De Bergen à Tromsø

Le 15 Mars 2010

Nous retrouvons le Zero là ou nous l’avions laissé (encore heureux d’ailleurs !). Il n’a pas pris une ride malgré un hiver particulièrement rude. Depuis 70 ans, il n’avait pas fait aussi froid et certains fjords (se prononce fioure) ont gelé. Pas le notre, heureusement.
Cet hiver, Philippe a partagé son temps entre rénovation d’appartement, devoirs conjugaux et travaux pratiques pour son ex employeur. J’ai, quant à moi, passé les 3 mois de l’automne au Népal puis 2 mois d’hiver dans le nord du Pakistan. Un projet d’école dans le Dolpo, Népal, suit son cours (voir www.lechantdespistes.org)
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Angélo et Leone, de Grenoble, et djidji, de Hyères, nous ont accompagné par la route. 2 minibus, plein à rabord de matos technique, incluant, notre nouveau spi et un tangon de 7 mètres de long, de la bouffe (15 kg de miel, des caisses de soupes chinoises, 50 kg de riz, à boire - ici, l’alcool est hors de prix), toutes nos petites affaires perso.
La remise en route de tous les systèmes se passe sans anicroches.

22 Mars - Départ de LittleBergen

La veille, nous ont rejoint Emmanuel, Myriam et Nathanael dits « mans », « mim », et « nat ». La route jusqu’à Sognefjord nous est familière. Nous retrouvons un mouillage connu, siège d’une première pêche miraculeuse. Temps maussade. Nous découvrons les problèmes de condensation. Comme prévu, les cadres intérieurs des capots se tapissent à toute allure de gouttelettes qui, par gravité, finissent par rejoindre le réceptacle prévu : c’est à dire le puisard, non sans laisser quelques flaques sur la route. Le filet déposé la veille au soir au même endroit que la dernière fois produit le même résultat : du poiscaille à gogo. Pour les amateurs de dépiautage et d’arêtes : sardines et harengs. Ca ne vaut pas les belles bonites alizéenne, ou les carangues des mouillages subtropicaux mais ces protéines gratuites sont à libre disposition.

Aujourd’hui, nous profitons d’un vent portant, un petit 3/4, grand soleil et 25 ° à l’ombre. L’évênement est rare et mérite donc d’être signalé ! Non, je deconne. C’est plutôt 5 ° à l’ombre.
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Après une tentative avortée de mouillage dans une crique dont l’étroitesse n’a d’égale que le charme virtuel., nous terminons la journée arrimé à un ponton pour enfant à Florø. Autrement dit, nous débordons largement de tous cotés. En cas de coup de vent intempestif, nous devrions emmener à la remorque la moitié du port.
Finalement, plus nous remontons vers le nord, plus le ratio vent / moteur s’améliore dans le bon sens mais reste malgré tout déficitaire.
La manoeuvre à bord est harassante et sollicite tout l’équipage.
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Nous approchons lentement du point clé de cette première étape vers Ålesund : le Statlandet, le « cap horn » des tourdumondistes, le « cap sicié » des méditerranéens, incontournable étrave qui pointe son nez dans la mer du nord. Petites conditions, mer clapoteuse et légère brise hésitante, nous sommes passés sans même vraiment nous en apercevoir à part un léger mal de mer pour certain.
Le mouillage juste derrière le cap, une baie protégée par 2 digues, est sauvage mais la pêche y est décevante : « brocouille ».
Encore deux jours de nav, essentiellement au moteur, pour rejoindre Sæbø, dans le hjørundfjord (prononcer « ieurounfiour »), au sud d’Ålesund, d’où les itinéraires à skis foisonnent.
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Nous y enchaînons les ballades dans des conditions météos inégales. Le risque d’avalanche est maximum et nous évitons toutes pentes raides. Damien et Ina, des amis habitant à Bergen, nous ont rejoint en voiture (8 heures pour parcourir les 350 km). La qualité de la neige est très variable, du lait en poudre en haut, du porridge épais en bas. On a les références qu’on peut.
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Le 1 Avril - Ålesund
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Manu, Myriam et Nat nous quittent et la moyenne d’age de l’équipage en prend un coup. Le 3 Avril, Rémy et Bruno nous rejoignent, l’écume aux lèvres et les skis en bandoulière.
J’ai un rencard chez le dentiste et Rémy doit récupérer ses bagages en rade au Danemark. Nous partons donc nous balader 2 jours au nord d’Ålesund.
En bord de mer, la neige remonte très haut, suite au redoux de ces derniers jours. C’est donc à pied que nous arpentons la montagne.
Les locaux doivent nous prendre pour des tarés : en effet, après avoir yoyoter dans une baie à la recherche d’un ponton, nous attaquons la montagne, entre 2 sentiers, dans sa partie la plus raide. Nous « bartassons » dans les kékés, les éboulis et les marécages moussus pour rejoindre une superbe trace qui montait en lacet à quelques mètres. Je marche presque sur une magnifique couleuvre tout près du sommet.
La vue panoramique à partir des sommets est toujours exceptionnelle et cet éparpillement d’îles montagneuses enchâssées dans une mer scintillante est un enchantement.

Puis, de retour à Ålesund, Rémy récupère son sac dans un resto Pakistanais, où nous évoquons le pays. Ils sont originaires d’Islamabad que je connais bien.
Le lendemain, j’attend une heure un dentiste qui jette un oeil furtif sur ma dentition et en 5 minutes décrète qu’il n’y a rien de particulier à faire mais réclame 80 euros malgré tout ...

Le 6 Avril - Départ d’Ålesund

Après un débat enflammé au cours duquel nos nouveaux membres expriment leur puissant désir de ski, nous décidons de tracer au plus vite la route en direction du nord. Nous espérons trouver autour de Bodø plus de neige que sous la latitude actuelle, où il est vrai qu’elle manque à basse altitude. En fait, dès lors que l’on s’enfonce dans les fjords, les choses s’arrangent.
Une première journée où nous alternons voile et moteur nous mène au sud d’Hitra, dans une belle baie fermée par un verrou d’îlots. En fait, tous les mouillages, et il y en a des millions, sont des modèles du genre : bien protégé, spacieux et solitaire. Par contre, ils sont rarement vierge de toute vie. Il y a toujours au moins une belle habitation, quand ce n’est pas un hameau avec un ponton et son pêcheur de crevettes.
Nous avons acquis un ampli wifi avant de repartir. Pour mon ami Philippe friand de msn, fessbouc, et autre bizarrerie on-line, la joie de pouvoir pirater une connexion chaque soir se lit sur son visage, accompagné du geste rageur du vainqueur, poing vers le haut suivi d’un « yes » retentissant. Du coup, nous pouvons nous connecter sur internet pratiquement tous les jours. Avec le mobile qui passe partout, l’engagement en prend un coup.
Décidément, nous n’allons pas encore assez vite pour nos montagnards acharnés. Décision est prise de naviguer non stop jusqu’au sud de Bodø. Les quarts de nuit nous verront procéder par équipe de 2. Je prend la première partie jusqu’à 3 heures du mat avec Rémy, Philippe et Bruno terminent la nuit.
Après une belle journée norvégienne, c’est à dire alternance de rayons de soleil, d’averses de pluie ou de neige, du vent, plus de vent, nous nous arrêtons pour le dîner dans un des ces mouillages parfait dont je parlais plus haut. Le temps de balancer la ligne, quelques secondes pour laisser le temps au plomb de toucher le fond et moulinage avec une morue goulue accrochée. On renouvèle l’opération 3 fois. En une minute, 3 cabillauds remplissent le seau. C’est presque trop facile.
La nuit suivante, vers une heure du matin, grand spectacle. Ca commence par une frange étrange qui ondule au dessus de l’horizon. Je réalise que ce ne peut être un résidus de coucher de soleil, il est trop tard. C’est ma première aurore boréale et j’ai du mal à y croire. Des fuseaux verdâtres jaillissent au dessus de cette vague qui n’en finit pas de déferler. Puis des miroitements fugitifs flashent au dessus de nos têtes. Après cette magie, la nuit peut se consteller de rêves étoilés.
Le lendemain, nous faisons une pause réappro à Rørvik, bourg dont le charme et la convivialité équivalent à ceux d’un parking d’hyper marché un dimanche après-midi. C’est un peu comme ça avec toutes les petites villes norvégiennes. Quelques bâtisses à l’architecture cubique, un Réma1000 et une station service comme lieu de retrouvailles pour une population qui globalement ne sort jamais de chez elle. C’est très calme, trop calme !
Un apprentis capitaine, originaire du sud de la Norvège, venu passer l’année ici pour étudier dans la seule école pour commandant de bord qui dispense sa formation en moins d’un an, se distrait en flânant sur notre ponton. Evidement ZERO attire toujours un peu l’attention et nous avons souvent la visite de curieux, surpris par notre look. Il me décrit différentes méthodes de pèche pour varier notre quotidien. La truite de mer s’attrape à la traîne, avec un rapala le plus coloré possible, un fil de 100 m de long , en rasant le rivage en annexe. Début juin, la même méthode devrait permettre de ferrer des saumons sauvages.
Le 10 Avril, après une deuxième nuit en mer, nous franchissons le cercle polaire (66° 34’). Les conditions de vent nous permettent d’envoyer le spi puis de mettre l’annexe à l’eau pour une séance photo.
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Nous allons errer quelques jours dans les Alpes de Bodø. La quête d’un mouillage sur, au pied de la pente idéale, le tout enrobé du soleil qui va bien, s’avère illusoire. Satisfaire les 3 conditions simultanément demande de la chance et de la persévérance. Nous traînons d’une crique à l’autre autour du glacier Svartisen. Un premier Nordfjorf au sud propose un des mouillages les plus sauvages que nous ayons pratiqué mais les pentes alentour sont trop raides pour être skiées. Un peu plus au nord, le graal est enfin là. Après avoir poussé, non sans émotion, quelques glaçons au fond d’un fjord, Bruno et Rémy grimpent au dessus du bateau et ont la chance de glisser sur une neige de rêve, baignant dans une lumière crépusculaire fantastique. Le plafond d’alto-stratus, laissant présager l’arrivée d’une dépression, crée une ambiance de bout du monde pleine de mystère.
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Encore un peu plus au nord, nous nous posons quelques heures devant une des langues du Svartisen. Il y a quelques dizaines d’années, le glacier plongeait dans la mer. Il en est maintenant distant de 5 km, signe évident du réchauffement climatique.
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A Bodø, nous avons la surprise et le plaisir de retrouver IMRAM, l’integral 43 anciennement de Peter maintenant propriété de Michel et sa petite famille, Rhône alpin comme nous. Ils sont de Chambéry. Deux autres voiliers en alu sont amarrés à quelques mètres. Volumondu appartient à Marc, de Haute-Savoie et un Boréal attends ses propriétaires, eux aussi de Chambéry. La montagne n’attire que des montagnards !
Le nuage de cendre qui noie l’Europe dans un vent de panique, provoque des effets secondaires jusqu’ici. Les seuls vols encore opérationnels au départ de Bodø sont en direction du nord, ce qui n’arrange pas vraiment Rémy et Bruno. Après 3 jours de galère en train, bateau, train, ils rejoindront la mère patrie avec 5 jours de retard.
La « marina » qui nous a accueilli n’en a que le nom. Pas d’eau, le branchement électrique n’est pas accessible, les wc constamment fermés et à 7 euros la douche, nous gardons nos habitudes de vieux phoques solitaires.

Le 16 Avril - Départ de Bodø

Damien, un ami français installé à Bergen, profite d’une accalmie météo pour nous rejoindre et nous filons aussi sec au nord de Bodø retrouver IMRAM. Nous les rejoignons vers minuit dans un noir d’encre. Le lendemain, la montagne est
Arrivée de Damien


Retour à Henningsvær - Lofoten
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Rando à ski au dessus de Kabelvåg

Remontée du Raftsund - Petit tour dans le Trollfjord (la plus forte de concentration de touriste au m2 en été) - Mouillage sauvage dans le raftsund

Rando vers antenne au dessus de Stokmarknes - Vesterålen
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Rando avec le fifi (Sigerfjord) -
Pour la première fois en un an de Norvège, nous sommes accueilli à l'intérieur d'une habitation indigène. Tout y respire l'ordre, la propreté et le confort conformiste d'une vie rangée. L’accueil est vraiment chaleureux et nous dégustons une infusion de cassis agrémenté de gaufres en racontant nos vies respectives. Elle est originaire du cap nord et nous vante la beauté de son île. Du coup, je prévois d’y aller fin Mai avec Angélo. Nous en sommes reparti avec une morue sèche et une truite de mer congelé.
Départ de Damien - Nav vers Tromso et premier coup de vent (3 ris et trinquette à moitié enroulée)

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