3 premières
Depuis
quelques jours, nous réalisons de première en première.
La
première première : envoie du spi. Notre
principale acquisition de cet hiver. Un beau spi
asymétrique. Avec son tangon de 7 mètres associé. Nous
avons profité d’un petit vent arrière de 10 nœuds,
d’une mer calme et de l’eau à courir devant pour
envoyer le pépin. Comme nous ne possédons pas encore
tout l’accastillage nécessaire a son envoi, nous avons
un peu ‘’bricolé’’. Il manque en effet, quelques
poulies, remplacées par les taquets d’amarrages. Manque
également une écoute, remplacée par 2 bouts mis bout à
bout. Mais, avec si peu de vent, ça a marché. Envoi de
la chaussette, déroulement de la chaussette et hop, 190
M² en l’air. Avec 8 nœuds de vent, nous étions à 6
nœuds sur le fond. Pas mal. Séquence passion.
![6 - sous spi (1) [800x600]](JournalPhil_files/6%20-%20sous%20spi%20(1)%20[800x600].jpg)
![6 - sous spi (7) [800x600]](JournalPhil_files/6%20-%20sous%20spi%20(7)%20[800x600].jpg)
![6 - sous spi (10) [800x600]](JournalPhil_files/6%20-%20sous%20spi%20(10)%20[800x600].jpg)
La
deuxième première : passage du cercle polaire.
Mais, pour tout vous dire, on n’a pas tout compris.
Nous étions à ce moment au milieu des îles longeant la
cote, sous spi encore, et mer plate. J’avais lu dans un
livre que le cercle polaire était par 66°34 N. Au bout
d’un cap, on devine une sculpture représentant une
mappe monde. On lit le guide marine du coin et on voit
qu’il s’agit du passage du cercle polaire. Mais nous
étions par 66° 33 N. Donc un peu tôt. Admettons ;
Quelques milles plus loin, au passage du cap
suivant : nouvelle mappe monde par 66°35N. Alors,
on ne comprend plus. Peut être que le cercle polaire
est bien par 66° 34N mais est épais de 2 milles ? Ce
n’est pas une simple ligne virtuelle ? .et au
fait, c’est quoi le cercle polaire ? Ne serait ce
pas la limite de la journée ou de la nuit
permanente ? Quelqu’un peut nous dire ?
Séquence émotion

La
troisième première : j’explique : Comme nous
avons 2 copains, guides de hautes montagnes a bord,
venus faire du ski de randonnée en Norvège, on avait
repéré sur les cartes un bon compromis entre les
besoins des montagnards et les exigences du marin.
Depuis 10 jours, nous cherchons la perle : de la
neige assez bas pour éviter de marcher pendant des
kilomètres avant de chausser. Nous avions ainsi
remarqué que la neige était plus présente loin des
cotes, donc on avait des chances d’en trouver en
s’enfonçant dans les fjords, loin de la mer ouverte. Il
fallait aussi des montagnes avec au minimum 1 000
mètres de denivellés, sinon, c’est pas drôle. Et puis
l’autre impératif, c’était le lieu de mouillage. Comme
déjà dit, en Norvège, il est difficile de trouver des
mouillages avec peu d’eau (entre 5 et 18 mètres).
Enfin, a force de lire, cartes, topo guide, guide de
navigation, et autre revue spécialisée, on avait trouvé
au fond d’un fjord, au pied d’une montagne un coin pour
poser la pioche et débarquer les furieux. On s’engage,
mais en arrivant au fond du fjord, impossible d’aller
plus loin. Le pack. Enfin, j’exagère, de la glace. On a
mieux compris pourquoi, en entrant dans le fjord, on
avait vu quelques mouettes marcher sur l’eau. En fait,
elles étaient sur des glaçons. Tout cela pour dire que
nous avons fait goûter la glace a ZERO. Et sa belle
coque en aluminium a un peu grincée au contact des
glaçons. Séquence frisson.


Hjørundfjord
Samedi 27 Mars.
Apres une journée de navigation tranquille au moteur et
dans la brume, nous arrivons a Saebo , un petit
village au fond d’un fjord par 62.20 N et 6.47 W ,
connu pour ses lieux de randonnée. Nous arrivons en
milieu d’après midi ; on s’amarre à un ponton de
bois et il règne aussitôt sur le bateau une activité
intense. Les montagnes enneigés autour provoquent des
fourmis sous les pieds des 3 jeunes venus faire du ski
en Norvège. Ils ont de la TNT dans les jambes et
rapidement, les skis sont sortis de la soute. Eux aussi
s’ébrouent et semblent réclamer leur dose d’altitude.
Les
peaux de phoques sont préparées, les arvas (appareil de
recherche des victimes d’avalanches) sont contrôlés.
Bref, me voila pris d’une angoisse naissante. Je vais
devoir y passer mais mon état de forme et mes 95 kgs me
laissent inquiet. Je vais devoir les suivre, enfin
essayer. D’autant que dans son élan, Nathan remet en
état les carres de mes ski, plutôt rouillés après 3 ans
d’inactivité. J’ai pourtant tout essayé. Nathan,
encore, découvre ses ski ‘’ fusillés’’, une carre
enfoncée. . Trop heureux, je lui propose les miens.
-
« non, non, ils vont bien tenir encore quelques
jours ». Mince, Raté.
La
météo pour le lendemain n’est pas très
engageante : pluie. Le soir, barbecue de sardines
( 300gr chacune ) sur le ponton. Voila une ambiance
portugaise par 4 degré de température.
Dimanche 28 Mars
Je
suis heureux, j’ai le bon prétexte pour ne pas y
aller : Il pleut. Nathan, Manu et Myriam se
lancent seuls dans une petite randonnée de remise en
route. 3 heures plus tard, les voila revenu, en pleine
forme après 500 mètres de dénivelés. La météo pour
demain est meilleure. Les cartes et autres topoguides
parlent, une vallée est repérée. Facile et safe parait
il. Bon, on verra bien.
Lundi
29 Mars
Réveil de bonne heure. 7 heure (avec le changement
d’heure). J’ouvre un œil, il neige. Super, voilà à
nouveau une bonne excuse. Mais la neige ne semble pas
freiner leurs ardeurs. Tout le monde s’agite dans le
bateau, christophe a décidé d’y aller aussi. Devant
l’insistance et la gentillesse de tous, je me sens
obligé. Il y a 10 cm de neige sur le bateau. Tout est
blanc autour de nous, sauf la mer et les dérives
oranges de ZERO. C’est beau, mais le temps est bouché.
Puis vient le moment incroyable : Lunettes, gant
de ski, chaussures de ski au pied, on enjambe les
filières du bateau. Gaffe de pas tomber, l’eau est
froide, 5 °, et chaussé de chaussure de ski, je ne
donne pas cher de la peau du plongeur.
10
minutes de taxi plus loin et 30 euros de moins en
poche, on est au départ de la piste. Sympa les jeunes,
ils m’ont attendus. Certes le début était facile, pente
légère mais permanente sur 500 mètres de dénivelé en
tout. Mais j’ai tout de même abandonné après 1 heure 30
de montée, au bord de l’apoplexie.



Eux,
continuent, et je les attends près d’un chalet, trempé,
et épuisé, trop heureux de pouvoir souffler un peu.
Le cœur à 180, la montée a été belle, à travers le
brouillard. Il m’a fallu un moment pour réaliser qu’il
s’agissait de la buée sur mes lunettes. En
transpiration, avec le froid, la buée est permanente
sur mes lunettes. Enfin, la redescente en 15 minutes
m’a laissé les cuisses en feu.


Va
falloir que je m’entraîne sévère.
Demain, a priori, grand soleil, mais il y a vraiment
trop de bricolage a faire sur le bateau …..