Jusqu'à La Rochelle

Le 28 Juin 2009 - Jusqu’à La Rochelle



Ca y est ! Remontée des côtes du Portugal et traversée du Golfe de Gascogne expédiés.
Les affaires sérieuses vont commencer ...
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Tout d’abords, je reviens sur une remarque technique qui manquait d’objectivité : « un peu gitard certes, ... », très exactement, j’ai mesuré 25 degré de gîte, au près serré, toute voiles dehors avec 20 noeuds de vent apparent, ce qui est finalement assez raisonable compte tenu des lignes du bateau et de l’absence de quille profonde.
Sinon, nouvelle d’importance, nous changeons quelque peu notre programme. Zero devrait hiverner dans un fjord norvégien à proximité de Bergen. Nous le retrouverons debut Mars pour attaquer la remontée vers Tromso. 4 mois dans les fjords, avec les aurores boréales, les skis et les peaux de phoques, le hareng au petit dej, et la fabuleuse lumière du Nord avant le Spitzberg l’été prochain. D’ici là, en juillet, remontée de la mer d’Irlande, puis traversée du Canal Calédonien et du Loch Ness suivi du redoutable Pentland Firth (et ses courants pouvant atteindre 12 noeuds - A Lire : Le cercle celtique de Bjorn Larson) entre le nord de l’Ecosse et les Orkney, les Shetland puis les fjords autour de Bergen en Aout et Septembre.
Quant à moi, je repars cet hiver en Asie. Un mois et demi au Népal (Dolpo) du 20 Septembe au 6 Novembre puis 2 mois et demi au pakistan (de mi-décembre à fin février).
Mais revenons au proche passé.

Le parcours de Zero depuis le 10 Mai 2009
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Lisbonne
Lisbonne
Zero est élégament cerné d’un prestigieux voisinage. D’un coté, un boutre de construction relativement récente visité par des ribanbelles d’enfants, de l’autre, une goellette hollandaise de la fin du 19 ème qui sert de day boat à des groupes de touristes séminaristes bedonnants, et derrière nous, une barquasse, barbouillée de couleurs fraiches, qu’un pécheur local entretient avec amour et circonspection, en attendant le grand jour.
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La vieille ville n’est pas très loin et nos déambulations y dessine un canevas compliqué.
Le « représentant local » Nanni ne parle ni anglais, ni francais et c’est dans une langue bizare, à mi-chemin de l’espagnol, de l’italien et d’un frangais maladroit agrémenté d’arabesques dessinées sur du PQ que nous lui expliquons la nature de nos problèmes : révision du moteur et nos soucis électriques. Pour la révision, c’est OK mais pour le reste, nous avons droit à des moues dubitatives qui nous laisse aussi perplexe qure nos interlocuteurs. Conclusion : nous verrons plus loin. Nous nous echappons au bout de 2 jours, d’autant plus que la marina est chère et douloureuse pour nos portefeuilles anémiques.
Nous y avons aussi abandonné quelques biens : succesivement un ami, Remy puis Jerry, qui lui nous laisse 120 Kg de poridge, 3000 sachets de thé et 40 boites de sardines. Prochaine étape : Peniche à quelques heures de nav.

Peniche
Peniche
La côte est plate et sans interret particulier. Le village, à l’inverse, a beaucoup de charme et est plutot tranquile, avant l’invasion estivale. Nous y passons 2 nuits dans l’attente illusoire d’un vent portant. Mais non, il a été décidé en haut lieu qu’il se maintiendrait contraire, c’est à dire de Nord.
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Retour des pêcheurs à Peniche

Nous nous échappons de bon matin pour une longue étape jusqu’à Figuera Da Foz. RAS. Quelques tentatives à la voile et beaucoup de moteur.

Figuera Da Foz

La marina, plutot prétentieuse et chère, ne nous offre qu’un ponton ridicule et vermoulu de quelques mêtres de long. La manoeuvre est peu élégante mais nous parvenons à y incruster l’avant du bateau. Décollage de bon matin, dans un brouillard épais et gluant. Notre corne de brume à défaut d’annoncer notre passage, nous vrille les timpans. Un peu plus loin, une escadrille de pigeons peu voyageurs tente un appontage sur notre barre de flêche et malgré l’inconfort de la position gagne un repos salutaire.
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Porto
Porto
Mouillage dans le port. Au petit matin, raffales à 35 noeuds. Un paquebot, en perdition, décidé à dévorer notre Zero, est sauvé, et nous avec, in-extremis par 2 remorqueurs.
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Dans le port de Porto

Nous échappons de ce guépier, surexitté, d’autant plus que le dit-vent semble soufler de l’Est. Mais l’euphorie ne sera que de courte durée. Quelques miles plus loin, fin de la perstation et retour au régime habituel. Alternance de voile et de moteur : le tarif de cette remontée des côtes du Portugal. A mi-journée, nous frolons un énorme poisson-lune qui laisse battre indolament sa nageoire comme un éventail et nous jete un oeil vitreux.
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Dans le sillage du Zero

Enfin, les reliefs semblent se réveiller et les montagnes de Galice donnent du sel au paysage.

Bayona

Bayona
Retour en Espagne. C’est le port d’atterrisssage de Colon, après sa « découverte » de l’Amérique. Nous mouillons devant la marina et en dequerpissons après un dérappage peu glorieux qui nous surprend attablé. Nous en profitons pour rejoindre un mouillage peaucoup plus bucolique sur l’ile de San Martin.

Isla de San Martin
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Réserve d’oiseau et déserte, c’est le genre d’endroit que l’on a du mal a quitter.
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Nous y passons 2 jours. J’en fait le tour en kayak et approche au plus près mouettes et cormorans peu farouches, si tant soit être que ces volatiles puissent être farouches. (Voir les photos du diaporama)
Enfin de la voile et que de la voile ; nous remontons en une longue journée jusqu’à la Ria de Muros et jetons l’ancre devant cette petite ville au charme désuet. Les maisons en granit, le port de pêcheurs débordant d’activités, les physionomies robustes au cheveux clairs rappellent la Bretagne avec en supplément les senteurs d’eucalyptus. Nous y glanons quelques fichiers météo (Passage Weather et des Gribs) et dégustons des calamares devant une pinte de bière en débatant de l’ »option météo ». La fenêtre semble entrouverte pour la traversée du golfe de Gascogne.
En 3 jours, nous avalons les 400 Miles qui séparent le Ria de Muros au sud du Cap Finistère de l’Ile d’yeu. Les première 24 heures au portant avec un Sud-Ouest, force 3/4 puis 10 heures de moteur pour traverser le coeur d’un anti-cyclone suivi de 36 heures de près serré, face à un vent de Nord-Est, force 3/4 lui aussi. Pour résumer, depuis notre départ, exceptée les traversées vent de travers du détroit de Gibraltar, nous l’avons pour parler cruement ou dans le cul ou dans le nez. Par dérrière, nous tirons de bords de grand largue et par devant, de bords de près serré. Grâce aux dérives, nous arrivons à 50/55 ° du vent en route fond.
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Dans ces conditions (17 à 20 Noeuds apparent) de près serré, l’éolienne fonctionne bien et suffit à compenser la consommation du pilote. Le régime alimentaire reste sobre : soupe de pâtes chinoise et soupe de pâtes chinoise. Heureusement, j’ai fini le stock ... ZERO, lui, geint, grince, couine. Le komacel, c’est surement un matériau simple à mettre en oeuvre mais il necessite certaines précautions à l’assemblage pour éviter ce genre de désagrément. Olbia (le chantier « aménageur ») nous signale qu’on leur avait rapporté le problème. Il aurait été judicieux qu’ils nous en parlent et qu’ils en tiennent compte !

Ile d’Yeu
Iledyeu
Arrivée à l’Ile d’yeu après 72 heures de nav. Un atterrissage, c’est toujours une libération. Content de partir mais content d’arriver. Un peu comme le sommet longtemps désiré, le point final d’une course en montagne harassante. On croit apercevoir la dernière pente mais il en apparait toujours une nouvelle. Quand enfin le regard ne rencontre plus d’obstacles, la paix vous submerge et les tensions accumulées se libèrent d’un coup. REPOS !

La Rochelle

Nous y restons quelques jours pour régler de petits problèmes techniques : l’alternateur 24 volts qui ne délivre que 27 volts au lieu des 28/30 prévus, un petit jeu avec le safran tribord, de faire réaliser le test de stabilité par l’institut de certification, de procéder à une importante réappro, de refaire les pleins : gazoil, eau, gaz.
Test de stabilité réalisé : il a fallu « simplement » déplacer 300 kg de plomb d’un passavant à l’autre et estimer le poids de tout notre bordel (bouquin par bouquin !). Le petit jeu du safran est normal. Les problèmes électrique sont tous en cours de résolution. Donc tout va bien. Quant à la réappro, gros coefficient de marée, le bateau est donc 5 mêtres sous le quai. Nous improvisons une espèce de téléphérique et remplissons à nouveau les coffres de la cabine avant.
A suivre

* NOUVEAU * - Voir le journal de Philippe

* NOUVEAU * - Un film de la traversée vers Ceuta...

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