in Bergen
BIB, Back in Bergen
Nous partîmes plein d’entrain un samedi 13 Mars à
midi de Lyon. Apres, 50 heures de route quasiment non
stop, nous retrouvons ZERO dans sa petite marina.
La
route fut longue et fatigante. En voiture pour cause
de gros volume à emmener a bord, nous sommes montés
avec 2 véhicules, 1 camping car et un van Volkswagen.
Pensez donc : 1 spi de 190 m², 1 parapente, 4
paires de ski, autant de chaussures de ski, 20 litres
de peinture pour le carénage, des pièces de
rechanges, et …. et …. 1 tangon de 7 mètres pour le
spi.
Expédition donc. La traversée de l’Allemagne fut sans
intérêt, celle du Danemark et de la suède invisible
pour cause de nuit. Seule la remontée de Oslo a
Bergen a été belle et intéressante. Nous avons ainsi
pu découvrir l’intérieur du pays.

ZERO
donc, nous attendait sagement, recouvert de 10 cm de
neige. Moment émouvant. Rapidement, nous avons
entrepris les premiers travaux afin de le rendre
vivable. Ranger la nourriture qui était sous l’air
chaud du chauffage pour en éviter le gel, idem pour
les produits chimiques. Remettre en place les
matelas…… dormir.



Le
lendemain, on attaque la longue liste des travaux
techniques : électricité, chauffage, moteur,
gréement, l’annexe, plein d’eau, purge des circuits
…. 4 jours plein à 4. Juste l’opportunité de rendre
visite à un ami Français, marié a une Norvégienne et
vivant à Bergen depuis 20 ans. L’occasion aussi de
déguster un saumon fumé, des harengs, et de
l’aquavit.
Coté
météo : du neuf. Nous vivons en ce moment le
changement de climat, le passage de l’hiver à
l’automne. Seule la température a changé en s’élevant
de 5 à 6 degrés, la neige s’est transformée en pluie.
Et c’est reparti comme en septembre. Pluie incessante
mais maintenant glaciale. Le moral reste bon, car
nous allons vers les beaux jours. Je pense que je
vais me faire sponsoriser par la ville de
Bergen : je m’explique. Aux dires des gens du
cru, depuis mon départ de Bergen fin septembre, la
ville n’a quasiment pas connu de pluie. A tel point,
que les habitants commençaient à devoir se rationner.
Je reviens, la pluie aussi.


Aujourd’hui
samedi, le bateau est quasiment prêt. Aucune mauvaise
surprise, je suis content de ma préparation à
l’hivernage. L’hiver a pourtant été dur mais sec. Le
thermomètre que j’avais laissé a indiqué une
température minimum de -25°C à l’extérieur et de +2 a
l’intérieur du bateau.
Nous avons retrouvé nos repères et attendons pour
demain l’arrivée d’amis venus faire du ski de
randonnée dans les montagnes de Norvège. Angelo et
son épouse, ainsi que Jean Jacques rentrent en France
avec les véhicules. Nous serons bientôt 5 à bord. Je
pense que compte tenu de mon état de forme et celle
des furieux qui arrivent, je vais rester à bord en
attendant que les fadas s’escagassent sur les pentes
neigeuses du coin.
Lundi, en route pour le nord, 120 milles pour arrivée
a Alesund, prochaine station de ski pour ZERO.
JJ et moi avons posé le filet ce soir, attendons
demain pour connaître le résultat.
Ce matin, 1 hareng et une sardine : maigre
butin.