Voyage de Zero - 2009

Norvège (Suite et fin)

Comme cela était prévu, mon retour sur terre s’est opéré il y a maintenant 15 jours. Retour en France je l’entends. Et ce pour la période hivernale. Je suis donc dans l’hexagone jusqu’à la mi-Mars environ. Pendant ce temps, Christophe va sillonner les terres d’Asie centrale et se consacrer à son association ‘’ le chant des piste’’ (http://lechantdespistes.org/) qui s’occupe entre autres de financer une école au Népal.

Les 3 dernières semaines sur ZERO ont été tranquilles. Sauf que globalement, depuis la mi août, la météo n’a pas été clémente. La grenouille était souvent de sortie. Et pour tout dire, Bergen fidèle à sa réputation : pluie, pluie et pluie. Sauf, …. sauf, lors de la présence de mes amis qui pendant 1 semaine, à la mi septembre, et pendant 10 jours, ont eu droit à un soleil parfois grandiose. Et quasiment pas de pluie. Il y en a qui ont de la chance. …..
Lors de leur présence, nous avons joué les robinsons. Péchant, cueillant des champignons. Nous avons fait un festin, de moules, praires, girolles, ceps, poissons et crabes. Alternant les mets et plats ….
Nous avons par nous même récoltés tout ces produits à l’exception des crabes qui nous ont été donnés par un pécheur. Quelques 15 gros dormeurs. A la réflexion, je pense que le pécheur en question était content que nous l’assistions dans le démêlage de son filet …. Nous avons bien mis 2 heures à 3 à démêler l’écheveau  !!!! la récompense était au bout . Lui s’est contenté d’une lotte et d’une sole.

Si vous possédez google earth, vous pourrez voir en cliquant sur ces liens les lieux de nos pêches et cueillette.

Voila, ZERO est maintenant en lieu sur a litlebergen (lien google .kmz). J’ai déroulé la longue liste de travaux à faire avant de le quitter. Du plus simple et rapide: tourner le robinet de gaz, au plus long : nettoyer le pont (2 jours) qui en avait bien besoin après 5 mois d’utilisation sans réelle précaution, en passant par le plus surprenant sur un bateau : retirer la cheminée. En parallèle de ces travaux, j’établissais la liste des choses que nous aurons à faire lors de nos retrouvailles. Entre 1 semaine et 15 jours de travail… sans compter les mauvaises surprises possibles. Je me suis souvent posé des questions, liés a la présence de gel ou pas. Devais je purger tout les circuits d’eau ? Apres m’être renseigné et malgré des avis partagés, je me suis fais la conviction que, en  présence du gulf stream, l’eau de la mer ne descendait pas en dessous de 6 degré. Donc tout ce qui était sous le niveau de la mer et sous les planchers était protégé du gel. Par contre tout ce qui était au dessus du niveau de l’eau et donc soumis au vent parfois très froid pouvait geler. J’ai donc posé 2 radiateurs chauffants, réglés en hors gel, et judicieusement placés. Les produits chimiques et la nourriture restante rassemblés au même endroit…. Me restait le grand coffre arrière, non isolé et à la fois sous et au dessus du niveau de l’eau. Quelle température va t il y faire ? Mystère. D’autant que j’y ai laissé le petit moteur de l’annexe.

Cessons ces considérations techniques. Mais pour vous dire que préparer le bateau n’a pas été simple !!!

Nous avons maintenant a peu près établi le programme de l’année 2010.
Avril : navigation depuis Bergen vers les Lofoten et ski au Lofoten
Mai : ski et navigation au Lofoten
Juin : je serai tout seul (Chris en France), donc libre ….. Ouvert a tous
Juillet – août : Spitzberg
Août – Déc. 2010: navigation (tranquille) entre la Norvège et le Cap Vert via la France.

Autres nouvelles :

1 – Nous cherchons un 3 eme partenaire pour notre projet. Christophe souhaite revendre une partie de ses parts dans le bateau. A tout hasard ….
2 – Je vais me consacrer à la recherche de sponsor … pour financer un spi, entre autre.
3 – Nous allons adhérer à l’association de l’architecte de ZERO. Pendant quelques temps, ZERO sera la base de vie de gens désireux de naviguer et skier dans ces lieux peu communs. 5 a 6 personnes en même temps pendant 2 à 3 semaines.
4 – Nous préparons certains articles qui paraîtront dans la presse spécialisée. ZERO intrigue et étonne beaucoup de monde. En collaboration avec l’archi, le gréeur, le chantier et l’aménageur, Loisirs Nautiques devrait parler de ZERO dans les mois prochains.

Voila, je vais cesser mes récits salés pour quelques temps ….
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Norvège (en solo)

Je crois que je vais réviser mon opinion sur la Norvège. A plusieurs reprises, je vous ai vanté les conditions météo. Pas franchement bonnes, mais pas non plus déplorables. Or, depuis 5 jours, il ne cesse de pleuvoir. Une pluie froide et pénétrante qui vous transperce le meilleur des gore tex. . Mais pire que tout, elle est incessante.
Je suis certain que la totalité des dépressions qui traversent l’atlantique en se gorgeant d’eau chaude du gulf stream se vident ici. Ils ont connus un mois de Mai et Juin superbes, sans une goutte d’eau pendant 8 semaines. On est en train d’équilibrer les statistiques.

J’ai du respect pour les Norvégiens locaux. Et surtout les Norvégiennes. Certes la plupart sont équipés de bottes et de parapluie. Mais il n’est pas rare d’en voir en ballerine, décolleté profond, quand nous ne sortons qu’équipé en playmobile, c'est-à-dire en cirés de la tête au pied. Quasiment en tenue de plongée.

Autre conséquence, tout aussi pénible, il règne dans le bateau une sale odeur. Nous revenons régulièrement de balade trempé, de la tête au pied, les vêtements sèchent un peu partout, et les chaussures aussi …… Je ne parle pas des chaussettes. !!!! Comme il est impossible d’ouvrir le moindre capot sans prendre une douche, c’est assez pénible. Il va falloir que je remédie à ce point avant l’arrivée de la famille Azemar.

Je dois vous parler de la Norvège. Je suis réellement étonné par le respect et la civilité de ces gens. Les maisons sont sans barrières, sans volets. Lorsqu’ils quittent leur maison de campagne, ils retirent leur drapeau national. Ce qui montre que la maison est vide. Pas de cambriolage !!!

Mais le plus étonnant est a venir. L’autre jour, nous avons pris le bus a la gare routière de bergen pour repérer un lieu d’hivernage pour ZERO. Au détour d’un pilier de béton, je vois au sol, une 20 aine de téléphones portables. Je m’approche, ils étaient tous branchés au secteur en cours de recharge. Personne pour les surveiller. Il était midi, leurs propriétaires devaient être au Mac do a coté. Situation impensable en France. J’imagine ….

Autre anecdote. Hier, je me promenais seul dans Bergen. Au détour d’une rue, je vois ce qui ressemble à un cinéma. Comme il pleuvait (tiens encore), je me suis dis que j’allais m’y abriter quelques temps. Surprise, en fait il s’agissait d’une sorte de cité des sciences réservée aux enfants. J’entre et commence à regarder toutes les expériences, et les enfants avec. Content, les explications étaient en Norvégiens et en anglais. Je m’émerveille que ce genre d’endroit si intelligemment fait soit gratuit, en libre service avec des enfants qui ne se battent pas pour jouer. Quel sens de la culture et de l’instruction. !! J’y suis bien resté 2 heures. Ce matin, en lisant le guide sur Bergen, je m’aperçois que ce site est bien connu et répertorié. Et que l’entrée est de 135 NOK ( 15 euros !!!!) pour les adultes . En réfléchissant, je réalise maintenant que je suis passé dans une sorte de sas sans personne pour contrôler quoi que ce soit. Personne ne m’a rien demandé. Et je revois maintenant la longue file des gens prenant leur billet. J’avais imaginé un stand de Pop Corn pour le cinéma. Pourrions nous imaginer cela en France ?

Bon, nous avons trouvé le lieu de repos pour ZERO. Une petite marina ou il passera l’hiver bien au chaud. Enfin, façon de parler. Liltebergen par : 60°32'23.62"N et 5°14'33.16"E

Jeudi 3 septembre 09

2 bonnes nouvelles aujourd’hui.
- 1 - il fait beau. Un grand soleil sans nuage. Le ciel a été lessivé. Pourvu que ça dure.
- 2 - on a trouvé l’origine de la sale odeur. 1 paire de chaussette de Christophe égaré dans un coin du bateau. Malgré 2 lavages intensifs, elles sentaient encore sur leur fil de séchage. Bon, et puis avec ce soleil revenu, on peut tout ouvrir et ventiler. Ahhhhh. Qu c’est bon.

Mardi 8 septembre :

Christophe est parti le 7 septembre, j’ai des amis qui viennent du 11 au 21. Il me restera 1 semaine pour le préparer à l’hibernation. La liste est longue … il faut protéger tout ce qui doit l’être du gel. Il y aura bien un chauffage électrique dans le bateau, mais je ne sais pas jusqu'à quelle température cela peut descendre dans le coin.
Vider les réservoirs, purger les circuits, regrouper la bouffe près du chauffage, ouvrir les coffres, les coussins, fermer gaz , eau …. Ranger l’annexe et son moteur, … Allez, 1 semaine de travail.
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Norvège (Suite)

Nous continuons de flâner de mouillage en mouillage au milieu des fjords et des îles Norvégiennes. Les déplacements se font toujours au moteur, parfois assisté du génois. Au milieu des collines et des montagnes, il n’y a pas de vent. Quand il y en a un peu, le jeu du rase caillou, les passes étroites, nous interdisent de mettre les voiles. Trop étroit, trop sinueux, trop près des cotes, vent trop variable, trop dangereux, …. De temps en temps, lors de la traversée d’un grand fjord, on déroule le génois, pour 1 heure ou 2. Maxi.


Les mouillages sont splendides. Mais ils exigent de nous une grande préparation à la table à carte pour détecter les bons endroits. Plusieurs raisons à cela.

1 – la nature des fonds, et surtout, l’importance des fonds. Comme je l’ai dis dans le précèdent mail, les fonds sont vites importants en Norvège.  Il est rare de trouver l’endroit idéal avec 5 à 10 mètres d’eau sous la quille. Quelques fois, on essaie, on jette l’ancre, on déroule la chaîne, et on s’aperçoit qu’on recule à 5 mètres des roches ….Alors, on renonce.
- ‘’ je le sens pas celui la’’
- ‘’Moi, non plus, on essaie le suivant ?’’
- ‘’OK’’


On remonte et on va voir ailleurs. Vive le guindeau électrique.


2 – Les passes sont parfois, pour ne pas dire souvent, traversées par des ponts (17 000 en tout en Norvège) ou par des lignes haute tension. Les hauteurs libres (vertical clearance sur les cartes) sont bien indiquées sur nos cartes. Mais il ne s’agit pas d’en oublier une. !!!!

Nous avons passé un week-end entier à Bergen. Cela faisait la 2ième fois que nous abordions ce port. Surprise, la première fois, nous étions quasiment seul. Cette fois ci, le port était bondé. Que se passe t il ?
Le code de la route Norvégien est draconien. 0° d’alcool dans le sang pour conduire. Autant dire, que, si vous prenez le volant après avoir mangé un fruit un peu trop mûr, vous vous retrouvez au poste avec 50 000 NOK d’amende !!! Alors, les locaux ont trouvé la parade. Le week-end, ils arrivent tous en bateaux à moteur, font la fête à Bergen et plutôt que de risquer un retrait de permis, dorment sur leur bateau avant de repartir le lendemain…. Il faut dire que le bateau est indispensable ici. En France, les familles ont une deuxième voiture, ici, ils ont un bateau, souvent en 1ier, et parfois en second moyen de locomotion.
A propos, je ne sais pas où ils trouvent l’alcool de leurs fêtes !!!!

Météo : variable, Nous avons connu à Bergen nos premiers 2 jours de pluie consécutifs et incessantes. Pas cool. Surtout qu’elle est fraîche et quand il pleut ici, ça ne fait pas semblant. Hier en revanche, la journée a été splendide. Du soleil, à se faire bronzer sur le pont.

Mercredi 19 Août.

Les amis, la pêche, c’est un métier …. Et c’est un amateur comme moi qui vous le dit. Les événements de ce matin le prouvent.
Cela faisait plusieurs fois que nos différentes rencontres parlaient de filets posés le soir dans les mouillages et relevés le matin. Bon, … Aussi, avions nous récupéré un vieux filet abandonné traînant sur un quai à Lerwick (Shetlands). Après plusieurs tentatives infructueuses, nous l’avions laissé à notre tour sur un quai de Bergen. Puis, une conversation un peu plus fertile avec un autochtone m’a convaincu. Il fallait que j’investisse dans un filet moderne les 700 NOK soit 80 euros tout de même. Hier midi, tout heureux avec mon nouveau jouet (comme le dit Christophe), nous partons Marie et moi poser le dit filet. Il nous a bien fallu 1 heure pour repérer l’endroit, le positionner, fixer la bouée, tout vérifier …. 23 heures après, ce matin donc, relevage du filet, Marie et moi. Suspense …..

1 maquereau, 2 maquereaux, 1 hareng, 2 harengs, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10…. Total : 7 maquereaux, 3 énormes sardines, 21 harengs, et 8 divers, soit en tout 15 kilos de poisson.
Bilan des courses, 2 heures à démêler le filet, 3 heures à vider et préparer les poissons, l’après midi a mitonner quelques plats !!! Atelier poisson sur ZERO et odeur de poiscaille tenace.
Comme la veille, j’avais ramassé une énorme quantité de praires, nous avons de quoi manger pour quelques temps. Sans compter le renne que Christophe a acheté à Bergen.

Quand je pense aux Angelo, Jerry, Pierre, Rémi, Thierry, Hervé, Lionel …. Qui se sont succédés à bord et qui sont repartis broucouille ….. Les pauvres.

Jacques de l’Adrien et Tanguy de Galapiat qui naviguent en méditerranée en ce moment : message personnel pour vous.
Depuis notre arrivée en Norvège, il y a maintenant 16 jours, nous n’avons fait , hormis Bergen, que des mouillages. ….. solitaires. Et pour tout vous avouer, nous souhaiterions maintenant avoir des compagnons de mouillage. On guette le bateau arrivant. Parfois, on en voit passer au loin, espérant qu’il s’arrêtera près de nous. Jamais. Chose impensable en Méditerranée où on recherche plutôt le mouillage solitaire.

dimanche 23 août 2009

Nous n’en finissons pas de manger ces 15 kgs de poisson. A 3 , c’est beaucoup. On a préparé, 1 brandade, 1 BBQ, 2 fois à la poêle. Et pour finir le tout, marie a préparé 2 énormes bocaux de Rollmops. Je crois qu’on ne va pas poser le filet de si tôt !!! Ou si on le fait, on ne le laissera que 2 – 3 heures maxi. Le temps de prendre ce dont on a strictement besoin.

lundi 24 août 2009

De retour d’une balade, 1 heure, Une belle poêlée de Girolles. Plein d’autre champignon, en quantité incroyable. Des ceps, des bolets …. Des inconnus. Nous attendons avec impatience le livre de champignon que Michel va nous amener.
En Norvège, la nature est dure, surtout en hiver, mais elle sait se montrer généreuse. Des poissons, des crustacés, des champignons, des baies ….. Les Norvégiens ne mourront jamais de faim. Nous non plus d’ailleurs par ces temps qui courent. .

A Vik, dans le plus grand fjord de Norvège, nous sommes à notre point le plus éloigné de Bergen. Demain, nous rebroussons chemin, en espérant que le vent de 40 nœuds que nous avons essuyé cette nuit et aujourd’hui se maintienne. Le bougre nous a réveillé a 1 heure du matin, et nous a tenu en éveil jusqu’au petit jour. L’ancre chassant, nous étions tout de même a moins de 10 mètres de la cote. Dans la nuit noire, le projecteur nous a révélé les rochers bien trop proches à notre goût. Inquiets, après réflexion, et sans envie de remonter l’ancre par 10°C, et ce vent fou, nous avons réglé l’alarme de mouillage au plus juste. Si bien, que l’évitage faisant, nous avons été réveillé toute les ½ heure. Finalement, tout s’est bien fini. Pas de dégâts, pas de bobo à ZERO. Nous avons remonté l’ancre ce matin. Elle était tellement enfoncée dans la vase, que j’ai cru que le guindeau ne pourrait pas l’arracher. Les 3000 watts ont fini par la remonter, avec quelques kgs de boue et d’algues accrochés.


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Shetlands - Norvège

Bon, finalement, je n’ai pas envoyé de photos supplémentaires de Lerwick, capitale des Shetlands, comme je l’avais promis. Pas eu le temps malgré la connexion wifi pirate qui, finalement a bien marché durant tout notre séjour.
En revanche, il s’est passé quelque chose d’assez étonnant. Durant toute la période du chantier de ZERO, nous nous faisions conseiller par différents amis ou connaissances quant aux choix techniques à retenir. Parmi eux, 2 ont étés importants pour nous. L’architecte, Peter Gallinelli, bien sûr, qui navigue sur son intégral 43 (IMRAM) depuis de nombreuses années maintenant, autour du 60 N et bien au delà, et des amis de Romans qui, en même temps que nous se construisaient un bateau semblable au notre, du moins dans l’esprit et la taille (FREDOYA). (
http://site.voila.fr/fredoya/).

Et bien, chose incroyable, IMRAM , FREDOYA , et ZERO se sont retrouvés en même temps à Lerwick ….
Peter arrivait d’Ecosse et montait à Bodo en Norvège. Fredoya arrivait des Acores, et en transit à Lerwick pour Trondheim où ils vont vivre 2 ans. Visites des bateaux réciproques, canons à boire, repas, grand bonheur de tous se retrouver pour partager expériences et lieux de mouillage à ne pas rater.

C’est à cette occasion, que j’ai réalisé une première pour moi. Pour être honnête, si j’avais pu, j’aurais évité. J’ai mangé de la baleine. Invité, je ne pouvais refuser cette gentille attention. Le goût ? Cuisiné comme un steak de bœuf, cela en a la consistance, l’aspect, et le goût entre celui du thon rouge et du bœuf. La Norvège fait partie avec le Japon des nations qui pratiquent encore cette chasse. Animal protégé, j’ai eu quelques scrupules à en manger …

Puis vint le temps de se dire au revoir. Pour nous, 180 miles nous séparent de Bergen en Norvège. On attend une fenêtre météo favorable et nous voilà parti. Et, la fenêtre fut bonne, au près bon plein, 15 - 20 nœuds de vent, nous avons avalé d’une traite, d’un bord, la distance en 23 heures. Soit, une quand même belle moyenne de 7,8 nœuds. Les ronchons feront la fine bouche en évoquant les 907 miles en 24 heures, alignés par Pascal Bidegorry sur son catamaran géant …. Mais, il faut se souvenir que 7,8 nœuds était pratiquement le record avec Matins Bleus. Bref, on a bien astiqué pendant 23 heures.
Et cela dans un champ de mines, ou plutôt dans un champ pétrolifère. Au milieu des plateformes pétrolières. Bon, pour tout vous dire, on en a vu 4 ; On aurait pu faire mieux aurait dit Coluche, mais on n’était pas en forme, ou plutôt, la météo et la visibilité, en particulier, n’était pas bonne. Mais c’était impressionnant tout de même. Nous avons même été escorté par un gros bateau ‘’ rescue Boat’’ durant 3 heures, … Des fois que nous aurions voulu nous faire sauter sur l’une d’elles. En tout cas, on ne sent pas seul dans ces parages (voir la photo d’écran ci-dessous).
site zero

Jeudi 6 Aout : Nous voici arrivés en Norvège. Les premiers mouillages sont prometteurs. Choses étonnantes, il y fait chaud, 23 °, l’eau est, très certainement sous l’effet du gulf stream, à 18 °. Certes, il ne fait pas très beau, mais il ne pleut pas. Je pense qu’une vie de ZERO ne serait pas suffisante pour pratiquer tous les mouillages de Norvège. Il semble y en avoir partout. Somptueux, isolés, vierges, calmes, bref, tout pour plaire.

Nous sommes arrivés hier, un peu fatigués par ces 23 heures de navigation musclée. Au 1er mouillage possible, on tourne a gauche et on jette la pioche. Sieste. On verra demain.
Ce matin, tout excité, je monte dans l’annexe pour découvrir les environs. Et bien, vous me croirez si vous voulez, je me suis perdu. J’ai mis un temps fou, et un stress naissant à retrouver le bateau dans ce dédale d’îles et d’îlots. Comme si, Dieu, dans sa grande mansuétude avait jeté une pleine main de confettis sur ce pays. Des milliers d’îles et d’îlots.

Nous redoublons d’effort pour pécher, encouragé par toutes nos rencontres qui nous ont fait saliver par leur récit de capture. Aussi, avons-nous investi à Lerwick en matériel moderne. On pose même des filets maintenant. Mais, je vous rassure, nous ne faisons aucun mal au poisson. Pour le moment, aucun n’est venu satisfaire nos papilles. L’espoir fait vivre. Mais en attendant, j’aimerais bien que certains passent à la casserole.

Samedi 8 Août : Mince, nous sommes allés trop loin. Cap à l’Est, entrant dans les terres, zigzagant au milieu des îles, et des îlots, nous pénétrons les fjords Norvégiens. Au détour de cap, le décor change. Des paysages alpins, des ruisseaux, des collines et des prairies verdoyantes dévalant la pente jusqu’au bord de l’eau, salée ne l’oublions pas. On se croirait en haute savoie. Plus loin, des falaises ressemblant à l’image que j’ai de la baie d’Along.
Pourtant, il est une difficulté que nous n’avions que rarement rencontrée jusque là. Les fonds sont importants. Pour mouiller dans 5 à 10 mètres d’eau, comme c’est la règle, il faut s’approcher de la côte, quasiment à la toucher. Si on s’éloigne, on trouve vite 30, 40 voire 100 mètres d’eau. Beaucoup trop. Alors, on cherche le compromis, pas trop près pour ne pas s’échouer si le vent vient à changer, pas trop loin pour ne pas devoir mettre 100 mètres de chaîne. Heureusement, il n’y a pas de vent au milieu de ces hautes montagnes. C’est même le calme plat.

Mercredi 12 Août : Je reprend ce mail alors que nous venons de passer quelques jours dans différents mouillages et à Bergen. 1ière impression, la Norvège est fidèle a sa réputation. 3ième pays le plus riche de la planète, ça se voit. Mon étalon me le confirme. Le menu Big Mac est à 11 euros, quand il était à 5 au Portugal (de mémoire à 6-7 en France). ; Tout est hors de prix, le moindre plat à la cabane a frite du coin est à 20 euros. Je ne vous parle pas de l’alcool. Ici, c’est la prohibition. Rien au-dessus de 4,5°. Seuls quelques bières sont commercialisées au supermarché local et vendues au prix de l’or !
Bergen est une ville jolie et agréable. Il y pleut 300 jours par an, certes, mais il ne pleut pas 24h/24. Seulement quelques minutes, au pire quelques heures par jour. Nous n’avons pas encore eu le temps de profiter de la ville, mais il semblerait qu’il y ait plein de choses à visiter. Ville touristique aussi, avec ses énormes paquebots qui déversent ses flots d’allemands et d’américains globalement tous bedonnants et aux tempes grisonnantes.

Coté navigation, c’est tranquille. Plutôt trop. Pas de vent, Nanni a pris le relais. Au mieux, on déroule le génois pour l’aider. La mer est bien sûr totalement plate au milieu de ces îles. Les seules vagues perturbantes sont celles des bateaux croisés. On a pris nos habitudes, on range de moins en moins. Les choses ne risquant pas de tomber, elles trouvent leur place sur des endroits inhabituels.
Les paysages sont ici somptueux. Il n’y a pas de mots pour les décrire. Majestueux avec ces hautes montagnes encore couvertes de neiges. Bucoliques, avec ces îlots minuscules et en quantité incroyables. Une constante pourtant : le calme. Souvent, le matin, au réveil, on est pris de vertige. L’intégralité du paysage se reflète à la perfection sur la mer. Pas une ride, pas un souffle, un véritable lac de montagne.


Vendredi 14 Août


CHAMPAGNE…… !!!!

Lionel, persévérant dans sa mission, et après de multiples déconvenues et déceptions a attrapé un poisson. Une belle morue de 4 kg au moins. Fière de lui, mais tout de même furieuse qu’il ait péché une aussi belle morue (!!!), son amie, Johanne a néanmoins consenti à la vider et à la préparer. De belle taille, elle nous a fait le repas du soir. Comme dans le même temps, j’avais ramassé une énorme quantité de moules sur les rochers, nous avons fait un festin. Puisse cette soirée en augurer de semblables par la suite. Ceci s’est passé dans un mouillage charmant, recommandé par un Norvégien rencontré par hasard lors d’une escale à Fair Island, au sud de Bergen. Il est marqué d’une croix rouge sur notre traceur de carte ….


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Ecosse

Nous venons de finir de traverser le canal calédonien. Ce canal relie la mer d’Irlande à l’ouest à la mer du nord a l’est. Il nous a ainsi évité de faire le grand tour par le nord de l’écosse. Navigation probablement belle mais aussi assez dangereuse. Les courants y sont parmi les plus violents au monde. Et puis faire faire une petite navigation en eau douce a ZERO nous plaisait bien. Alors, la sortie de l’eau salée s’est faite à Fort William. Quelques écluses plus loin et nous étions a 50 mètres d’altitude en eau douce. Un canal, somme toute banal en lui-même mais au milieu des hautes collines écossaises. Un amarrage a un ponton, un autre au pied d’un château sur le Loch Ness, un barbecue improvisé sur l’herbe tondue fraîche comme seul savent le faire les anglais.
4 lochs, 3 jours, quelques kilomètres de canal plus loin, et nous sommes arrivés a Inverness. Les portes de la mer du nord. Entre temps, nous avons navigué sur le loch Ness. Sans y avoir vu de monstre. Mais, il est vrai, mon ami Jacques me l’a fait remarquer, il n’apparaît qu’après la première bouteille de scotch. Alors, comme le dit le proverbe (de moi) Whisky pas bu, monstre pas vu.


Outre cet aspect, naviguer sur le canal a été un vrai plaisir. De très beaux paysages, du soleil (enfin), de l’eau douce a profusion, pas de gîte, et la magie des écluses. Nous avons même mis les vélos a terre pour suivre le bateau sur le chemin de halage. Très plaisant.

Nous y avons expérimenté une nouvelle façon de faire la lessive. Trop heureux de cette eau douce en abondance, nous nous sommes tous jeté sur la lessive pour une petite remise au propre de nos affaires personnelles. Fainéant de nature, le rinçage s’est fait en traînant nos vêtements dans le sillage de ZERO. Quelques minutes plus loin. Tout était parfait.

Nous sommes maintenant proche des 60° Nord. Ce qui vent dire, que les jours ne sont pas tout a fait les même qu’en France en ce moment. Ici, le soleil se couche vers 23 h00. Il reste une lueur jusque vers 1h00 du matin, puis viennent 3 heures de nuit a peu près noire, le crépuscule est de retour vers 3 h30 et le levé de soleil a 4h30. Cela fait de belles journées.

Hier soir, nous avons vu nos premières plateformes pétrolières. Des citadelles de métal illuminées comme en plein jour. J’imaginais le personnel en repos nous observant passer au loin. Que pouvaient il s’imaginer. Quels rêves pouvaient ils faire ? Que pouvons nous leur inspirer ? D’autant qu’a ce moment la, nous naviguions grand largue, avec 18 nœuds de vent et ZERO filait gaillardement ses 10 nœuds a plat.

Au détour d’un cap, nous avons mouillé en pleine nuit dans une baie au nord est de l’écosse. Au petit matin, quel sera le paysage ? A la lumière du jour, s’étale autour de nous une campagne austère, une terre pelée, quelques maisons grises, un énorme château lugubre. Et partout, des moutons. A quelques mètres de nous, 2 pécheurs remontent leurs casiers. Je prend mon courage à 2 mains et engage une conversation difficile dans une langue étrangère pour moi. Ben oui, j’y perds mon anglais peu habitué a pratiquer la langue de shakespeare avec des cailloux dans la bouche Avec l’aide d’Angelo, qui, italien, arrive a parler avec les mains, nous remontons a bord 5 crabes et 2 homards. : ‘’ for free’’ j’avais compris. Nous lui laissons tout de même 10 livres.
Cela va compenser notre manque cruel de poisson péché.
Dernier point, ici l’eau est a 12,8 ° C brrrrrrrr

Je reprends le fil de ce mail alors que nous venons d’arriver aux Shetlands. Pour le moment, je ne peux pas vous en dire grand-chose. Je rédige vite ce mail que je vais envoyer via une connexion wi fi piratée. Il n’y a pas de petit profit pour les roms de la mer que nous sommes.
Apres l’écosse, nous avons fait une halte aux iles Orkley . Un archipel au nord de l’écosse. Comment vous les décrire ? Les Orkley sont à l’Angleterre ce que la Beauce est à la France. Un grenier. Les orkey forment un archipel d’îles absolument pelées. Pas un arbre, quelques collines. Mais des champs, des vaches, des moutons, quelques énormes fermes par ci par la. Un village désert. A mon avis, les habitants de cette île vont à la Grande Motte en vacances en été. Pour y voir du monde et le soleil. J’ai compris.

Puis une escale magique a Fair Isles. Un peu plus au nord. 2 kms sur 3. Un port ou entre a peine ZERO. Que dire, un port, un quai. Une superbe balade. On y découvre une quantité d’oiseaux inconnus. Je n’ai reconnu que les macareux. Tout petits, entre la taille d’un poussin et d’une poule d’eau. Adorable, avec leur becs oranges. Ces pauvres oiseaux font pitié. Un gros corps au regard de leurs petites ailes si bien que pour se maintenir en l’air ils doivent mouliner comme des fous. Il y a aussi des injustices dans la nature. A coté d’eux les mouettes planent et jouent avec les courants d’air , semblent s’amuser , rasent les vagues, quand eux , s’épuisent a se maintenir dans les airs. Et je ne vous parle pas du décollage à partir de l’eau. Parfois ZERO traverse un rassemblement de ces gentils volatiles flottant au milieu des vagues. Et la, c’est la panique totale. Ceux qui sont au vent se débrouillent bien. Face au vent, ils décollent. Pour les autres, ceux sous le vent. C’est une horreur. Vent arrière, ils pédalent comme des fous, battant des ailes à se les décrocher. En vain, ils nagent, pardon, ils glissent sur l’eau avant de s’arrêter, épuisés et inquiets. Et alors ils plongent pour ne réapparaître que longtemps après.

Fair Isles. Une quinzaine de maison, distantes de 3 à 400 mètres les unes des autres. Probablement 40 habitants. Pas un seul arbre, mais des milliers de lap…, autant de moutons et d’oiseaux.

Je suis parti avec mon arc et mes 5 flèches, me disant, je vais jouer les robinsons, ou satisfaire quelques instincts ancestraux pour nourrir l’équipage Mais, hèlàs …… Autant que des poissons. Je vais devoir m’entraîner. Angelo et moi, nous, sommes rabattu sur des chapeaux chinois, et des rosés des près. Bien plus facile à attraper ces protéines la !!!.

Nous sommes donc reparti de cette superbe île, avec des rêves de gigot d’agneau et de terrine de lap…… Nous essaierons de les satisfaire aux shetlands.

Sinon, coté navigation, c’est parfait. Du vent, pas mal. Et bien orienté. Eole semble de bonne humeur en ce moment. ZERO file aisément et allégrement ses 9 nœuds. Cela nous permet de profiter des escales.

ET coté météo, du bon, c'est-à-dire soleil, et du moins bon, c'est-à-dire pluie. Mais globalement, maintenant, et probablement depuis que nous avons passé le 60 eme nord, il ne fait plus frais. Il fait FROID !!!!! Nous attendons le thermomètre que Marie nous a promis, mais on estime la température a 13- 14 ° environ.

Aux shetland, changement d’équipage. Angelo, Pierre et Brigitte nous quittent, et nous récupérerons Johanne et Lionel. Je vais essayer de vous envoyer d’autres photos d’ici notre départ pour la Norvège.


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Mer d'Irlande

Depuis quelques jours, nous naviguons de mouillage en mouillage, au nord ouest de l’écosse. La navigation est agréable. A l’abri des îles, la mer n’est jamais mauvaise. Toujours plate même. Le temps est en revanche capricieux. Des grains, du soleil, de la pluie souvent … Nous ne quittons que rarement, les bottes et les polaires. L’eau est à 13°, l’air probablement a peine plus chaud. De temps en temps, nous mettons un petit coup de chauffage. Pour tout vous dire, et en résumé, nous avons compris ce que voulait dire l’expression : douche écossaise. Le test d’étanchéité de ZERO est passé !!!!

Nous naviguons d’île en île, au gré de nos envies. Pour le moment, le plus beau mouillage a été dans Tarbert Bay, sur l’île de Jura. Un immense loch qui se prolonge sur plus de 3 miles. Pour y accéder, nous nous sommes faufilé au milieu des cailloux et des roches affleurantes et pour finir, un passage pas plus large de 20 mètres, avec un courant tout de même assez fort. C’est dans ces moments la qu’il faut appliquer le vieux dicton : ‘’ quand les mouettes ont pieds, il est temps de virer’’. Une fois glissé dans ce dédale, nous nous sommes retrouvé, seul sur un immense lac. Autour de nous, des collines pelées, pas d’arbre, des chutes d’eau, et toutes les nuances de vert. Superbe. Pour vous faire une idée, le paysage est celui que l’on voit dans la guerre du feu. Les mammouths en moins.

Nos jambes trop longtemps au repos demandaient a se dégourdir. Nous avons ainsi entrepris une belle balade dans les collines. Tous équipés de basket au pire ou de chaussures de marche au mieux, nous avons regretté de ne pas être chaussé de bottes. Le sol est imbibé. Comme le disait pierre, je n’ai jamais vu cela, même sur les pentes, l’eau reste accrochée. Nous avons vu dans cette baie, nos premiers phoques. Mais aussi des rennes, sans parles des lièvres et leurs cousins. La marée basse nous a offert une séance de cueillette sur la grève. Et hop, 2 repas de moules, 1 plat de spaghettis aux praires ( merci Angelo) et des bigorneaux pour 3 ou 4 apéros.

Nous naviguons en ce moment vers Fort Williams qui sera notre entrée dans le canal calédonien. 3 jours de navigation en eau douce, une traversée sur le loch ness, et nous nous retrouverons de l’autre coté de l’écosse. Puis cap sur les schetland.

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News de la Rochelle

Cette fois ci, et ce n’est pas coutume, c’est moi, Philippe qui vais prendre la plume, ou plutôt le clavier pour rédiger ce billet.
Alors que s’est il passé depuis la dernière mise a jour a Lisbonne. Laissez moi vous degoiser tout cela.


Tout d’abord, nous avons perdu notre dernier équipier. Jerry, en effet est retourné dans son pays, de l’autre coté du chanel. Son meilleur ami ayant appris la déclaration soudaine d’une grave maladie, Jerry a souhaité être à ses cotés. Il nous rejoindra peut être plus tard.
Nous ne sommes donc que Christophe et moi a bord. Autant vous dire qu’on ne se bouscule pas. Et hormis les manœuvres de port, parfois un peu scabreuses, et on doit y réfléchir, ZERO se manie bien en équipage réduit.
Sinon, avec le départ de Jerry, il n’y a plus personne pour gérer le frigo et son stock de bière. A contrario, nous avons découvert dans les soutes un stock de porridge tel qu’il y en aura jusqu’au démantèlement de ZERO . Si, en cas de pépin, nous manquons de résine époxy, il fera l’affaire. Apres les pâtes d’Angelo, le porridge de Jerry ….. Vive l’europe

Je vous écris de la Galice. Mais lorsque vous lirez, nous serons probablement en France. Ce qui veut dire que nous en avons fini avec la remontée du Portugal. Longue et pénible a la fois. Les conditions météo, et on s’y attendait, ne nous ont pas favorisées. Du vent dans le nez tout le temps. Les alizés portugais étaient bien la. Aussi, avons-nous procédé par petites étapes journalières pour progresser contre le vent, le courant et la mer. Pénible, je vous le dis. Lisbonne, Cascais, Peniche, Figuera da Foz, Porto, et enfin Bayona .Départ a l’aube et navigation jusqu’au soir. Quelques moments agréables tout de même. Péniche, ville pas très jolie mais au charme indéniable. Les sardines grillées dont nous nous sommes régalés autant que possible. Et enfin Lisbonne que nous avons visité a vélo. Je devrais dire, partiellement visité, car Lisbonne, ce n’est pas la Belgique. Des collines (7 en tout), et bien raides. Mon coeur a failli lâcher plus d’une fois …. Bizarrement, on a beaucoup longé la mer.

Un moment fort : au mouillage dans le port de Porto, 7 heure du matin approximativement, un énorme ferry entre dans le port. Il manœuvre à quelques 400 mètres au vent de ZERO afin de procéder a son accostage. J’admire. Et alors, je ne sais pas ce qu’il s’est passé, je l’ai soudainement vu s’arrêter travers au vent (fort a ce moment la) et dériver lentement vers nous. Pris de panique, je m’apprête a réveiller Christophe pour une lever d’ancre en catastrophe lorsque j’ai vu arriver 2 remorqueurs, pleine balle, qui l’ont péniblement déhalé et poussé jusqu’au fond du port. Il n’était plus qu’a 100-200 mètres de nous !!! Une panne machine ?

Notre passage à Péniche est également à marquer d’une pierre blanche. Il scelle la modification de notre programme pour les mois avenir. Nous devions initialement remonter en Norvège cet été, redescendre en automne pour l’hiver au Sénégal puis remonter au printemps 2010 pour passer l’été au Spitsberg. Programme trop ambitieux, nous allons remonter tranquillement en Norvège, y séjourner jusqu'à la fin octobre. Trouver un lieu paisible pour ZERO que nous retrouverons en Mars : frais (probablement) et dispo pour le grand Nord. Quant a nous, Christophe retournera en Asie et moi en France.
Désolé pour tout ceux qui rêvaient de soleil et de mer chaude.

Enfin, Figuera da foz, avec un marinero qui , probablement alléché par les 44 euros de place de port, a absolument tenu a faire rentrer les 19 mètres de ZERO entre 2 catways prévu pour un bateau de 10 m tout au plus. Amarrage compliqué et position ridicule de notre bateau .

Voila, a l’heure ou j’ecris ces lignes, nous somme en stand by , dans l’attente d’une meteo favorable qui nous permettra de traverser le golfe de gascogne. Vous l’avez compris, pas question de faire du près.

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News de peniche

A mon avis, et sans avoir d’informations plus précises, il doit faire beau en ce moment en France. Je dis cela car, à l’heure ou j’écris ces mots, à Péniche, soit à peu près a mi hauteur du Portugal, souffle assez fort, ce qu’on appelle les alizés portugais. Un vent du nord qui se créer lorsque l’anticyclone des acores remonte vers le nord et donne du beau temps en Europe de l’ouest. Bref, vous l’avez compris, on en bave un peu pour remonter cette pas très belle cote portugaise avec du vent assez soutenu dans le nez. Et le vent dans le nez, comme le dise les marins, c’est 2 fois la distance, 3 fois le temps et 4 fois la rogne.

Alors on procède par petites étapes de 20 a 40 milles par jour. Comme ça, on va connaître tous les ports de la cote ouest du Portugal. On en profite à chaque fois pour se régaler d’énormes sardines grillées que les portugais savent si bien préparer. Un régal et pour un prix modique.

Si vous avez reçu les photos précédemment envoyées, vous avez du être étonnés par l’une d’entre elles. Flou, une tache rouge orange au milieu. C’est vrai ; elle est ratée. Mais je tenais à l’envoyer. C’est une première pour moi. Pour la première fois de ma vie, j’ai réalisé et dégusté un vrai barbecue sur mon bateau. Nous avons acheté à Tanger un BBQ en ferraille, pas très grand, mais bien pratique et tirant du feu de dieu. Il a trouvé sa place dans la jupe arrière de ZERO. Et au mouillage, à l’abri du vent, c’est l’endroit parfait. Il est évident que je n’aurais pas fait cela sur une jupe en plastique ou en bois.

2 eme grande première pour moi. Mais cette fois ci pas de photo et vous comprendrez aisément pourquoi …. Pour la première fois de ma vie de marin, j’ai pris une douche chaude sur mon bateau. Une douche, j’en avais bien une sur Pontos, mais froide. Sur ZERO, une vraie douche comme à la maison et chaude en plus. La preuve, le bac vient de chez Castorama.

Parmi les grandes déceptions de ce début de voyage, il en est une qui me contrarie quand même un peu. Depuis notre départ à Hyères, nous avons toujours une ligne de pêche en traîne. Hélas, rien. Que ce passe t il ? Un seul petit maquereau à se mettre sous la dent. Pas une bonite, pas un thon, pas une dorade coriphene. Un désespoir. On a pourtant tout essayé : changé d’appât, de longueur, de profondeur, de vitesse …. Rien. La mer serait elle vide ? Morte ? ZERO serait il répulsif ? Sommes nous mauvais ?

Nous attendons les pro pour lever nos doutes.
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News des Baléares

Parfois, pour ne pas dire souvent, lorsque, a terre, j’évoquai mes rêves de voyages en bateau, je me suis entendu dire : et tu ne t’embêtes pas sur un bateau a voile ? Que fais tu toute la journée … Pour être honnête, j’avais du mal a répondre : que fait on toute la journée sur un bateau ?
J’ai pris le temps d’analyser et de comprendre.
Comme principe de base, il y a le fait que sur un bateau, nous ne possédons pas tout ce qui fait gagner du temps a terre : pas de lave vaisselle, pas de lave linge, pas d’aspirateur, pas de cuisinière high tech ni de micro onde. Déjà, ceci mis bout à bout, ça rallonge le temps. Puis, nous ne possédons pas de réserve d’eau douce en quantité importante. On fait le maximum de chose à l’eau de mer, puis on rince un minimum à l’eau douce. Aussi, la toilette prend elle plus de temps. On évite les douches (trop d’eau), donc on se lave avec un gant a l’eau de mer, puis on se rince avec qques cm3 d’eau douce.
Bref, vous l’avez compris, tout ce qui prend peu de temps a terre parce que nous avons tout ce qu’il faut pour aller vite, prend beaucoup plus de temps en mer. Ajouté a cela, et il ne faut pas l’oublier, un bateau, ça bouge …. Les gestes sont plus lents, on fait plus attention, on se tient, … …
Aussi, j’ai en souvenir, Michel un ami avec qui j’avais fait la traversée de l’atlantique il y a 5 ans. Il avait un rituel bien particulier : après le réveil, et dans le désordre : toilette, petit déjeuner, mots croisés, vaisselle… Et bien, malgré un réveil bien matinal, tout cela nous menait a peu près à l’heure du repas de midi ….

Sinon, le reste du temps : on règle le bateau, on manœuvre ( tout de même ), on lit, on pêche, on analyse la météo, on fait la navigation, on surveille les autres bateau, on prépare la prochaine escale, on surveille l’état du bateau, on fait de la maintenance, on veille sur les consommations d’eau, de fuel, d’électricité, on remplit le tableau de bord, on prépare le mail pour les amis, on joue, on écoute de la musique, on fait la cuisine ( beaucoup) , on gère les stocks de nourriture, et parfois, on ne fait RIEN.
Et ça, c’est bon.

Notre 1ere escale a Gibraltar a tourné court. Un bref stop pour s’apercevoir :
1 - qu’il n’y a pas de revendeur nani a Gibraltar ( moteur et électricité)
2 – que la ville est un enfer, un immense chantier. Je ne reconnais plus la ville que j’avais connue il y a 4 ans. Des buildings en construction partout, 2 énormes marina en construction, des centres commerciaux ….. un monde, des voitures, des embouteillages… Nous sommes allé a terre Jerry et moi, affolé par ce bruit et cette agitation, nous avons juste refait le plein de vivre fraîches et de bières …
Nous avons donc passé 2 jours au Maroc a Smir pour y effectuer les papiers nécessaires et procédé aux quelques réparations ( safrans abîmés).

Nous voici donc de retour a Gibraltar en attendant un créneau météo pour passer le detroit. Hier entre le Maroc et Gib, sur la route du retour, nous avons essuyé qques 35 nœuds de vent . Sous 2 ris et trinquette, ZERO s’est remarquablement comporté. Nouvelle expérience positive.

L’aller a été un bonheur, ( voire le petit film joint ) …..
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