News de la Rochelle

Cette fois ci, et ce n’est pas coutume, c’est moi, Philippe qui vais prendre la plume, ou plutôt le clavier pour rédiger ce billet.
Alors que s’est il passé depuis la dernière mise a jour a Lisbonne. Laissez moi vous degoiser tout cela.


Tout d’abord, nous avons perdu notre dernier équipier. Jerry, en effet est retourné dans son pays, de l’autre coté du chanel. Son meilleur ami ayant appris la déclaration soudaine d’une grave maladie, Jerry a souhaité être à ses cotés. Il nous rejoindra peut être plus tard.
Nous ne sommes donc que Christophe et moi a bord. Autant vous dire qu’on ne se bouscule pas. Et hormis les manœuvres de port, parfois un peu scabreuses, et on doit y réfléchir, ZERO se manie bien en équipage réduit.
Sinon, avec le départ de Jerry, il n’y a plus personne pour gérer le frigo et son stock de bière. A contrario, nous avons découvert dans les soutes un stock de porridge tel qu’il y en aura jusqu’au démantèlement de ZERO . Si, en cas de pépin, nous manquons de résine époxy, il fera l’affaire. Apres les pâtes d’Angelo, le porridge de Jerry ….. Vive l’europe

Je vous écris de la Galice. Mais lorsque vous lirez, nous serons probablement en France. Ce qui veut dire que nous en avons fini avec la remontée du Portugal. Longue et pénible a la fois. Les conditions météo, et on s’y attendait, ne nous ont pas favorisées. Du vent dans le nez tout le temps. Les alizés portugais étaient bien la. Aussi, avons-nous procédé par petites étapes journalières pour progresser contre le vent, le courant et la mer. Pénible, je vous le dis. Lisbonne, Cascais, Peniche, Figuera da Foz, Porto, et enfin Bayona .Départ a l’aube et navigation jusqu’au soir. Quelques moments agréables tout de même. Péniche, ville pas très jolie mais au charme indéniable. Les sardines grillées dont nous nous sommes régalés autant que possible. Et enfin Lisbonne que nous avons visité a vélo. Je devrais dire, partiellement visité, car Lisbonne, ce n’est pas la Belgique. Des collines (7 en tout), et bien raides. Mon coeur a failli lâcher plus d’une fois …. Bizarrement, on a beaucoup longé la mer.

Un moment fort : au mouillage dans le port de Porto, 7 heure du matin approximativement, un énorme ferry entre dans le port. Il manœuvre à quelques 400 mètres au vent de ZERO afin de procéder a son accostage. J’admire. Et alors, je ne sais pas ce qu’il s’est passé, je l’ai soudainement vu s’arrêter travers au vent (fort a ce moment la) et dériver lentement vers nous. Pris de panique, je m’apprête a réveiller Christophe pour une lever d’ancre en catastrophe lorsque j’ai vu arriver 2 remorqueurs, pleine balle, qui l’ont péniblement déhalé et poussé jusqu’au fond du port. Il n’était plus qu’a 100-200 mètres de nous !!! Une panne machine ?

Notre passage à Péniche est également à marquer d’une pierre blanche. Il scelle la modification de notre programme pour les mois avenir. Nous devions initialement remonter en Norvège cet été, redescendre en automne pour l’hiver au Sénégal puis remonter au printemps 2010 pour passer l’été au Spitsberg. Programme trop ambitieux, nous allons remonter tranquillement en Norvège, y séjourner jusqu'à la fin octobre. Trouver un lieu paisible pour ZERO que nous retrouverons en Mars : frais (probablement) et dispo pour le grand Nord. Quant a nous, Christophe retournera en Asie et moi en France.
Désolé pour tout ceux qui rêvaient de soleil et de mer chaude.

Enfin, Figuera da foz, avec un marinero qui , probablement alléché par les 44 euros de place de port, a absolument tenu a faire rentrer les 19 mètres de ZERO entre 2 catways prévu pour un bateau de 10 m tout au plus. Amarrage compliqué et position ridicule de notre bateau .

Voila, a l’heure ou j’ecris ces lignes, nous somme en stand by , dans l’attente d’une meteo favorable qui nous permettra de traverser le golfe de gascogne. Vous l’avez compris, pas question de faire du près.

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News de peniche

A mon avis, et sans avoir d’informations plus précises, il doit faire beau en ce moment en France. Je dis cela car, à l’heure ou j’écris ces mots, à Péniche, soit à peu près a mi hauteur du Portugal, souffle assez fort, ce qu’on appelle les alizés portugais. Un vent du nord qui se créer lorsque l’anticyclone des acores remonte vers le nord et donne du beau temps en Europe de l’ouest. Bref, vous l’avez compris, on en bave un peu pour remonter cette pas très belle cote portugaise avec du vent assez soutenu dans le nez. Et le vent dans le nez, comme le dise les marins, c’est 2 fois la distance, 3 fois le temps et 4 fois la rogne.

Alors on procède par petites étapes de 20 a 40 milles par jour. Comme ça, on va connaître tous les ports de la cote ouest du Portugal. On en profite à chaque fois pour se régaler d’énormes sardines grillées que les portugais savent si bien préparer. Un régal et pour un prix modique.

Si vous avez reçu les photos précédemment envoyées, vous avez du être étonnés par l’une d’entre elles. Flou, une tache rouge orange au milieu. C’est vrai ; elle est ratée. Mais je tenais à l’envoyer. C’est une première pour moi. Pour la première fois de ma vie, j’ai réalisé et dégusté un vrai barbecue sur mon bateau. Nous avons acheté à Tanger un BBQ en ferraille, pas très grand, mais bien pratique et tirant du feu de dieu. Il a trouvé sa place dans la jupe arrière de ZERO. Et au mouillage, à l’abri du vent, c’est l’endroit parfait. Il est évident que je n’aurais pas fait cela sur une jupe en plastique ou en bois.

2 eme grande première pour moi. Mais cette fois ci pas de photo et vous comprendrez aisément pourquoi …. Pour la première fois de ma vie de marin, j’ai pris une douche chaude sur mon bateau. Une douche, j’en avais bien une sur Pontos, mais froide. Sur ZERO, une vraie douche comme à la maison et chaude en plus. La preuve, le bac vient de chez Castorama.

Parmi les grandes déceptions de ce début de voyage, il en est une qui me contrarie quand même un peu. Depuis notre départ à Hyères, nous avons toujours une ligne de pêche en traîne. Hélas, rien. Que ce passe t il ? Un seul petit maquereau à se mettre sous la dent. Pas une bonite, pas un thon, pas une dorade coriphene. Un désespoir. On a pourtant tout essayé : changé d’appât, de longueur, de profondeur, de vitesse …. Rien. La mer serait elle vide ? Morte ? ZERO serait il répulsif ? Sommes nous mauvais ?

Nous attendons les pro pour lever nos doutes.
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