Norvège (Suite)
Nous
continuons de flâner de mouillage en mouillage au
milieu des fjords et des îles Norvégiennes. Les
déplacements se font toujours au moteur, parfois
assisté du génois. Au milieu des collines et des
montagnes, il n’y a pas de vent. Quand il y en a un
peu, le jeu du rase caillou, les passes étroites,
nous interdisent de mettre les voiles. Trop étroit,
trop sinueux, trop près des cotes, vent trop
variable, trop dangereux, …. De temps en temps, lors
de la traversée d’un grand fjord, on déroule le
génois, pour 1 heure ou 2. Maxi.
Les mouillages sont splendides. Mais ils exigent de
nous une grande préparation à la table à carte pour
détecter les bons endroits. Plusieurs raisons à cela.
1 – la nature des fonds, et surtout, l’importance des
fonds. Comme je l’ai dis dans le précèdent mail, les
fonds sont vites importants en Norvège. Il est
rare de trouver l’endroit idéal avec 5 à 10 mètres
d’eau sous la quille. Quelques fois, on essaie, on
jette l’ancre, on déroule la chaîne, et on s’aperçoit
qu’on recule à 5 mètres des roches ….Alors, on
renonce.
- ‘’ je le sens pas celui la’’
-
‘’Moi,
non plus, on essaie le suivant ?’’
-
‘’OK’’
On remonte et on va voir ailleurs. Vive le guindeau
électrique.
2 – Les passes sont parfois, pour ne pas dire
souvent, traversées par des ponts (17 000 en
tout en Norvège) ou par des lignes haute tension. Les
hauteurs libres (vertical clearance sur les cartes)
sont bien indiquées sur nos cartes. Mais il ne s’agit
pas d’en oublier une. !!!!
Nous avons passé un week-end entier à Bergen. Cela
faisait la 2ième fois que nous abordions ce port.
Surprise, la première fois, nous étions quasiment
seul. Cette fois ci, le port était bondé. Que se
passe t il ?
Le code de la route Norvégien est draconien. 0°
d’alcool dans le sang pour conduire. Autant dire,
que, si vous prenez le volant après avoir mangé un
fruit un peu trop mûr, vous vous retrouvez au poste
avec 50 000 NOK d’amende !!! Alors,
les locaux ont trouvé la parade. Le week-end, ils
arrivent tous en bateaux à moteur, font la fête à
Bergen et plutôt que de risquer un retrait de permis,
dorment sur leur bateau avant de repartir le
lendemain…. Il faut dire que le bateau est
indispensable ici. En France, les familles ont une
deuxième voiture, ici, ils ont un bateau, souvent en
1ier, et parfois en second moyen de locomotion.
A propos, je ne sais pas où ils trouvent l’alcool de
leurs fêtes !!!!
Météo : variable, Nous avons connu à Bergen nos
premiers 2 jours de pluie consécutifs et incessantes.
Pas cool. Surtout qu’elle est fraîche et quand il
pleut ici, ça ne fait pas semblant. Hier en revanche,
la journée a été splendide. Du soleil, à se faire
bronzer sur le pont.
Mercredi 19 Août.
Les amis, la pêche, c’est un métier …. Et c’est un
amateur comme moi qui vous le dit. Les événements de
ce matin le prouvent.
Cela faisait plusieurs fois que nos différentes
rencontres parlaient de filets posés le soir dans les
mouillages et relevés le matin. Bon, … Aussi,
avions nous récupéré un vieux filet abandonné
traînant sur un quai à Lerwick (Shetlands). Après
plusieurs tentatives infructueuses, nous l’avions
laissé à notre tour sur un quai de Bergen. Puis, une
conversation un peu plus fertile avec un autochtone
m’a convaincu. Il fallait que j’investisse dans un
filet moderne les 700 NOK soit 80 euros tout de même.
Hier midi, tout heureux avec mon nouveau jouet (comme
le dit Christophe), nous partons Marie et moi poser
le dit filet. Il nous a bien fallu 1 heure pour
repérer l’endroit, le positionner, fixer la bouée,
tout vérifier …. 23 heures après, ce matin donc,
relevage du filet, Marie et moi. Suspense …..
1 maquereau, 2 maquereaux, 1 hareng, 2 harengs, 3, 4,
5, 6, 7, 8, 9, 10…. Total : 7 maquereaux, 3
énormes sardines, 21 harengs, et 8 divers, soit en
tout 15 kilos de poisson.
Bilan des courses, 2 heures à démêler le filet, 3
heures à vider et préparer les poissons, l’après midi
a mitonner quelques plats !!! Atelier poisson
sur ZERO et odeur de poiscaille tenace.
Comme la veille, j’avais ramassé une énorme quantité
de praires, nous avons de quoi manger pour quelques
temps. Sans compter le renne que Christophe a acheté
à Bergen.
Quand je pense aux Angelo, Jerry, Pierre, Rémi,
Thierry, Hervé, Lionel …. Qui se sont succédés à bord
et qui sont repartis broucouille ….. Les pauvres.
Jacques de l’Adrien et Tanguy de Galapiat qui
naviguent en méditerranée en ce moment : message
personnel pour vous.
Depuis notre arrivée en Norvège, il y a maintenant 16
jours, nous n’avons fait , hormis Bergen, que
des mouillages. ….. solitaires. Et pour tout vous
avouer, nous souhaiterions maintenant avoir des
compagnons de mouillage. On guette le bateau
arrivant. Parfois, on en voit passer au loin,
espérant qu’il s’arrêtera près de nous. Jamais. Chose
impensable en Méditerranée où on recherche plutôt le
mouillage solitaire.
dimanche 23 août 2009
Nous n’en finissons pas de manger ces 15 kgs de
poisson. A 3 , c’est beaucoup. On a préparé, 1
brandade, 1 BBQ, 2 fois à la poêle. Et pour finir le
tout, marie a préparé 2 énormes bocaux de Rollmops.
Je crois qu’on ne va pas poser le filet de si
tôt !!! Ou si on le fait, on ne le laissera que
2 – 3 heures maxi. Le temps de prendre ce dont on a
strictement besoin.
lundi 24 août 2009
De retour d’une balade, 1 heure, Une belle poêlée de
Girolles. Plein d’autre champignon, en quantité
incroyable. Des ceps, des bolets …. Des inconnus.
Nous attendons avec impatience le livre de champignon
que Michel va nous amener.
En Norvège, la nature est dure, surtout en hiver,
mais elle sait se montrer généreuse. Des poissons,
des crustacés, des champignons, des baies ….. Les
Norvégiens ne mourront jamais de faim. Nous non plus
d’ailleurs par ces temps qui courent. .
A Vik, dans le plus grand fjord de Norvège, nous
sommes à notre point le plus éloigné de Bergen.
Demain, nous rebroussons chemin, en espérant que le
vent de 40 nœuds que nous avons essuyé cette nuit et
aujourd’hui se maintienne. Le bougre nous a réveillé
a 1 heure du matin, et nous a tenu en éveil jusqu’au
petit jour. L’ancre chassant, nous étions tout de
même a moins de 10 mètres de la cote. Dans la nuit
noire, le projecteur nous a révélé les rochers bien
trop proches à notre goût. Inquiets, après réflexion,
et sans envie de remonter l’ancre par 10°C, et ce
vent fou, nous avons réglé l’alarme de mouillage au
plus juste. Si bien, que l’évitage faisant, nous
avons été réveillé toute les ½ heure. Finalement,
tout s’est bien fini. Pas de dégâts, pas de bobo à
ZERO. Nous avons remonté l’ancre ce matin. Elle était
tellement enfoncée dans la vase, que j’ai cru que le
guindeau ne pourrait pas l’arracher. Les 3000 watts
ont fini par la remonter, avec quelques kgs de boue
et d’algues accrochés.
Shetlands - Norvège
Bon,
finalement, je n’ai pas envoyé de photos
supplémentaires de Lerwick, capitale des Shetlands,
comme je l’avais promis. Pas eu le temps malgré la
connexion wifi pirate qui, finalement a bien marché
durant tout notre séjour.
En revanche, il s’est passé quelque chose d’assez
étonnant. Durant toute la période du chantier de
ZERO, nous nous faisions conseiller par différents
amis ou connaissances quant aux choix techniques à
retenir. Parmi eux, 2 ont étés importants pour nous.
L’architecte, Peter Gallinelli, bien sûr, qui navigue
sur son intégral 43 (IMRAM) depuis de nombreuses
années maintenant, autour du 60 N et bien au delà, et
des amis de Romans qui, en même temps que nous se
construisaient un bateau semblable au notre, du moins
dans l’esprit et la taille (FREDOYA).
(http://site.voila.fr/fredoya/).
Et
bien, chose incroyable, IMRAM , FREDOYA , et ZERO se
sont retrouvés en même temps à Lerwick ….
Peter arrivait d’Ecosse et montait à Bodo en Norvège.
Fredoya arrivait des Acores, et en transit à Lerwick
pour Trondheim où ils vont vivre 2 ans. Visites des
bateaux réciproques, canons à boire, repas, grand
bonheur de tous se retrouver pour partager
expériences et lieux de mouillage à ne pas rater.
C’est à cette occasion, que j’ai réalisé une première
pour moi. Pour être honnête, si j’avais pu, j’aurais
évité. J’ai mangé de la baleine. Invité, je ne
pouvais refuser cette gentille attention. Le
goût ? Cuisiné comme un steak de bœuf, cela en a
la consistance, l’aspect, et le goût entre celui du
thon rouge et du bœuf. La Norvège fait partie avec le
Japon des nations qui pratiquent encore cette chasse.
Animal protégé, j’ai eu quelques scrupules à en
manger …
Puis vint le temps de se dire au revoir. Pour nous,
180 miles nous séparent de Bergen en Norvège. On
attend une fenêtre météo favorable et nous voilà
parti. Et, la fenêtre fut bonne, au près bon plein,
15 - 20 nœuds de vent, nous avons avalé d’une
traite, d’un bord, la distance en 23 heures. Soit,
une quand même belle moyenne de 7,8 nœuds. Les
ronchons feront la fine bouche en évoquant les 907
miles en 24 heures, alignés par Pascal Bidegorry sur
son catamaran géant …. Mais, il faut se souvenir que
7,8 nœuds était pratiquement le record avec Matins
Bleus. Bref, on a bien astiqué pendant 23 heures.
Et cela dans un champ de mines, ou plutôt dans un
champ pétrolifère. Au milieu des plateformes
pétrolières. Bon, pour tout vous dire, on en a vu
4 ; On aurait pu faire mieux aurait dit Coluche,
mais on n’était pas en forme, ou plutôt, la météo et
la visibilité, en particulier, n’était pas bonne.
Mais c’était impressionnant tout de même. Nous avons
même été escorté par un gros bateau ‘’ rescue Boat’’
durant 3 heures, … Des fois que nous aurions voulu
nous faire sauter sur l’une d’elles. En tout cas, on
ne sent pas seul dans ces parages (voir la photo
d’écran ci-dessous).
Jeudi
6 Aout : Nous voici arrivés en Norvège. Les
premiers mouillages sont prometteurs. Choses
étonnantes, il y fait chaud, 23 °, l’eau est, très
certainement sous l’effet du gulf stream, à 18 °.
Certes, il ne fait pas très beau, mais il ne pleut
pas. Je pense qu’une vie de ZERO ne serait pas
suffisante pour pratiquer tous les mouillages de
Norvège. Il semble y en avoir partout. Somptueux,
isolés, vierges, calmes, bref, tout pour plaire.
Nous sommes arrivés hier, un peu fatigués par ces 23
heures de navigation musclée. Au 1er mouillage
possible, on tourne a gauche et on jette la pioche.
Sieste. On verra demain.
Ce matin, tout excité, je monte dans l’annexe pour
découvrir les environs. Et bien, vous me croirez si
vous voulez, je me suis perdu. J’ai mis un temps fou,
et un stress naissant à retrouver le bateau dans ce
dédale d’îles et d’îlots. Comme si, Dieu, dans sa
grande mansuétude avait jeté une pleine main de
confettis sur ce pays. Des milliers d’îles et
d’îlots.
Nous redoublons d’effort pour pécher, encouragé par
toutes nos rencontres qui nous ont fait saliver par
leur récit de capture. Aussi, avons-nous investi à
Lerwick en matériel moderne. On pose même des filets
maintenant. Mais, je vous rassure, nous ne faisons
aucun mal au poisson. Pour le moment, aucun n’est
venu satisfaire nos papilles. L’espoir fait vivre.
Mais en attendant, j’aimerais bien que certains
passent à la casserole.
Samedi 8 Août : Mince, nous sommes allés trop
loin. Cap à l’Est, entrant dans les terres, zigzagant
au milieu des îles, et des îlots, nous pénétrons les
fjords Norvégiens. Au détour de cap, le décor change.
Des paysages alpins, des ruisseaux, des collines et
des prairies verdoyantes dévalant la pente jusqu’au
bord de l’eau, salée ne l’oublions pas. On se
croirait en haute savoie. Plus loin, des falaises
ressemblant à l’image que j’ai de la baie d’Along.
Pourtant, il est une difficulté que nous n’avions que
rarement rencontrée jusque là. Les fonds sont
importants. Pour mouiller dans 5 à 10 mètres d’eau,
comme c’est la règle, il faut s’approcher de la côte,
quasiment à la toucher. Si on s’éloigne, on trouve
vite 30, 40 voire 100 mètres d’eau. Beaucoup trop.
Alors, on cherche le compromis, pas trop près pour ne
pas s’échouer si le vent vient à changer, pas trop
loin pour ne pas devoir mettre 100 mètres de chaîne.
Heureusement, il n’y a pas de vent au milieu de ces
hautes montagnes. C’est même le calme plat.
Mercredi 12 Août : Je reprend ce mail alors que
nous venons de passer quelques jours dans différents
mouillages et à Bergen. 1ière impression, la Norvège
est fidèle a sa réputation. 3ième pays le plus riche
de la planète, ça se voit. Mon étalon me le confirme.
Le menu Big Mac est à 11 euros, quand il était à 5 au
Portugal (de mémoire à 6-7 en France). ; Tout
est hors de prix, le moindre plat à la cabane a frite
du coin est à 20 euros. Je ne vous parle pas de
l’alcool. Ici, c’est la prohibition. Rien au-dessus
de 4,5°. Seuls quelques bières sont commercialisées
au supermarché local et vendues au prix de
l’or !
Bergen est une ville jolie et agréable. Il y pleut
300 jours par an, certes, mais il ne pleut pas
24h/24. Seulement quelques minutes, au pire quelques
heures par jour. Nous n’avons pas encore eu le temps
de profiter de la ville, mais il semblerait qu’il y
ait plein de choses à visiter. Ville touristique
aussi, avec ses énormes paquebots qui déversent ses
flots d’allemands et d’américains globalement tous
bedonnants et aux tempes grisonnantes.
Coté navigation, c’est tranquille. Plutôt trop. Pas
de vent, Nanni a pris le relais. Au mieux, on déroule
le génois pour l’aider. La mer est bien sûr
totalement plate au milieu de ces îles. Les seules
vagues perturbantes sont celles des bateaux croisés.
On a pris nos habitudes, on range de moins en moins.
Les choses ne risquant pas de tomber, elles trouvent
leur place sur des endroits inhabituels.
Les paysages sont ici somptueux. Il n’y a pas de mots
pour les décrire. Majestueux avec ces hautes
montagnes encore couvertes de neiges. Bucoliques,
avec ces îlots minuscules et en quantité incroyables.
Une constante pourtant : le calme. Souvent, le
matin, au réveil, on est pris de vertige.
L’intégralité du paysage se reflète à la perfection
sur la mer. Pas une ride, pas un souffle, un
véritable lac de montagne.
Vendredi
14 Août
CHAMPAGNE…… !!!!
Lionel, persévérant dans sa mission, et après de
multiples déconvenues et déceptions a attrapé un
poisson. Une belle morue de 4 kg au moins. Fière de
lui, mais tout de même furieuse qu’il ait péché une
aussi belle morue (!!!), son amie, Johanne a
néanmoins consenti à la vider et à la préparer. De
belle taille, elle nous a fait le repas du soir.
Comme dans le même temps, j’avais ramassé une énorme
quantité de moules sur les rochers, nous avons fait
un festin. Puisse cette soirée en augurer de
semblables par la suite. Ceci s’est passé dans un
mouillage charmant, recommandé par un Norvégien
rencontré par hasard lors d’une escale à Fair Island,
au sud de Bergen. Il est marqué d’une croix rouge sur
notre traceur de carte ….
Ecosse
Nous
venons de finir de traverser le canal calédonien. Ce
canal relie la mer d’Irlande à l’ouest à la mer du
nord a l’est. Il nous a ainsi évité de faire le grand
tour par le nord de l’écosse. Navigation probablement
belle mais aussi assez dangereuse. Les courants y
sont parmi les plus violents au monde. Et puis faire
faire une petite navigation en eau douce a ZERO nous
plaisait bien. Alors, la sortie de l’eau salée s’est
faite à Fort William. Quelques écluses plus loin et
nous étions a 50 mètres d’altitude en eau douce. Un
canal, somme toute banal en lui-même mais au milieu
des hautes collines écossaises. Un amarrage a un
ponton, un autre au pied d’un château sur le Loch
Ness, un barbecue improvisé sur l’herbe tondue
fraîche comme seul savent le faire les anglais.
4 lochs, 3 jours, quelques kilomètres de canal plus
loin, et nous sommes arrivés a Inverness. Les portes
de la mer du nord. Entre temps, nous avons navigué
sur le loch Ness. Sans y avoir vu de monstre. Mais,
il est vrai, mon ami Jacques me l’a fait remarquer,
il n’apparaît qu’après la première bouteille de
scotch. Alors, comme le dit le proverbe (de moi)
Whisky pas bu, monstre pas vu.
Outre cet aspect, naviguer sur le canal a été un vrai
plaisir. De très beaux paysages, du soleil (enfin),
de l’eau douce a profusion, pas de gîte, et la magie
des écluses. Nous avons même mis les vélos a terre
pour suivre le bateau sur le chemin de halage. Très
plaisant.
Nous y avons expérimenté une nouvelle façon de faire
la lessive. Trop heureux de cette eau douce en
abondance, nous nous sommes tous jeté sur la lessive
pour une petite remise au propre de nos affaires
personnelles. Fainéant de nature, le rinçage s’est
fait en traînant nos vêtements dans le sillage de
ZERO. Quelques minutes plus loin. Tout était parfait.
Nous sommes maintenant proche des 60° Nord. Ce qui
vent dire, que les jours ne sont pas tout a fait les
même qu’en France en ce moment. Ici, le soleil se
couche vers 23 h00. Il reste une lueur jusque vers
1h00 du matin, puis viennent 3 heures de nuit a peu
près noire, le crépuscule est de retour vers 3 h30 et
le levé de soleil a 4h30. Cela fait de belles
journées.
Hier soir, nous avons vu nos premières plateformes
pétrolières. Des citadelles de métal illuminées comme
en plein jour. J’imaginais le personnel en repos nous
observant passer au loin. Que pouvaient il
s’imaginer. Quels rêves pouvaient ils faire ?
Que pouvons nous leur inspirer ? D’autant qu’a
ce moment la, nous naviguions grand largue, avec 18
nœuds de vent et ZERO filait gaillardement ses 10
nœuds a plat.
Au détour d’un cap, nous avons mouillé en pleine nuit
dans une baie au nord est de l’écosse. Au petit
matin, quel sera le paysage ? A la lumière du
jour, s’étale autour de nous une campagne austère,
une terre pelée, quelques maisons grises, un énorme
château lugubre. Et partout, des moutons. A quelques
mètres de nous, 2 pécheurs remontent leurs casiers.
Je prend mon courage à 2 mains et engage une
conversation difficile dans une langue étrangère pour
moi. Ben oui, j’y perds mon anglais peu habitué a
pratiquer la langue de shakespeare avec des cailloux
dans la bouche Avec l’aide d’Angelo, qui, italien,
arrive a parler avec les mains, nous remontons a bord
5 crabes et 2 homards. : ‘’ for free’’ j’avais
compris. Nous lui laissons tout de même 10 livres.
Cela va compenser notre manque cruel de poisson
péché.
Dernier point, ici l’eau est a 12,8 ° C brrrrrrrr
Je reprends le fil de ce mail alors que nous venons
d’arriver aux Shetlands. Pour le moment, je ne peux
pas vous en dire grand-chose. Je rédige vite ce mail
que je vais envoyer via une connexion wi fi piratée.
Il n’y a pas de petit profit pour les roms de la mer
que nous sommes.
Apres l’écosse, nous avons fait une halte aux iles
Orkley . Un archipel au nord de l’écosse.
Comment vous les décrire ? Les Orkley sont à
l’Angleterre ce que la Beauce est à la France. Un
grenier. Les orkey forment un archipel d’îles
absolument pelées. Pas un arbre, quelques collines.
Mais des champs, des vaches, des moutons, quelques
énormes fermes par ci par la. Un village désert. A
mon avis, les habitants de cette île vont à la Grande
Motte en vacances en été. Pour y voir du monde et le
soleil. J’ai compris.
Puis une escale magique a Fair Isles. Un peu plus au
nord. 2 kms sur 3. Un port ou entre a peine ZERO. Que
dire, un port, un quai. Une superbe balade. On y
découvre une quantité d’oiseaux inconnus. Je n’ai
reconnu que les macareux. Tout petits, entre la
taille d’un poussin et d’une poule d’eau. Adorable,
avec leur becs oranges. Ces pauvres oiseaux font
pitié. Un gros corps au regard de leurs petites ailes
si bien que pour se maintenir en l’air ils doivent
mouliner comme des fous. Il y a aussi des injustices
dans la nature. A coté d’eux les mouettes planent et
jouent avec les courants d’air , semblent
s’amuser , rasent les vagues, quand eux , s’épuisent
a se maintenir dans les airs. Et je ne vous parle pas
du décollage à partir de l’eau. Parfois ZERO traverse
un rassemblement de ces gentils volatiles flottant au
milieu des vagues. Et la, c’est la panique totale.
Ceux qui sont au vent se débrouillent bien. Face au
vent, ils décollent. Pour les autres, ceux sous le
vent. C’est une horreur. Vent arrière, ils pédalent
comme des fous, battant des ailes à se les décrocher.
En vain, ils nagent, pardon, ils glissent sur l’eau
avant de s’arrêter, épuisés et inquiets. Et alors ils
plongent pour ne réapparaître que longtemps après.
Fair Isles. Une quinzaine de maison, distantes de 3 à
400 mètres les unes des autres. Probablement 40
habitants. Pas un seul arbre, mais des milliers de
lap…, autant de moutons et d’oiseaux.
Je suis parti avec mon arc et mes 5 flèches, me
disant, je vais jouer les robinsons, ou satisfaire
quelques instincts ancestraux pour nourrir l’équipage
Mais, hèlàs …… Autant que des poissons. Je vais
devoir m’entraîner. Angelo et moi, nous, sommes
rabattu sur des chapeaux chinois, et des rosés des
près. Bien plus facile à attraper ces
protéines la !!!.
Nous sommes donc reparti de cette superbe île, avec
des rêves de gigot d’agneau et de terrine de lap……
Nous essaierons de les satisfaire aux shetlands.
Sinon, coté navigation, c’est parfait. Du vent, pas
mal. Et bien orienté. Eole semble de bonne humeur en
ce moment. ZERO file aisément et allégrement ses 9
nœuds. Cela nous permet de profiter des escales.
ET coté météo, du bon, c'est-à-dire soleil, et du
moins bon, c'est-à-dire pluie. Mais globalement,
maintenant, et probablement depuis que nous avons
passé le 60 eme nord, il ne fait plus frais. Il fait
FROID !!!!! Nous attendons le thermomètre que
Marie nous a promis, mais on estime la température a
13- 14 ° environ.
Aux shetland, changement d’équipage. Angelo, Pierre
et Brigitte nous quittent, et nous récupérerons
Johanne et Lionel. Je vais essayer de vous envoyer
d’autres photos d’ici notre départ pour la Norvège.
Mer d'Irlande
Depuis quelques jours,
nous naviguons de mouillage en mouillage, au nord
ouest de l’écosse. La navigation est agréable. A
l’abri des îles, la mer n’est jamais mauvaise.
Toujours plate même. Le temps est en revanche
capricieux. Des grains, du soleil, de la pluie
souvent … Nous ne quittons que rarement, les bottes
et les polaires. L’eau est à 13°, l’air probablement
a peine plus chaud. De temps en temps, nous mettons
un petit coup de chauffage. Pour tout vous dire, et
en résumé, nous avons compris ce que voulait dire
l’expression : douche écossaise. Le test
d’étanchéité de ZERO est passé !!!!
Nous naviguons d’île en
île, au gré de nos envies. Pour le moment, le plus
beau mouillage a été dans Tarbert Bay, sur l’île de
Jura. Un immense loch qui se prolonge sur plus de 3
miles. Pour y accéder, nous nous sommes faufilé au
milieu des cailloux et des roches affleurantes et
pour finir, un passage pas plus large de 20 mètres,
avec un courant tout de même assez fort. C’est dans
ces moments la qu’il faut appliquer le vieux
dicton : ‘’ quand les mouettes ont pieds, il est
temps de virer’’. Une fois glissé dans ce dédale,
nous nous sommes retrouvé, seul sur un immense lac.
Autour de nous, des collines pelées, pas d’arbre, des
chutes d’eau, et toutes les nuances de vert. Superbe.
Pour vous faire une idée, le paysage est celui que
l’on voit dans la guerre du feu. Les mammouths en
moins.
Nos jambes trop longtemps au repos demandaient a se
dégourdir. Nous avons ainsi entrepris une belle
balade dans les collines. Tous équipés de basket au
pire ou de chaussures de marche au mieux, nous avons
regretté de ne pas être chaussé de bottes. Le sol est
imbibé. Comme le disait pierre, je n’ai jamais vu
cela, même sur les pentes, l’eau reste accrochée.
Nous avons vu dans cette baie, nos premiers phoques.
Mais aussi des rennes, sans parles des lièvres et
leurs cousins. La marée basse nous a offert une
séance de cueillette sur la grève. Et hop, 2 repas de
moules, 1 plat de spaghettis aux praires ( merci
Angelo) et des bigorneaux pour 3 ou 4 apéros.
Nous naviguons en ce moment vers Fort Williams qui
sera notre entrée dans le canal calédonien. 3 jours
de navigation en eau douce, une traversée sur le loch
ness, et nous nous retrouverons de l’autre coté de
l’écosse. Puis cap sur les schetland.